‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 960 sur 1042 · V. Dieu (île · texte numérisé non relu

V. Dieu (île

YEUSE s. f. (ieu-zo — du lat. ilex, mémo sens). Bot. Nom vulgaire du chêne vert: Les feuilles et les glands de i'VEUSB sont astringents. (V. de Bomare.)

Ainsi croissent Vyeuse,

Qui redouble des bols l'horreur religieuse.

Le châtaignier

Deluxe.

YEUX s. m. pi. (ieu — pi. de œil). V. œil.

YEUX-BLANCS s. m. Ornith. Petit figuier de Madagascar,

Yèvre- le- Cliaiel. On désigne sous ce' nom les ruines qui couronnent une colline située à, peu de distance d'Yèvre-la-vi!le (Loiret, arrond. de Pithiviers). Ces ruines sont celles d'un uutique château fort, ne remontant pas au delà du règne de Henri 1er, qui le fit construire pour tenir en respect les grands vassaux de la couronne dans cette partie du territoire. • La première enceinte de ce château, dit M. de La Madelaiue, était flanquée de tours auxquelles se suspendaient le3 herses et les ponts-levis. A l'intérieur se trouvaient les logements des gardes, aujourd'hui remplacés par des demeures rustiques et une petite église paroissiale. Dans la seconde enceinte était le donjon ou réduit. Le guichet, percé près de la cour du nord-est, communiquait par un pont-levis avec la première enceinte. Le donjon commandait le reste du château ; sa forme était celle d*"un carré parfait, ayant quatre tours aux angles et une cinquième tour un peu en avant du mur de la façade de l'est. Des courtines pratiquées dans l'épaisseur des remparts faisaient le tour de l'enceinte, et on y arrivait en gravissant des escaliers de pierre, construits dans l'intérieur de chaque tour. Chaque l'ace du carré avait environ 33 mètres de longueur. L'espace intérieur devait être occupé par une place d'armes et par des jardins. Le logis du seigneur se composait do trois pièces d'inégale grandeur, ornées de colonnes et de sculptures grossières. D'épaisses voûtes de pierre couvraient, dit-on, toutes les parties de ce castel, d'où les hommes d'armes s'avançaient au loin dans la campagne par de profonds souterrains. »

YE-WANG, empereur de China, né en 939 avant notre ère, mort en 876. Il succéda, en 894, à son oncle Hia-Wang. D'une faiblessa extrême, ilvéeutdans son palais, laissant les grands de l'empire accroître leurs possessions et s'ériger en princes indépendants. Son fils Li-wang lui succéda.

YEZD ou 1ED, -ville de Perse (Khoraçnn), dans uue plaine sablonneuse, sur la petite rivière de Mehris, à 364 kilom. d'Ispahan, par 32015' de latit. N.et53° 17' de longit. E.j 30,000 hab. Cette ville, autrefois considérable, n'oifre plus pour ainsi dire aujourd'hui qu'un amas de ruines, par suite des invasions des Afghans et d'une inondation arrivée au commencement du xtxB siècle. On y remarque cependant encore l'édifie» où se tiennent les écoles publiques, et une grande mosquée ornée de quatre minarets et d'autant de coupoles vernissées. Entrepôt de marchandises de l'Inde, qui y sont apportées pur les caravanes d'Herat et de Boukhara. Fabriques de soies brochées d'or et d'argent, de soies unies et rayées; châbs, armes blanches, pistolets. Les environs produisent

YÉZI

des fruits exquis, surtout des figues et des raisins, dont on fait un vin très-estimé en Perse. Sur son territoire habitent beaucoup de guèbres ou parsis.

YEZDEDJBRD, nom de plusieurs rois de Perse. V. Ii;zdedjehd.

YEZDEDJERD1QUE OU IEZDEDJERDI- QUE adj. (yè-zdè-djèr-di-ke). Hist. Qui appartient à Yezdedjerd, roi des Perses.

— Chronol. Année yesdedjerdique, Ancienne année des Perses.

YÉZID le», calife ommiade, fils de Moawiah, né en 644, mort près d'Émèse en 683. Il succéda en 680 à son père, qui l'avait associé à son pouvoir. Plusieurs parties de sou empira, notamment La Mecque et Médine, refusèrent de le reconnaître, et il eut à lutter contre divers compétiteurs. Le plus puissant d'entre eux était Hocein, fils d'Ali, qui comptait un grand nombre de partisans et qui passait pour un prince aussi vertueax que brave. Grâce au gouverneur de Koufah, Obéid-Alluh ben-Zéiad, Yézid triompha de son rival. S'étant emparé des femmes, des sœurs et des filles de ce prince, il ne voulut point les faire périr, comme on lui en donnait le conseil. Bien plus, il leur fit de larges dons et les envoya a Médine. Des succès remportés par ses généraux forcèrent Boukhara et le Kharism k reconnaître l'autorité du calife. En 681, ce prince dut combattre Abdallah, fils de Zobéir, qui se mit à la tête des chïites et fut proclamé calife à La Mecque et à Médine. Yézid envoya contre La Mecque une armée, qui s'en empara au bout de trois mois de la plus vive résistance, ordonna de massacrer ou de réduire en esclavage les habitants et n'épargna que la famille d'Ali. Médine allait subir le même sort, lorsque Yézid mourut à l'âge de trente-neuf ans, après un règne de trois ans et demi. C'était un prince avare, efféminé, débauché, qui vivait au milieu de baladins, de chanteurs et de chiens, et qui buvait publiquement du vin. Il introduisit l'usuge des eunuques et entretint un commerce incestueux avec sa sœur. Son fils Moawiah lui succéda. Le nom de a Yézid, dit Audiifret, est en horreur à un grand nombre de musulmans, surtout aux chiites ou sectateurs d'Ali, parce qu'il fut le principal auteur de la mort de Hocein, parce qu'on le soupçonnait d'avoir avancé les jours de Haçan, fils aîné et successeur d'Ali , parce qu'il fut le premier calife qui but publiquement du vin et que, sous son règne, les deux villes saintes furent profanées et presque détruites. >

