‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 958 sur 1042 · YERE · texte numérisé non relu

YERE

propriétaires et est chargée de la police locale. Cette garde nationale a été organisée en 1831; ses compagnies sont de 60 hommes; 2 compagnies forment un escadron, 2 escadrons une division et la réunion de skis compagnies peut constituer un régiment.

Cette troupe est placée sous les ordres immédiats du ministre de l'intérieur, bien que pour la solde et les prestations elle dépende du ministère de la guerre. Les exercices sont de quatorze jours consécutifs par an. La yeomanry peut former un ensemble de 20,000 hommes.

YÉOU, ville de l'Afrique centrale, dans le Soudan, sur la rive occidentale du lac Tchad, k l'embouchure de la rivière de ce nom, à 79 kilom. N.-O. deKouka; 5,000 hab. environ. Elle est ceinte d'un mur en terre et renferme deux mosquées.

YÉOU, rivière de l'Afrique centrale. Elle prend sa source au versant septentrional des montagnes du Yacoba, coule du S. au N.-E., à travers le Bornou, et se jette dans le hic Tchad, près de la ville de Yèou, après un cours de 360 kilom.

YEOU-WANG, empereur de Chine, mort en 771 avant notre ère. Ce prince, d'un caractère indolent et faible, adonné depuis l'enfance aux plaisirs grossiers, parvint à l'empire en 7S1. U conçut la plus vive passion pour une jeune fille d'une rare beauté, à qui il donna le nom de Pao-sse, eut d'elle un fils qu'il déclara son successeur, chassa l'impératrice de son palais et força son fils légitime k uller chercher un asile à la cour du prince de Chin. Une telle conduite lui aliéna complètement ses sujets, et une famine vint accroître encore le mécontentement. Craignant que son fils légitime ne profitât de cet état de choses pour réclamer ses droits, il somma le prince de Chin de le lui livrer; mais il n'obtint qu'un refus. 11 résolut alors d'employer la force et envoya une armée contre le prince de Chin. Celui-ci appela k son secours les Tartaies, battit les troupes impériales et s'empara de Yeou-wang et de Paosse, qu'il fit mettre k mort. Le fils légitime de l'empereur lui succéda sous le nom de Ping-wang.

YEOVIL, ville d'Angleterre, comté de Somerset, k 30 kilom. S. de Wells, sur lu rive gauche de l'Yvel ou Yeo; 7,800 hab. Célèbres fabriques livrant annuellement au commerce plus de 300,000 paires de gants; fromagerie. Source minérale.

YÈPES, bourg d'Espagne, province de Tolède, k 13 kilom. S. d'Aranjuez, sur le plateau d'Ocafia ; 3,000 hab. Fabrication de fil, bas de laine et articles en sparterie. Commerce de boa vin blanc et culture d'asperges renommées, qu'on exporte dans les villes voisines.

YEPEZ (le Père Diego de), historien et religieux hiéronymite espagnol, né k Yepez, près de Tolède, en 1559, mort àTarragone en 1613. Il fut prieur de plusieurs couvents et du fameux monastère de l'Escurial, puis devint confesseur des rois Philippe II et Philippe III et évèque de Tarragone. On lui doit ; Histoire particulière de ixt persécution d'Angleterre depuis 1570 (Madrid, 1599, in-40); Mémoire sur ta mort de Philippe II (Milan, 1607, in-8<>) et une Vie de sainte Thérèse de Jésus (1587, in-40), laquelle a été traduite en français par le Père Cyprien (Paris, 1643, in-4<>).

YEPEZ (dom Antoine de), historien et bénédictin espagnol, né à Yepez (Nouvelle-Castille), mort en 1621. Il remplit plusieurs fonctions importantes dans sa congrégation, dont il devint supérieur général et historiographe, fit des voyages, pendant lesquels il rassembla de nombreux documents historiques et acquit une profonde érudition. On lui doit un important recueil, intitulé Coronica gênerai de la orden de S. Benito (1609-1621, 7 vol. in-fol.), que dom Martin Rhetelois a traduit en français et considérablement augmenté (1647-1684, 7 vol. in-fol.). On doitaussi à Yepez la relation d'un voyage littéraire en Catalogne et un catalogue des auteurs qui ont écrit en faveur de l'immaculée concep-

YER s. m. (ièr). Gramm. Nom commun à deux signes ou caractères russes, le ierr ('<!) et la ière (d), qui se placent à la fin de tout mot russe ou slavon terminé par une cousonne, le premier indiquant une finale forte, le second équivalant à un e muet.

