‹ Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernesChapitre 1 sur 116 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

V aiiruiie époque de l'histoire de la musique on n'a, parle autant qu'on le l'ait aujourd'hui de l'Instrumentation, ha ra\son en est, sans doute, dans le développement tout moderne de cette branche de l'art, et peut être aussi dans la multitude de critiques, d'opinions, de doctrines diverses, de jugements, de raisonnements et de deraisonnements parles ou écrits, dont les plus minces productions des moindres compositeurs sont le prétexte.

itn semble attacher à présent beaucoup de priv à cet art rfnislriinientcrqu'oni^n<)i',ii(aiux)ii)nienc('ineiitdu>ii'('l(>d(Tnier,etdoiil4l)Hti(l aii,,hoaucoupdcgeii:-,quipassaient pour de vrais amis de la musique, voulurent empêcher 1 essor. On s'efforce, a rette heure,de mettre obstacle au progrès musical sur d'autres points. Il en fut toujours ainsi, il n'v a donc la n'en qui doive surprendre. On n"a dalmi-d m.hIii voir île musicjiie que dau« les ti«us ff harmonies consominiites; entremêlées do quelques dissonnanees par suspensions el quand IMoirleverdo tenta <le leur adjoindre I accord »le Septième sur la dominante sans préparation le blâme et les invectives de loule espèce ne lui iiiaii<|uèren( pas. Mais cette Septième une fois admise, maigre tout , avec les dissonnanees par suspension, on en >iul parmi ceux qui s'appelaient savants a mépriser toute composition dont l'harmonie eut èlé simple, douce, claire, sono ie, naturelle; il fallait absolument , pour plaire a ceux la, qu'elle fut criblée d'accords de seconde majeure ou mineure., de septièmeSjde neuvièmes, de quinte el quarte, employés sans raison rii intention quelconques, a moins qu'on ne suppose ace si) le harmonique cellod'èlre aussi souvent que possible désagréable a l'oreille. Ces musiciens avaient pris du goût pour les accords dissonants, comme certains animaux en ont pour le sel, pour les plantes piquantes, les arbustes épineux Celait l'exagération delà réaelion.

La mélodie n'existait pas au milieu de toutes ces belles ronibinaisons}qua-ud elle apparut, on cria à 1 abaissement, à la ruine de Fart, à l'oubli des règles consacrées, &c. &.-C:, tout était perdu évidemment. La mélodie s'installa cependant; la reaction mélodique, à son four, ne se fit pas attendre. Il y eut des mélodistes fanatiques,à qui tout morceau de musique à plus de trois parties était insupportable. Quelques uns voulaient que, dans le plus grand nombre de cas, le chant fut accompagne dune basse seulement, en laissant à Cauditeur le plaisir de deviner les notes complémentaires des aecor-ds. D'autres allèrent plus loin, ils ne voulurent pas du tout d'accompagnement. prétendant que 1 harmonie était une invention barbare.

la- tour des modulations arriva. 4 l'époque où l'usage était de ne moduler que dans les tons relatifs, le premier qui s'avisa de passer dans une tonalité étrangère fut conspue; il devait s'y attendre.fhicl que fut l'effet de cette nouvelle modidation,les maîtres la blâmèrent sévèrement. Le novateur avait beau dire-. <: Ecoutez-la bien.; vouez comme elle est doucement amenée, bien mot ivee, adroitement liée a ce y ai suit et précède^ comme elle résonne délicieusement]— IL NE S'AGIT PAS DE CELA, lui répondait -on, cette modulation est pro/iibee^donc il ne faut pas la faire] » mais comme au contraire il ne s^agitt/ue de ce/a, en tout et partout, les modulations non relatives ne tardèrent pas a paraître dans la grande musique, et a y donner lieu à des impressions aussi heureuses qu'inattendues. Presque aussitè>t naquit un nouveau genre de pedantisine; on vit des gens qui se croyaient deshonores de moduler a la dominai] te,et qui folâtraient agréablement, dans le inoindre Rondo^dn ton d^Ut naturel à celui de -Fa dièze majeur.

Le temps a remis peu a peu chaque chose a sa place.

(tua distingue l abus de 1 usage, la vanité reactionnaire de la sottise et de l'entêtement, et on est assez généralement dispose a accorder aujourorhui,en ce qui concerne 1 harmonie,la mélodie et les modulations,que ce qui produit un bon effet est bon, que ce qui en produit un mauvais est mauvaisrH que l'autorité de cent vieillards, eussent -ils cent vingt ans chacun, ne nous ferait pas trouver laid ce qui est beau, ni beau ce qui est laid.

Quant a 1 instrumentation, a l'expression et au rlivllune, c'est une autre affaire. Leur tour d'être aperçus, repousses, admis, enchaînes, délivres et exagères, n'étant venu que beaucoup plus tard, ils ne peuvent donc encore avoir atteint le point ou parvinrent avant eux les autres branches de l'art. Disons seulement que l'instrumentation marche la première; elle en est a l'evageration.

Il faut beaucoup de temps pour découvrir les méditerraiim'es musicales, et plus encore pour apprendre à ^ naviguer.

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