YÉZID II (Abou-Khaled), calife ommiade, petit-fils du précédent, né en 087 de notre ère, mort eu 724. Il succéda en 720 à son cousin Omar II, qu'il passe pour avoir fait mourir, comprima la révolte d'Yèzid-ibn- Mahleb, persécuta les chrétiens, défendit de les admettre en témoignage contre les musulmans et porta un édit pour détruire leurs images. Ayant involontairement causé la mort de celle de ses femmes qu'il aimait le mieux, il mourut de désespoir. Yézid était beau et bien fait, mais indolent, adonné aux plaisirs, esclave de ses passions effrénées, et il ne dut les victoires qu'il remporta sur ses ennemis qu'aux talents de son frère Moslemah et de son neveu Abbas. Comme son grand'père, il fut un objet d'exécration pour les chiites, ou partisans d'Ali. Son trère Hescham lui succéda.

YÉZID III, calife ommiade, neveu du précédent, né en 701, mort à Damas en 744. Il fit assassiner son cousiu Walid II, devenu odieux par ses excè3, et lui succéda en 744. Pendant son règne, dont la durée ne fut que de cinq mois, l'empire fut profondément troublé. Une révolte éclata dans la Palestine, dont les habitants massacrèrent le gouverneur ; les Hemessémens, voulant venger In mort de Walid, se soulevèrent et battirent l'armée du nouveau calife. De sou côté, Merwan se mit, en Arménie, à lu tête d'une insurrection formidable qui provoqua un schisme et contribua à la ruina des Oinmiades. Yézid mourut de la peste et laissa le trône à son frère Ibrahim. C'était un prince juste et d'un caractère naturellement doux; mais il était orgueilleux et aimait avec passion le luxe et le faste,

YÉZID (Muley), empereur du Maroc, V. Mul.ey-Yb.jid.

YÉZID 1BN-M AU LEB, célèbre général musulman, né en 071 de notre ère, mort en 721. 11 succéda à son père, le vaillant Mableb, comme gouverneur du Khorassan (702), encourut ia disgrâce de Hedjadj pour avoir montré quelque hésitation à combattre le rebelle Abd-el-Rhaman-ibn-al-Ascliat, qu'il finît néanmoins par vaincre et mettre k mort, fut privé de son gouvernement, condamné à uue très- forte amende, gardé à vue et mis à la torture. Etant parvenu k s'échapper, Yézid alla chercher un asile à la cour de Soliman, frère du calife Walid lor. Grâce au vif intérêt qu'il inspira à ce prince, il parvint à échapper aux fureurs de Hedjadj, et, lorsque Soliman devint calife, il obtint le gouvernement de l'Irak et du Khorassan. Yézid justifia ce choix par ses exploits, s'empara du Djordjan et du Thuburistan, mais se montra aussi sanguinaire et aussi rapaca qu'il était vaillant. Omar II, successeur de Soliman, rappela Yézid (717), le fit charger de fers et le somma de restituer au trésor

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tout l'argent qu'on l'accusait d'avoir détourné à son profit, N'ayant pu verser la somme énorme qu'on exigeait do lui, il fut mis en prison et y resta plusieurs années. Depuis fort peu de temps il avait recouvré la liberté, lorsque Yézid II, étant parvenu au califat (720), donna l'ordre d'arrêter l'ancien gouverneur du Khorassan et toute sa famille. Celui-ci, n'ayant plus rien à ménager, marcha sur Bassoro, s'empara de cette ville, s'y déclara souverain indépendant et réunit une armée pour combattre celle qui marchait contre lui sous les ordres de Moslemah, frère du calife. Les deux armées se rencontrèrent sur les bords de l'Enphratc, près de l'ancienne Babylone. Y**zid-ibn- Mahleb fut vaincu, malgré des prodiges de valeur, et trouva la mort sur le champ do bataille. La plupart de ses parents, au nombre de trois cents, furent envoyés captifs au calife, qui leur fit trancher la tête. Le dernier de ses fils, le vaillant Moawyah, fut tué. peu de temps après, les armes à la main.