YERCUM s. m. (ièr-komm). Nom donné dans l'Inde au catotropis gigantesque, plante cultivée dans les serres, à cause de l'élégance de ses fleurs,

YEREGUI (Joseph dis), ecclésiastique espagnol, né à Uergara, dans le Guipuzcoa, en 1734, mort en 1805. Lorsqu'il eut fait ses études k Madrid, il se rendu k Paris, où il s'adonna aux sciences physiques et mathématiques, se fit ordonner prêtre après son retour en Espagne, se voua k l'éducation des enfants et fonda plusieurs écoles élémentaires. Accusé par des envieux de distribuer des livres contraires à l'Eglise catholique, il se retira k Madrid, où le roi Charles III le nomma précepteur de ses enfants. Après la mort de ce prince, ses ennemis le firent éloigner de la cour, et il fut traduit, en 1792, devant l'inquisition comme iansêniste. La

YERV

seuls chose qu'on pouvait en réalité lui reprocher, c'était d'avoir manifesté trop hautement sa pensée sur les ecclésiastiques émigrés de France en Espagne, lesquels, disait-il, se prétendent riches en principes de foi et sont pauvres en pratique de charité. S'affligeant surtout de l'ignorance où il voyait l'Espagne plongée, il déplorait cet état comme le règne du pbarisuïsme. Après cinq mois de persécutions, le redoutable tribunal l'ayant déclaré pur dans sa conduite et dans sa doctrine, il reçut de Charles IV, comme dédommagement, la place de son conseiller près le même tribunal. Yeregui ne consentit vraisemblablement à y siéger qu'afin de pouvoir plus efficacement concourir a en hâter la suppression, nécessaire à la prospérité de son pays. Ce qui tend à le prouver, c'est qu'il écrivit et fit passer en France, pour y être publiée, une savante apologie des ouvrages de Grégoire, évëque constitutionnel de Blois-, contre l'inquisition, ainsi que les pièces de son procès. On lui doit, en outre, un ouvrage intitulé : ldea del catecismo national formado sobre lassagradas Escrituras, concilias, etc. (Bagncres, 1803, in-8°).

YJSRES, petite rivière de France. Elle prend sa source dans le département de Seine-et- Marne, à 10 kilom. N. de Provins, dans le canton de Nangis, parcourt le centre et l'O. du département de Seine-et-Marne, baigne Brie-Comte Robert , continue son cours à l'O., entre dans le département de Seine-et-Oise, passe à Corbeil et se jette dans la Seine, a Villeneuve-Saint-Georges, après un cours de 88 kilom.

YERES, rivière de France (Eure-et-Loir).

Elle prend sa source à l'E. de Moatmirail, et se jette dans le Loir, au-dessus de Cloye, après un cours de 48 kilom.

YÈRES, rivière de France (Seine-Inférieure). Elle prend sa source à la lisière de la forêt d'Eu, près d'Auberménil, baigne Foucarmont, Cavervilie, etc., et se jette dans la mer, au-dessous de Crie! ; cours do 45 kilom.

YÈRES, village et commune de France (Seine-et-Oise), cant. deBoissy-Saint-Léger, arrond. et à 14 kilom. N. de Corbeil, sur la rivière do son nom; 1,000 hab. Filature de soie, de laine, de lin et de cachemire. On y voit les restes de la maison de Guillaume Budée j ces restes consistent en une porte flanquée de deux tours rondes en brique. De l'ancienne abbaye d'Yères, fondée au XH6 siècle, il ne reste que deux vastes bâtiments occupés aujourd'hui par une-filature de laine. A 2 kilom. du village s'élève le beau château de ia Grange, construit probablement par ta veuve du duc de Guise, et qui a appartenu au duc de Saxe et à La Fayette. C'est un édifice en pierre et en brique, élevé à l'extrémité d'une vaste esplanade rectangulaire, entourée de fossés, avec un pont et une grille au milieu de chaque fossé. Cette habitation princiers est reliée à la route de Provins pur une belle avenue de peupliers d'environ 2 kilom. de longueur.

