‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 712 sur 1042 · SACH · texte numérisé non relu

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VIEUX -CONDÉ, bourg et commune de France (Nom), cant. de Condé, arrond. et à. 14 kilom. N. de Valenciennes, sur l'Escaut; pop. aggl., 3,498 hab.— pop. tôt., 5,160 h;ib. Brasseries, clouterie, papeteries, sucreries, distilleries.; fabrication d'huile et de pousse. Très-belle pépinière au château de l'Eimitage, situé au milieu d'une forêt. Mines de houille.

VIEUX (Jean des), seigneur de Brion, chef protestant français du xvie siècle. Il fut l'un des premiers gentilshommes qui, en Dauphiné, embrassèrent la cause de la Reforme et prirent les armes pour la défendre. En 1562, il reçut diverses missions de son chef, le trop célèbre baron des Adrets , qui lui donna, en outre, le gouvernement de tirenoble, ainsi que de tout le Gresivaudan, mais il le perdit bientôt. Maugiron, chef catholique, se présenta devant la ville, à la tête de 1,400 ou 1,500 hommes d'infanterie et d'environ 200 chevaux. Des Vieux, qui ne disposait que de deux compagnies, dut capituler. A dater de ce moment, le nom (le des Vieux disparaît de l'histoire. Cet officier est nommé le capitaine Brion par les annalistes dauphinois.

VIEUX DE LA MONTAGNE (le), nom donné par les historiens des croisades au chef d'une secte d'assassins qui s'était établie dans les montagnes de l'Anti- Liban. L'histoire de Cette terrible dynastie, dont le chef le plus célèbre est Hassan-ben-Sabbah, n'est guère connue que par les meurtres dont elle est remplie. Les huit princes auxquels on a successivement donné ce nom étendaient leur domination dans les montagnes de l'Irak, du Kouhistan et de la Syrie. V. Hassan et asbassins.

« Debureau comptait de vrais séides parmi les titis du paradis ; il y avait là, entassés les * uns sur les autres, bouche béante, bras ballants, yeux écarquillés, cent gamins, dont chacun, au moindre signe de Pierrot, se fût précipité du haut de la troisième galerie sur la scène, comme les serviteurs du Vieux de la Montagne, rien que pour lui baiser le bout du pied. •

Victor Fournel.

« Il y eut donc dans Paris treize frères qui s'appartenaient et se méconnaissaient tous dans le monde, mais se trouvaient réunis, le soir, comme des conspirateurs, ne se cachant aucune pensée, usant tour à'tour d'une fortune semblable à celle du Vieux de la Montagne, ayant les pieds dans tous les salons, les mains dans tous les coffres- forts, leurs têtes sur tous les oreillers et, sans scrupule, faisant tout servir à leurs fantaisies. >

H. de Balzac.

i Je me suis fait un drôle de petit royaume dans mon petit vallon des Alpes; je suis le Vieux de la Montagne, à cela près que je n'assassine personne. Mme de Pompadour a favorisé ma petite souveraineté écornée.

Savez-vous bien, monsieur le duc, que j'ai deux lieues de pays qui ne rapportent pas grand'chose , mais qui ne doivent rien à personne? »

Voltaire.

VIEUXTEMPS (Henri), célèbre violoniste belge, né à Verviers en 1820. Fils d'un luthier, il apprit à jouer du violon dès sa première enfance, et il déchiffrait passablement la musique à l'âge où les autres déchiffrent à peine l'alphabet. Un bon professeur, Lecloux, féconda ses excellentes dispositions, et, k huit ans, le jeune virtuose put accompagner son maître dans une tournée artistique en Belgique. A Bruxelles, le célèbre violoniste Bériot l'entendit par hasard'et fut si frappé de sa sûreté d'exécution , qu'il lui donna gratuitement des leçons pendant plusieurs mois. Ce hasard fut des plus heureux pour Vieuxtemps, qui, amené à Paris par son nouveau professeur, se fit entendre avec succès dans plusieurs concerts (1830). 11 n'avait que dix ans, et ses études étaient loin d'être terminées, 11 revint dans sa ville natale, puis fit avec son père, en 1833, une tournée en Allemagne, prit à Vienne des leçons d'harmonie de Simon Sechter et se fit successivement entendre à Bruxelles, à Paris et à Londres (1834). Revenu à Paris, il compléta son éducation musicale sous la direction de Reicha, qui lui enseigna la composition, et alla se faire entendre en Hollande, à Vienne (où il publia ses premiers morceaux), puis à Bruxelles (1836-1838). Ses succès étaient tels partout, qu'il résolut d'entreprendre un grand voyage jusqu'à Saint-Pétersbourg, en donnant des concerts dans toutes les capitales qu'il traverserait. Il parut ainsi à Prague, à