YÉZIDES ou YÉZID1S, peuple de la Turquie d'Asie, répandu sur de vastes espaces en Assyrie, en Mésopotamie, dans le nord do la Syrie, le Kurdistan, l'Asio Mineure et l'Arménie. Dans ces dernières années (1863), un savant anglais, M. Francis Ainsworth, a donné sur ce peuple une étude très-sérieuse que nous résumons dans cette notice. Un des sièges principaux des Yézides est placé au centre de la Mésopotamie, dans les montagnes de Sindjar ; néanmoins, leur chef spirituel et temporel réside au voisinage de Ninive. C'est dans le même canton que se trouve aussi leur place principale de culte et de pèler.uage, ainsi que leur principal lieu de sépulture M. Ainsworth voit dans ces circonstances caractéristiques autant d'indices de l'extraction assyrienne des Yézides. Non-seulement il a été frappé de la ressemblance qu'ils offrent, dans leur aspect général, dans leurs traits et dans la manière dont ils portent la chevelure, avec les représentations des sculptures assyriennes, mais, de plus, il signale chez eux quelques-unes des pratiques les plus caractéristiques de l'ancien culte assyrien. On les a quelquefois considérés comme une simple secte religieuse; mais toutes les observations de M. Ainsworth tendent à en faire un peuple a part,

Les traits des Yézides sont très-accentués; l'œil est noir comme la chevelure, le nez proéminent ou légèrement arqué. Leurs cheveux, qu'ils portent longs, s échappent du turban en mèches bouclées. Leur langue maternelle est un dialecte du kurde. Ils ne s'expliquent pas volontiers sur les dogmes de leur religion ni sur les pratiques de leur culte. Ils adorent un Etre suprême. Us ont, dit-on, un profond respect pour l'Ancien Testament et en ont adopté la cosmogonie; ils ne rejettent pas le Nouveau Testament, non plus que le Coran, mais sans leur accorder la même vénération qu'au canon juif. Le trait le plus remarquable de la religion de ce peuple est le culte qu'ils rendent à Satan ; du moins, le respect qu'ils professent pour l'esprit du mal lie diffère guère d'un véritable culte. Le3 musulmans les désignent sous le nom de Chaïtan Pouroust, les adorateurs du diable. Ce peuple, qui se nomme luimême Davasen, rattache la dénomination de Yézides au mot kurde Yezd, qui signilie Dieu. Le nombre total des Yézides est évalué à environ 300,000. (Jeux d'entre eux qui sont indépendants et habitent le nord du pachalik de Bugdad, entre Mossoul et Khabuur, peuvent mettre sur pied 6,000 fantassins et 3,000 cavaliers. Les autres, qui vivent dans les diverses provinces de l'empire, sont soumis aux chefs des contrées qu'ils habitent.

YFERTIN, nom allemand d'YvERDUN.

YFF1ISIAC, bourg et commune de France (Côtes-du-Nord),cunt.,arrond. et à 7 kilotn. K. de Saint-Brieuc, sur l'Urne; pop. aggl., 889 liab. — pop. tôt., 2,123 hab. On y voit la chapelle des Sept-Saints, but de pèlerinage pour les malades qui vont demander leur guérison aux eaux d'une fontaine voisine.

YGDRASIL s. m. (i-gdra-zil). Mytiiol.

scand. Frêne dont les branches abritent l'univers entier.

— Encycl. Les Elfes lumineux habitent dans les branches du frêne ygdrasit et les ■ dieux se réunissent tous les jours au pied de l'arbre pour tenir conseil. L'arbre a trois racines; l'une s'étend jusque chez les Ases, l'autre chez les géants dans l'ancien Ginnungagap, et la troisième dans Nifelheim , le domaine de la déesse Hela. Celle-ci est rongée par le serpent Nidbœgur, et la fontaine Vergelmer, de laquelle sortent les douze fleuves infernaux , est située près d'elle. Sous la seconde racine se trouve la fontaine de Minier, le puits de toute sagesse et de toute science ; sous la racine, enrin, qui s'étend chez les Ases est la fontaine Ûrtar, où les dieux rendent justice. Les trois nomes, Uni, Véranda et Skaid, sont astises près de cet endroit et décident le sort des mortels. Elles arrosent aussi tous les jours l'arbre Ygdrasil avec l'eau d'Urtar pour que ses feuilles restent éternellement vertes. Sur le faite de l'arbre est perché un aigle qui sait tout et voit tout; l'écureuil Rotatoskr se promène le long de l'arbre, rapportant sans cesse au serpent Nidhœgur ce que dit l'aigle

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et cherchant à produire la discorde entre eux.'C'est le symbole de la renommée. Quatre cerfs mangent les bourgeons de l'arbre : Dain, Dwalin, Dynaeir et Dyratror. Ce sont les quatre vents que l'aigle, en agitant ses ailes, fait souffler sur le monde. Ygdrasil rs- \ présente donc la vie éternelle , en même ' temps qu'il forme, au point de vue cosmographique, le pivot de l'univers tel que les peuples du Nord se le figuraient.

YGLÉS1AS (don Joseph de), poète espagnol, né à Salamanque en 1753, mort dans la même ville en 1791. Il commença à se faite connaître par des poésies graveleuses, puis entra dans les ordres et composa, k partir de ce moment, des pièces de vers sur des sujets graves et sévères; mais ces dernières | compositions sont de beaucoup inférieures . aux premières. On cite, parmi ses œuvres, la Fleur du Zurguen et la Rose d'avril. Quelques-unes de ses poésies ont été traduites en français et publiées dans V Espagne poétique de Maury (Paris, 1827, 2 vol. in- 8°). j

Y-GRECs.m. (i-grèk — nom de lalettre Y). Objet ayant la forme d'un Y : Un y-grec en fer.