YERLI-NÉFERAT s. m. (ièr-li-né-fe-ratt — mot turc qui signif. troupe locale). Troupe turque qu'on lève aux environs d'une ville menacée, et qu'on licencie quand le danger est passé.

YERMOLOF (Alexis-Petrovitch), général russe. V. Iermolok.

YERMOLOFlE s. f. (ièr-mo-lo-fî — de Yermolof, navigateur russe). Bot. Syn. de làgochjlb, genre de labiées.

YEHMOUK, VEieromax des anciens, rivière de Syrie (l'alestine), affluent du lac de Génésareth. Sur les bords de cette rivière, les Arabes défirent les troupes de l'empereur Héraclius en 636.

YERVA s. f. (ièr-va). Bot. Mot espagnol qui siguilie herbe, et qui entre dans le nom de certaines plantes herbacées, il Yerva canieni, Nom dune plante du Paraguay, dont les feuilles sont employées en guise de thé. il Yerva de la perla, Nom espagnol du margyricarpe hérissé, qui croit dans la Colombie et au Pérou, et qui est employé en infusion contre les hémorragies. Il Yerva mora, Nom spécifique d'une plante du genre bosée, et nom vulgaire de diverses autres plantes de l'Amérique du Sud. fl On dit aussi yekbà.

— Encycl. Yerva canieni. On ne sait pas bien au juste quelle est la plante désignée sous ce nom par les colons espagnols du Paraguay. On pense généralement que c'est une espèce de cassitte, vulgairement appelée thé de la mer du Sud. On prend, en effet, ses feuilles en infusion théiibrme. On a attribué à cet arbrisseau la merveilleuse propriété de purifier les eaux les plus amères, les plus corrompues et même les plus salées; il suffirait, dit-on, pour cela de l'y laisser infuser pendant quelques minutes. Les Péruviens, quand ils font de longs voyages, ne manquent pas de porter cette plante aveu eux pour rendre les eaux, potables.

YEKVILLE, bourg de France (Seine- Inférieure^ ch.-l.deeaut., arrond. et à 15 kilom. N.-E. d'Yvetot; pop. aggl., 1,277 hab. — pop. tôt., 1,652 hab. Tissage de lin; fabrication de draps ; commerce de chanvre et de bestiaux. Ruines de l'ancien château deThiberluesnit.

YÉSO

YERY où IERY s. m. (ié'-r.J. Grarqm. Lettre slave et russe qui équivaut à notre y.