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Dresde, à Leipzig et à Berlin, gagna Saint- Pétersbourg, puis Moscou, et fut partout accueilli avec la même faveur. Vieuxtemps resta en Russie toute l'année 1839; en 1840, il reparut à Bruxelles et à Anvers, où il excita un véritable enthousiasme en exécutant un concerto et une fantaisie de sa composition. Il manquait à l'éminent artiste de voir son talent consacré par les applaudissements du public parisien, car jusqu alors il ne s'était fait entendre à Paris que dans de petites réunions, et, quoique déjà célèbre, c'est à peine s'il était connu personnellement de quelques amateurs. Il vint se faire entendre tutus l'hiver de l'année suivante et fut immédiatement classé parmi les violonistes de premier ordre; ses concertos et ses brillantes fantaisies excitèrent autant d'intérêt et de curiosité que son talent d'instrumentiste. Depuis lors, ses voyages ont été si nombreux, qu'il serait fastidieux de le suivre; il parcourut la Pologne et l'Allemagne en 1842, fit un premier voyage en Amérique en 1644- 1845, parut en Russie l'année suivante et y contrat: ta même un engagement pour dix ans; il devait non-seulement donner un certain nombre de eunoerts, mais former des élèves. Sa santé, ébranlée par les rigueurs du climat, le força de résilier son traité, et, en 1852, il reparut en Allemagne, en France, en Angleterre et en Belgique. Après avoir donné dans ces divers pays une foule de concerts et commencé à amasser une fortune considérable, il retourna en Amérique (1856) et, du produit de cette fructueuse excursion, acheta à Dreichenhain, près de Francfort, un magnifique domaine. Sans se consacrer entièrement au repos, Vieuxtemps, depuis cette époque, s'est fait entendre plus rarement; il a donné en 1358, à Paris, une série de séances de musique de chambre, quatre séances de quatuors en 1860, et fuit des tournées en province dans les années suivantes. « Comme violoniste, dit Scudo, M. Vieuxtemps est du premier ordre; il a la puissance du son, un admirable coup d'archet, un beau style toujours soutenu, une justesse irréprochable et une bravoure qu'aucune difficulté n'arrête. Ses compositions ne sont pas des arrangements de virtuose, ce sont des œuvres méditées et bien écrites, qui survivent à la fête du jour et qui méritent l'estime des connaisseurs. ■ Les principales de ces compositions sont : un Grand concerto en mi pour violon et orchestre (Paris, Brandus, in-4°); Concerto en fa dièse mineur (Hambourg, Schubertli); Grand concerto en ré mineur (Paris, Brandus); Grund concerto en la (Paris, Brandus); Fantaisie pour violon et orchestre (Paris, Brandus); Variations sur des airs du Pirate (Paris, Brandus); Romances sans paroles (Paris, Brandus); Hommage à Paganini (Paris, Brandus); Sonate en quatre partie* (Muyence, Schott); les Arpèges (Paris, Brandus); Souvcnirs d'Amérique, variations suri air Yankee doodlee (Paris, Brandus); la Norma, fantaisie sur la quatrième corde du violon (Paris, Brandus); Ùuo sur Don Juan (Berlin, Schlosinger); Souoenir de Russie (Paris, Brandus); Duo sur le Camp de Silésie, de Meyerbeer (Berlin, Sehlesinger); Fantaisie sur des thèmes s/<rues (Paris, Brandus), etc. — Sa femme, Joséphine Eder, née à Vienne vers 1820, actrice et pianiste de talent, a chanté au théâtre de Leopoldstadt, à Vienne, en 1836, où elle se fit remarquer dans le rôle de Chérubin des Nuzze di Figaro, de Mozart, puis au théâtre de Josephstadt, où elle chanta le rôle d'Adalgisa, dans Norma (1838); elle a aussi brillé au théâtre de Manheiui, de 1843 à 1845, et ilunnné des concerts à Prague, Dresde, Berlin, Leipzig et Francfort.