— Techn. Outil en fer du fabricant de glaces, servant à saisir la tête de la glace.

— Comm. Sorte de papier, de petite dimension.

— Entom. Espèce de papillon dont la chenille vit sur la menthe, et dont le nom se figure aussi par Y.

YHARIT s. m. (i-a-ritt). Alûhim. Blanchiment du laiton et de l'argent.

Y-HIANG, célèbre astronome chinois, né en 682 de notre ère, mort en 727. Il descendait des princes deThang. S'étant fait bonze, il se retira sur une montagne de la province d'Honan, acquit de grandes connaissances en astronomie et fut appelé en 721 à la cour de l'empereur, qui le chargea de réformer le calendrier et de construire un pla«isphève mobile. Jusqu'à cette époque, les livres chinois relatifs à l'astronomie n'avaient traité que des astres visibles sur l'horizon de 34° à •400 de latitude. Y-Hiang envoya d'habiles élèves dans les provinces du nord et du midi pour y faire des observations propres à étendre les connaissances déjà acquises. Il fit observer également les éclipses dans toutes les provinces de l'empire et se servit de ces observations pour découvrir le changement que causait aux temps et aux phases la différence des lieux du nord au sud et de l'est à l'ouest. Ce qu'on possède de ses observations démontre qu'elles étaient assez exactes. Y-Hiang travailla avec beaucoup d'ardeur à un ouvrage d'astronomie que la mort l'empêcha de terminer et qui fut achevé par d'autres savants, sur l'ordre de l'empereur Hinan-tsong. On ne connaît en Europe que des extraits de cet ouvrage, qui parut en 729 sous le titre d' Astronomie de Ta-yan.

YIMA ou Y1MA-KSHAÉTÀ, fils de Vivanghvât (le Vivasval indien) ; il est, dans l'Avesta, un des premiers rois, et son règne représente l'idéal du bonheur sur la terre, alors que la maladie et la mort étaient inconnues et qt:e l'on ne souffrait ni de la chaleur ni du froid. D'après un récit, ce sont les mensonges et l'orgueil d'Yima qui mirent fin au bonheur de son règne. Suivant les traditions plus anciennes de l'Avesta, Yima ne meurt pas, mais quand la mal et la misère commencent à régner sur la terre, il se retire dans un territoire plus étroit, une sorte de jardin ou d'Eden, où il continue à vivre heureux avec ceux qui lui sont restés fidèles. Là se borne ce que l'Avesta nous apprend sur Yima. La découverte du développement ultérieur que reçut en Perse la ligure d'Yima fut une des dernières et des plus brillantes découvertes d'Eugène Burnouf. Dans son article sur le dieu Homa, publié dans le Journal asiatique, il a ouvert cette mine entièrement nouvelle de recherches sur la religion primitive et sur les anciennes traditions qui étaient communes aux Aryens avant la séparation. 11 a montré qu'il est possible de faire remonter trois des noms les plus célèbres de la poésie épique des Persans plus modernes, Jenisbid, Feridun et Garshasp, à trois héros cités dans le Zend- Avesta comme les représentants des trois premières générations humâmes, Yiina-Ilshaêta, Thraêtana et Keresospa, et que les prototypes de ces héros zoroastriens peuvent se retrouver dans le Yama, le Trita et le Krisàsva du Ve'da. Nulle part le passage de la mytho-* logie physique à la poésie épique et même à l'histoire n'a été mis dans un jour aussi clair qu'ici. • Il est, remarque avec raison Burnouf, sans contredit fort curieux de voir une des divinités indiennes les plus vénérées donner son nom au premier souverain de la dynastie aryo-persane. C'est un des faits qui attestent le plus évidemment l'intime union des deux branches de la grande famille qui s'est étendue, bien des siècles avant notre ère, depuis le Gange jusqu'à l'Euphrate. i M. Roth a signale quelques rapprochements plus minutieux dans l'histoire de Jemshid; mais sa tentative pour faire de Yima un Adam perse et de Yama un Adam indien est fort probablement une erreur.

YING-TCHEOU, ville de la Chine, province de Nankin, à 50 kilom. N.-E. de Nankin, près de la rive gauche du Yangtsékiang, chef-lieu du département de son nom.

YLDE

Y1RM1BECHLYK ' s. m. (ir-mi-bèch-lik).

Métrol. Monnaie d'or turque, valant 25 piastres, soit 5 fr. 625.

YI-TCHEOU, ville de Chine, dans la province de Tschang-toung, ch.-l. du département de son nom, à 250 kilom. S.-E. de Tsinan.