YÉSO ou MATSMAÏ, grande île de l'archipel Japonais, au N. de Niphon, dont elle est séparée par le détroit de Songar.au S.-E. de Tarrakaï ou Saghalien, dont elle' est séparée p*ar le détroit de La Pérouse; au S.-O. de l'archipel des Kouriles, baignée a l'O. par la mer du Japon et à l'E. par l'océan Pacifique ; entre 41» 25'-45° 30' de latit. N. et 1370 io'-H4o de longit. E. Elle mesure 560 kilom. du N.-B. auS.-O., sur 450 kilom. dans sa plus grande largeur ; superficie, 156,400 kilom. carrés. La population de cette lie est évaluée approximativement à 3 millions d'hab-, tant Japonais que Aînos. Les villes principales sont : Matsmal et Hakodadé, sur le détroit deSongar. La forme générale de cette île, quoique très-irrégulière, présente à peu près celie d'un triangle, dont la base, très-découpée, est au S., tandis que le sommet est dans la direction N.-O. Les principaux accidents que présente la côte sont, en partant de l'extrémité N.-E. : le cap Spanberg, le cap Notoro, le cap Romunzoft', la baie Strogoiioff, le cap Novosiltzoff, la baie Suchleten, le cap KoutouzofF, ie cap Yesan, la baie du Volcan, le cap Froen, la baie de Bonne-Espérance et le cap Broughton. Des montagnes élevées parcourent l'intérieur de l'Ile: plusieurs de ces reliefs atteignent plus de 2,500 mètres d'altitude et sont couverts de neiges perpétuelles ; le mont Pallas, près de la côte occidentale, est le point culminant de Yéso. Parmi les rivières qui arrosent l'île, il faut citer le Kasuru, 1 Auma et l'Isikari. Le climat do cette lie est peut-être le plus froid de toutes les contrées du globe placées sous cetto latitude; pendant plus de six mois, le sol disparaît sous une épaisse couche de neige, et pendant l'été des pluies fréquentes et des nuages épais chargent l'atmosphère. Les bords de la mer sont seuls habités; l'intérieur de l'île est couvert de forêts impénétrables. Les Japonais, qui peuplent la partie méridionale, cultivent dans cetto Ile du blé, du sarrasin, du chanvre et du tabac; les pommes, les poires et les pêches n'y réussissent qu'imparfaitement. Les forêts de l'iutêrieur fournissent du bois de construction et de chauffage; les essences dont elles se composent sont : sapins, pins, cyprès, bouleaux, peupliers, tilleuls et ormes. On y élève quelques troupeaux de bêtes à cornes; le gibier est très-abondant et la pêche sur les cotes trèsproductive. Les montagnes renferment de l'or, de l'argent et du plomb; ce dernier métal seul est exploité sur quelques points par les Japonais. Deux nations habitent Yéso : les Japonais, fixés près de la côte méridionale de 1 lie, et les Aïnos, peuple essentiellement pêcheur et chasseur, appartenant à la même race que les habitants des possessions russes de Tarrakaï et des Kouriles. Un missionnaire français a publié en 1863, sur les Aïnos, une notice curieuse, à laquelle nous empruntons les lignes suivantes : «Lus Aïnos, dit ce missionnaire, se font remarquer par le culte rendu à l'ours sacré. L'ours est sans contredit le dieu qui compte parmi ces sauvages le plus d'adorateurs. La mer, les montagnes, les grands fleuves, les volcans, ou les génies qui président à l'eau, au feu, à la terre et à l'air reçoivent aussi un culte particulier. Lorsque la mort fait un deuil dans une famille , c'est une immense calamité ; il faut brûler la maison et avec elle l'esprit de la mort qui y est entré. Ensuite toute la famille, tous les parents désolés doivent chômer pendant sept ou huit jours qu'ils consacrent à pleurer. Le huitième jour, qui est celui des funérailles, est un jour de pleurs, de cris lamentables. Pour s'exci» ter à la douleur, tous les hommes, nus jusqu'à la ceinture, sont armés d'une espèce de pilon de bois, gros et noueux, avec lequel chacun frappe sur son voisin, qui se hâte de rendre le coup qu'il a reçu ; les coups mutuels durent jusqu'à ca que le cortège soit arrivé au tombeau. Aussitôt-que la terre a recouvert les restes de leur parent ou ami commence une fête où le mi/ci fait oublier les regrets et les coups et les meurtrissures qui en sont la suite. Ce même pilon, le grand instrument des pleurs, comme on l'appelle, joue encore un autre rôle bien plus important parmi les Aïnos ; c'est lui quijuge et termine tous les procès et toutes les disputes. Aussitôt qu'un différend s'élève entre deux personnes, un conseil d'amis est assemblé. Si la matière est grave, l'assemblée décide que le pilon seul peut trancher la difficulté. Donc, au jour convenu, les deux adversaires se rendent avec leurs amis sur le rivage...! Là commence un duel qui ne cesse le plu3 souvent que parla mort de l'un des combattants. Ces duels sont d'ailleurs si communs parmi tes Aïnos, que tous les jeunes gens s'exercent de bonne heure k recevoir de ces coups sur le dos- pour endurcir leur peau et se préparer ainsi à détendre leur honueur et celui de leurs familles.

Aujourd'hui, Yéso est entièrement soumis au gouvernement du Japon, qui l'administre par des gouverneurs résidant à Hakodadé, le port le plus important et le plus commerçant de l'Ile, ouvert depuis 1838 au commerce étranger. Le gouvernement japonais, craignant les tendances d'envahissement de la Russie, a fait de grands sacrifices pour

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