VIEVBA ou VIE1RA (Sébastien), missionnaire portugais, ne en 1570, mort eu 1634. Eutré à seize ans dans l'ordre des jésuites, il fut, en 1602, envoyé comme missionnaire au Japon, dont il évangélisa les populations pendant plusieurs années. Chargé ensuite d'aller à Rome rendre compte au pape de l'état des missions de l'Inde, il fut, à son retour, obligé de se déguiser en matelot pour rentrer au Japon, car sa tête avait été mise U prix en sou absence. Il demeura quelque temps caché; mais, ayant été nommé viceprovincial et administrateur de l'évéchè, il lut forcé de quitter sa retraite pour s'acquitter de ses nouvelles fonctions et ne tarda pas à être arrêté. Conduit devant l'empereur, il refusa d'abjurer la religion catholique, et, après avoir subi d'affreuses tortures, il fut brûlé vif. Le Recueil des missions (année 1613) renferme des lettres du Père Vieyra.

V1EYRA (Antoine), célèbre prédicateur et missionnaire portugais, né à Lisbonne en 160S, mort à Bahia en 1697. Conduit à Bahia par son père à l'âge de sept ans, il fit ses études au collège des jésuites de cette ville, entra dans leur-ordre en 1623 et fut ensuite choisi par eux comme professeur de la classe de philosophie. Eu 1641, après la restauration de la maison de Bragance sur le trône de Portugal, il suivit en Europe dom Ferdinand Mascarenhas, fils du vice -roi du Brésil, chargé de complimenter le nouveau rei national, dom Joaô IV. Dom Joaô, charmé de l'éloquence de Vieyra, le nomma son prédicateur et, lui ayant trouvé de l'aptitude aux affaires, le chargea de plusieurs négociations difficiles, dans les premiers moments d'un avènement contesté. Le P. Vieyra fut assez heureux pour faire reconnaître ie roi, issu