YKHSCHID ou AK1ISCH1D (Abou-Bekr- Mohammed al-), fondateur de la dynastie des Ykhschidides qui a régné sur l'Egypte et une partie de la Syrie, né à Bagdad en 8S2 de notre ère, mort à Damas en 946. Son père Thagadji, Turc d'origine, d'abord esclave, puis gouverneur de Damas, prétendait descendre des Ykhschid, rois de Ferganah. Après avoir rempli diverses fonctions en Egypte, commandé à Ramla et à Damas, Mohammed al Ykhschid fut nommé gouverneur de l'Egypte par le calife Rady-Bilhih (935) et prolita des troubles qui déchiraient l'empire musulman pour se proclamer souverain de ce -pays. Le calife, impuissant à le soumettre, consentit par faiblesse à lui donner l'investiture de l'Egypte et à lui abandonner même la Syrie (936). Mais, en 910, Ibn Raïek, ex-émir al omrah, lui enleva la Syrie et essaya même de lui enlever l'Egypte. Après une guerre mêlée de succès et de revers, les deux rivaux firent un traité de paix par lequel Ibn Raïek conservait la plus grande partie de la Syrie, moyennant un tribut annuel au souverain de l'Egypte. Après la mort d'Ibn-Raïek, Mohammed-el- Ykhschid reprit la Syrie, dont il dut abandonner la moitié, quelque temps après, à un nouveau compétiteur, Ali-Seit-Eddaulah. Le sultan d'Egypte venait d'arriver à Damas, lorsqu'il mourut après un règne de onze ans. C'était un prince brave, mais superstitieux et dériant, toujours entouré d'une garde nombreuse. Il persécuta les chrétiens, à qui il extorqua des sommes considérables. Il ne laissait que des enfants en bas âge, qui régnèrent sous la tutelle de Kafour.

Y-kiug OU Livre de* tranftforiualiott* ,

livre sacré des Chinois, le premier de la série des liings. Selon les Chinois, l'auteur do ce livre est l'empereur Fo-hi, qui régnait trois mille ans avant l'ère chrétienne et qui est considéré comme le véritable fondateur de l'empire de la Chine. Confucius lui a donné sa forme définitive. Les matières contenues dans le Y-king peuvent se diviser en trois chefs principaux, qui sont la métaphysique, la-physique et la morale. Confucius a dû tronquer la partie métaphysique, car le Y-king ne s'étend presque point sur le premier principe; quant à la partie de la physique, elle expose certaines notions universelles; mais là, comme dans le Chou-king, comme dans tous les livres de Confucius, la partie la plus étendue, la plus considérable est la partie de la morale, et la morale du Y-king est absolument la morale de Confucius. Seulement, il ne faut pas croire que nous y trouverons plus de méthode et plus d'ordre que dans le Chou-king ou les Sse-chou, ou livres qui contiennent la doctrine de Confucius. Le Père Visdelou luimême est obligé de dire : « Quand je disque ce livre, le Y-king, traite de toutes les matières, il ne faut point croire, du moins pour les deux premières, que ce soit méthodiquement et avec ordre; c'est seulement par occasion et dans des morceaux détachés du texte et répandus çà et là. Mais ce qui, dans ce livre, peut être regardé comme un quatrième chef, c'est qu'il est le livre des sorts, livre qui, de toute antiquité, a servi aux prédictions. » Voilà donc que Confucius a fait du peuple chinois un peuple sans métaphysique, sans opinions rationnelles, mais qui a gardé la foi à toutes les superstitions les plus absurdes. « Tous les livres anciens des Chinois, continue le Père Visdelou, fournissent beaucoup d'exemples de ces sorts mis en pratique; le livre canonique Chou-king les recommande, ainsi que font les autres livres, et les histoires sont remplies de pareils exemples. Confucius non - seulement approuve ces sorts, mais encore il enseigne en termes formels, dans le livre canonique des transformations, l'art de lesinettre en pratique, et l'on ne peut douter que cette superstition, si générale dans le pays, n'ait pour fondement les paroles mêmes de Confucius. »

YK1YUZLYK s. ni. (i-ki-iu-zlik). Métrol.

Monnaie d'or turque, valant 250 piastres, soit 56 fr.25 c.

YLDEGOUZ ou YLDEKHOUZ (Scharaseddyn), fondateur de la dynastie des Atabecks de l'Adzerbaïdjan en Perse, mort à Hamadan en 1172 de notre ère. Tout jeune encore, il fut amené comme esclave en Perse, entra ensuite au service du sultan Mahmoud et, après la mort de ce prince, à celui de son frère Masoud (1134). Son mérite lui valut alors d'être élevé au rang d'émir et il reçut en fief le pays d'Arran, ainsi qu'une grande partie de l'Adzerbaïdjan. Ayant épousé, par la suite, la veuve du frère de Masoud, Yldegouz vit encore s'accroître son crédit. Il prit alors le titre d'Atabek (père du prince), devint maître d'une très-grande partie de la Perse it ne laissa aux sultans seldjatuides, dans les pays soumis à son autorité, que le droit d'être mentionnés dans la prière publique. Ce prince soutint une guerre heureuse contre le roi d'Arménie Georges III, dévasta pendant quatre ans les frontières de la

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Géorgie, vainquit et fit assassiner l'émir des Reï-Ynanedj et mourut après avoir joui pendant treize ans d'une autorité absolue. II eut pour successeurs ses deux fils Pehlevan- Mohammed et Kizil-Arslau.

YLIA s. m. (i-li-a). Miner. Terre qui provient de la décompositjon de la lave appelée grunstein.

YLIOTE s. m. (i-li-o-te — du grec ulé, bois). Entom. Syn. de Ptlus.

YMBERT (Jean-Albert), administrateur et littérateur français, né vers 17S6, mort en 1846. Il suivit la carrière administrative, occupa divers emplois au ministère de la guerre et devint maître des requêtes. Tous ses loisirs, il tes consacra à des travaux littéraires pour lesquels il avait un goût prononcé. Il collabora a divers journaux, fut un des rédacteurs de V Eloquence militaire (1818, 2 vol. in-8») et fit paraître l'Art d'obtenir des places ou Conseils aux solliciteurs (Paris, 1816), agréable facétie; l'Art de faire drs dettes et de promener ses créanciers (1822), plaisanterie publiée sous le voile de l'anonyme; les Mœurs administratives (1825, 2 vol. in-12). piquant tableau de mœurs. Mais c'est surtout comme auteur dramatique qu'il a. révélé un talent agréable et a obtenu des succès de bon aloi. Il a composé un assez grand nombre de pièces pour la plupart desquelles il eut des collaborateurs, notamment Scribe et Werner.

Nous citerons : le Mari sans le savoir (1817) ; le Solliciteur ou VArt d'obtenir des places (1817), comédie qui eut un grand succès; le Biner de garçon (1820); Y Somme automate (1320); l'Obligeant ou la Fureur d'être utile (1820) ; Trottin ou le Retour du sérail (1820) ; le Propriétaire sans propriété (1820) ; le Marchand de coco ou les Projets de réforme (1822) ; les Faubouriens ou la Philibert de la rue MouffeAard (1823); le Précepteur dans l'embarras (1823); la Ville neutre ou le Bourgmestre de Neusladt (1825) ; le Sous-chef ou la Famille Gautier (1825), etc.

YMBISE ou IMBISE (Jean d'), bourgeois de Gand, fumeux par le rôle qu'il a joué dans les troubles des Pays-Bas, mort sur l'échafaud en 1584. Il était depuis quelque temps bourgmestre de Gand, dont il avait fait relever les fortifications, et s'était rendu extrêmement populaire lorsqu'eu 157S il fomenta une insurrection dans le but de renverser le pouvoir du clergé et de le déposséder de ses immenses richesses, fit chasser les piètres, confisqua leurs biens, interdit l'exercice du culte catholique et donna des armes aux Gantois sous le prétexte de repousser l'agression des troupes wallonnes. Le prince d'Orange accourut bientôt et parvint aisément à rétablir le culte et à faire rendre les biens du clergé ; mais il n'eut pas plus tôt quitté Gand que Jean d'Ymbise, annulant les décisions du prince, chassa de nouveau les prêtres, fit mettre au pillage les églises et les couvents et bannit même les protestants qui blâmaient ces exactions. Joignant l'ambition à l'audace, il résolut de rendre ia ville de Gand indépendante et d'y commander en maître. Il déposa les magistrats pour leur substituer ses créatures et prit lui-même le titre de chef du conseil. Mais le prince d'Orange étant revenu à Gand, Jean, craignant qu'on n'instruisît contre lui, s'enfuit en Allemagne. S'étant ensuite rapproché de la Flandre,il parvint à gagner la confiance des géné- ] raux espagnols et, par haine du prince d'O- . range, il favorisa le progrès de leurs armes dans quelques villes où il avait du crédit. Rup- | pelé en 1583 par les Gantois menacés d'un siège par les Espagnols, il revint dans la ville et fut rétabli dans ses fonctions de bourgmestre; mais ses intrigues avec les Espagnols ayant été découvertes, il fut déposé et mis en prison. Sa correspondance n'ayant laissé aucun doute sur sa duplicité, il fut condamné à mort et exécuté.

Y-MER, géant primordial de la mythologie du Nord. Dans l'abîme du chaos, le ginnuugagap, se rencontrèrent les glaçons de Nifelheim et les rayons de feu de Muspelheim. Les glaçons se mirent à fondre, et de cette liquéfaction naquit Ymer, le premier être du monde. En même temps, naquit la vache Audhunibla, dont le lait nourrit Yiner. Il fut le père de toute la race des géants de glace qui prit naissance pendant son sommeil; par l'influence de la transpiration de son bras gauche, il engendra un homme et une feiutne; par celle de son pied, il produisit un fils, Thrudgelmer, père de Bergeîmer. La vache Audhumbla, de son côté, avait léché un bloc de sel et, en trois jours, il en était sorti un homme appelé Béer, qui eut pour fils Boer. Les enfants de ce dernier, Odin, Vile et Ve, tuèrent Ymer, et il sortit tant de sang de son corps que le déluge fut universel et que toute la race des géunts fut noyée. Bergeîmer, seul avec sa femme, se sauva dans un berceau ou dans une huche à pain. Les fils de Boer tirèrent le cadavre d'Yiner dans l'abîme du néant et en formèrent la terre. De son sang ils firent la mer et les lacs, de ses os les montagnes, de ses dents les rochers et les écueils, de son crâne le dôme du ciel et de sa cervelle les nuages.

YMNOSTÈNB s. m. (i-mno-stè-ne). Bot.

Syn. de lobklik, genre type des iobéliacées.

YN s. m. (inn). Philos, chin. Matière im-

YOGA

parfaite, grossière, obscure, terrestre, engendrée par le taï-ki.