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d'une révolution violente, par les puissances étrangères auprès desquelles il fut envoyé. En vain Joaô IV voulut, à son retour, l'attacher à" sa personne en Portugal et l'élever à l'épiscopat; il fallait une carrière d'activité et de périls à cette âme ardente et vraiment apostolique. Vieyra résolut de se consacrer tout entier à l'instruction des sauvages de l'Amérique. Il arriva dans la capitainerie de Maranliaô en 1652, accompagné de douze missionnaires; mais, dès l'année suivante, il fut forcé de retourner à Lisbonne pour y porter plainte contre les colons et demander la liberté des sauvages comme nécessaire h leur réelle conversion!" Il gagna cette noble cause et repartit pour ses déserts. Ce fut alors que, se livrant à son ardent prosélytisme, mais .sans aucun autre appui que sa parole, il conquit au christianisme la plupart des peuplades qui erraient dans 1« Seara, le Marmihaô, le Para et le long du fleuve des Amazones. Il y fit élever seize églises et composa lui-même un catéchisme en six langues, à l'usage des néophytes. Il soumit ainsi au Portugal, sans aucune intervention armée, en moins de sept ans, d'immenses contrées et tous les Nhemgaybas, qui le portèrent en triomphe le 5 août 1659. Les colons, de plus en plus irrités des obstacles que Vieyra et ses missionnaires mettaient à leur cupide exploitation de ces pays, le forcèrent de se ■ rembarquer avec ses compagnons sur un vaisseau qui faisait voile pour Lisbonne, Sous prétexte qu'ils s'entendaient avec les Hollandais pour enlever le Brésil au Portugal. Cette absurde accusation tombait d'ellemême ; mais ce voyage attira sur Vieyra plusieurs malheurs. Alphonse VI avait succédé à Jean IV. De jeunes seigneurs s'étaient emparés de l'en prit du roi. Vieyra, consulté par la régente, fut d'avis d'éloigner ces impolitiques favoris. Une remontrance, qu'on lui attribua, fut remise au jeune roi et obtint, en effet, ce résultat. On peut lire cette pièce, traduite en français, dans la Relation des troubles arrivés à la cour de Portugal, par Frémont-d'Ablancourt. L'année suivante, les favoris reprirent le dessus , et Vieyra fut relégué à Porto, puis à Cuïmbre. Alors d'anciennes inimitiés se réveillèrent. Dès 1652, les jésuites, irrités d'une mesure qui leur interdisait la prédication au Brésil, et qu'ils avaient cru conseillée par lui, avaient voulu l'exclure de leur société comme novateur. Cette fois , ou l'accusa d'avoir prêché en chaire des propositions entachées d'hérésie, et ni les vertus de cet homme de bien ni les services qu'il avait rendus au christianisme ne purent l'empêcher d'être poursuivi par l'inquisition. Renfermé le 2 octobre 1665 par ordre du saint oftice, il fut élargi, par grâce, le 24 décembre 1667, après plus de vingt-six mois de captivité; l'arrêt le- dispensait d'assister à l'auto-da-fé où devait être lue sa semence et se bornait a lui interdire la prédication. Cette sotte condamnation se trouva infirmée d'une manière bien inattendue. Des amis éclairés ayant porté la cause à Rome, Vieyra reçut une éclatante réparation et une distinction peut-être unique duns l'histoire ecclésiastique. Un bref du pape Clément X l'enleva à la juridiction des inquisiteurs portugais et le soumit à la congrégation romaine des cardinaux. On doit à ces démêles de Vieyra avec le saint office de son pays un petit ouvrage fort curieux, qui ne fut imprimé à Lisbonne qu'en 1821 ; il a pour titre, en français : Note secrète, adressée au so'tve- , rain pontife Clément X, sur la manière dont l'inquisition de Portugal procède envers ses prisonniers. L'effet en fut ^rand, car ce fut d'après les renseignements que renferme cet écrit que l'inquisition fut suspendue en Portugal depuis 1674 jusqu'en 168 1.

Vieyra fut invite k se rendre à Rome en 1669. sur la demande de la reine Christine de Suède, qui avait entendu parler avantageusement de lui, et il y eut avec le pape plusieurs entretiens, dans lesquels il ne manqua pas sans doute de l'éclairer sur les procédés du saint oftice envers les gens de bien. La reine, devant laquelle il avait prêche en italien, voulut se l'attacher avec le titre de confesseur; mais Vieyra ne soupirait qu'après sa vie de missionnaire. Sourd a toutes les offres, il se rembarqua pour le Brésil, où il arriva en 1681. U était rentré en grâce auprès de son ordre, et il fût nommé par le général des jésuites, le 17 janvier 16S8, visiteur de la province et supérieur de toutes les missions. Il passa les dernières années de sa vie à Bahia. Ce fut là que, déjà octogénaire, il s'occupa de la correction et de l'impression du ses serinons, restés pour la plup.irt inédits jusqu'alors. U reçut a cette époque, ce qui n'est pas une des moindres singularités de sa vie, un bref de Clément X qui l'autorisait à publier ses œuvres sans le» soumettre & l'approbation d'aucune censure. El consacra ses dernières années à l'evangélisation des peuplades indigènes du Brésil, dont il avait su se faire aimer. Atteint de cécité, il continua encore sou apostolat jusqu'à ce que les forces lui fissent complètement défaut.

Les Sermons du Pore Vieyra ont été publiés (Lisbonne, 1679-1696, 12 vol. in-40); c'est assurément le recueil de ce genre le plus original qui existe. Le Père Vieyra était un de ces prédicateurs à tempérament singulier, à style coloré et bizarre, dont nos prédicateurs du xvo et du xvio siècle peuvent donner une idée. Ayant à se faire com •

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