YNAMBU s. m. (i-nam-bu). Ornith. Nom Sndigène du crjrpture ou tinamou, espèce de perdrix de la Guyane, du Brésil et du Paraguay.

YNCA s. m. (ain-ka). Ornith. Autre orthographe du mot inca.

YO s. m. (io). Instrument de musique d'un usage très-répandu chez las Chinois et qui est une sorte de flûte horizontale, en bambou verni, à douze trous : Le vo est l'accompagnement obligé des spectacles en plein vent et des théâtres de marionnettes; c'est l'instrument populaire par excellence, et tout Chinois en sait jouer plus ou moins bien.

Yo et le* principe* de 1789,- satire politique par M. H. Pessard. i L'esprit n'a pas perdu ses droits en France, dit M. Prévost- Paradol dans la préface de cet ouvrage, qu'il s'est chargé d'écrire, et ce petit livre en est la preuve. • Il serait, en effet, difficile de plaisanter plus agréablement que « cette fantaisie chinoise • sur un sujet grave et de donner à une triste vérité un air plus piquant et plus gai. L'auteur a voulu mettre en lumière le contraste qui peut aisément se remarquer entre les principes de 1789 inscrits en tête de toutes nos constitutions depuis soixante-dix ans' et les entraves légales dont est surchargée la liberté des citoyens. La forme satirique s'est naturellement présentée à sa pensée, parce que, en toute matière, le contraste entre ce qu'on dit et ce qu'on fait, entre ce qui est et ce qui devrait être, est un élément de comédie et prête facilement au ridicule.

On devine sans peine les scènes à travers lesquelles la fantaisie chinoise do M. Pessard doit se développer. Curieux, instruit, libre penseur, d'une indépendance qui lui a valu dans son pays des châtiments, son héros a entendu parler des principes de 1789 proclamés par la France, et a réMisé nu plus vite ce qui lui restait de fortune pour venir vivre dans la libre patrie des droits de l'homme et du citoyen. Que de mécomptes l'attendent à partir du jour où il met le pied sur notre sol I Plein de joie à la seule pensée qu'il devient l'hôte d un peuple éclairé et libre, il a aussitôt une première affaire avec le douanier, le gendarme et le commissaire de police 1 11 se heurte à toutes nos lois restrictives et tombe à chaque pas dans des délits et des contraventions dont il lui faut répondre devant le magistrat. Il veut se mettre en règle avec la loi en demandant h l'administration l'autorisation préalable exigée pour les actes importants de la vie; partout il est éconduit poliment. Il veut ensuite écrire; les journaux refusent sa prose, excellente et gratuite, mais d'une hardiesse compromettante. Il se rejette sur la publication d'une brochure; l'éditeur et l'imprimeur, qui tiennent à leur brevet, lui demandent comme une petite concession de vouloir lien en changer le titre, les idées et le style. Le bon Yo joint à son expérience celle des gens avec lesquels il vit et va recueillant toutes sortes de témoignages sur les atteintes arbitraires journellement portées contre tous les droits chez un peuple qui les a tous proclamés. Après avoir éprouvé combien la sécurité individuelle et les libertés politiques sont mal garanties pour les citoyens, il est moins étonné de se voir intimer, par simple mesure de police, l'ordre de quitter la Fiance, et il se hâte d'obéir pour ne pas être conduit à la frontière entre deux gendarmes.

Tel est le spectacle que nous donnons au Chinois Yo; qu'il ne nous décourage pas, car ■ notre bonne volonté, nos espérances, nos illusions même, dit M. Prévost-Paradol, sont une des dernières chances et des dernières richesses de la patrie. > Le procédé de M. Pessard n'est pas nouveau; il est emprunté aux Lettres persanes de Montesquieu et à l'Jngënu de Voltaire. La vieille réputation de sagesse des Chinois permettait à l'auteur de leur prêter les opinions les plus téméraires sur nos habitudes les plus invétérées et de leur faire juger de haut et de loin toutes nos erreurs. 11 l'a fait avec beaucoup d'esprit, et son livre est un modèle de grâce et de liberté philosophique.

YOCTAMDE s. m. (io-kta-ni-de). Hîst.

Descendant de Yoctau.

YOD s. m. (iod). Gramm. Dixième lettre de l'alphabet hébraïque, correspondant à notre y. Il Signe numérique de 10.

YODO, ville du Japon, dans l'Ile de Niphon, k 8 kilom. S.-O. de Meaco. Belle ville défendue par un château fort. Industrie florissante; commerce actif.

YÛGA s. m. (io-ja), pratique de dévotion indoue, sorte de contemplation extatique obtenue par des moyens artificiels, il On dit aussi voe&M.

— Philos, ind. Panthéisme indou.

— Encycl. Le mot yoya exprime l'union intime du dévot avec le grand litre, et tel est le but que se propose la secte de ceux qui portent dans l'Inde le nom de yogi. Celui qui aspire à ce genre de perfection doit se rendre insensible à toutes les impressions extérieures, indifférent k la peine et au plaisir. Le yoga ou contemplation mystique a pour but de spiritualiser l'homme en le faisant

YOKO

passer par quatre états successivement plus parfaits. Le premier état est appelé unité de lieu : dans cet état, l'âme se trouve, pour ainsi dire, habiter le même lieu que la divinité ; elle est comme en sa présence. Le second est appelé proximité : par la contemplation et l'étoignement des objets terrestres, la connaissance et la pensée de Dieu deviennent plus familières, l'âme se rapproche davantage de lui. Arrivée au troisième degré, la ressemblance, l'âme acquiert une ressemblance parfaite avec la divinité et participe en quelque sorte à ses attributs. Eniin, au quatrième degré, appelé identité, il s'opère une union complète et inséparable de l'âme et de la divinité. Mais, pour parcourir ces quatre degrés de perfection, il faut une longue suite d'années; la vie d'un homme n'y suffirait pas, et il faut qu'un grand nombre de renaissances permette au dévot d'en approcher sous différentes formes humaines.

Il y a dans cette doctrine une tendance spiritualiste qu'on ne peut méconnaître; elle se rapproche assez des doctrines extatiques de saint Bonaventure, auxquelles on peut la comparer, car tous les fanatismes se ressemblent. Mais le yoga est obtenu par des moyens artificiels qui le caractérisent suffisamment et en diminuent de beaucoup la portée. Les rituels indous sont pleins, à cet égard, de renseignements édifiants. Ils recommandent à ceux qui veulent jouir de cette contemplation céleste de se priver de sommeil et de se tendre l'imagination par une pensée soutenue, en même temps qu'ils retiendront leur respiration jusqu'à tomber en défaillance. L& suffocation est le moyen le plus ordinairement préconisé. Aussi représente-t-on le dévot, désireux d'atteindre le yoga, accroupi sur un siège de gazon, se bouchant les narines, la bouche et les oreilles avec ses deux mains et pressant sur ses talons la partie inférieure du corps, car il ne faut pas qu'une seule ouverture reste libre. Il y a d'autres moyens encore, comme de regarder fixement le soleil, dans la même posture, jusqu'à ce qu'on voie en l'air des étincelles ou des globes enflammés ; le patient tombe nécessairement en catalepsie; quelques-uns même perdent la vue, ce qui doit, en effet, perfectionner la contemplation intérieure. C'est à la catalepsie, à l'insensibilité que cet état provoque, aux hallucinations que donnent les veilles prolongées et le défaut de nourriture, que visent toutes ces pratiques. Nous voyons, en effet, dans les rituels que l'observation des prescriptions a pour effet d'abord d'agrandir le corps, puis de le rendre petit, imperceptible; de la, on acquiert la faculté de changer le cours de la nature, d'atteindre et de saisir les objets les plus éloignés, comme de toucher la lune du bout dti doigt; puisl'empire souverain sur tous les êtres et l'accomplissement de tous ses désirs. Ces résultats, dus à des désordres cérébraux, n'étonnent point ceux qui sont quelque peu familiarisés avec les bizarreries des maladies mentales.

YOGI ou YOGDI s. m. (io-ghi). Fanatique indou qui prétend s'unir étroitement au grand Etre, en se rendant insensible aux impressions extérieures.

YOKOHAMA, ville maritime du Japon, dans l'Ile de Niphon, sur la côte N.-O. de la grande baie de Yedo, k 22 kilom. S.-S.-O. de cette dernière ville et à 4 kilom. S. de celle de Kanagaiva, dont elle est séparée par la vaste et commode baie d'Yokohama ; 121,000 hab., dont 120,000 indigènes et 1,000 étrangers. C'est, après Nangasaki, la ville la plus importante du Japon pour le commerce étranger. Le port de Simodo, ouvert aux Européens par les premiers traités avec le Japon, ayant été reconnu insuffisant et offrant, du reste, peu de sécurité, on y substitua, en 1859, lianagawa, qui, dépendant des possessions immédiates du taïcoun, offrait les plus grands avantages k cause de sa position à la fois sur la mer et sur la route qui mène de Yédo à Miaco, à Osuka et dans le S. de Niphon. Le gouvernement japonais permit bientôt aux étrangers de fonder des établissements commerciaux k Yokohama, où, aveu une rapidité merveilleuse, s'éleva une ville entièrement neuve, avec de larges rues, un quai spacieux, une douane et deux ponts de débarquement en pierre massive.

Cette ville est un endroit plaisant; la population est divisée en étrangers et indigènes ; ces derniers, beaucoup plus nombreux, vivent séparés des autres , car chacun a son quartier particulier; celui des Japonais est éclairé au gaz, même par les nuits a clair de lune; dans celui des étrangers règne l'obscurité, quand la nuit vient; les autorités semblent attendre que ces étrangers prennent l'initiative d'éclairer la partie de la ville où ils résident.

Les rues de la ville sont étroites et en général très-tortueuses, presque sans trottoirs ; la faute en est, dans le quartier des étrangers, à ceux qui, ayant acheté des terrains pour bâtir, ont construit des habitations luxueuses, mais sans s'astreindre à un plan régulier, chacun prenant sur la rue l'espace qui lui convenait. L'esprit d'entente ne règne pas encore.

Quelques marchands étrangers sont devenus riches et forment une espèce d'aristoeratie; cependant le plus grand nombre a de la peine k vivre. Les missionnaires subsistent sur les fonds qui leur sont envoyés; mais les commis et les professeurs gagnent à peine le

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