L.i quarte effleurée donne s;t douzième haute
Ce doigté est le plus facile et c'est celui qu'on doit préférer pour l'orchestre, quand il ne s'agit pas tl obtenir en son réel l.i douzième dune corde à vide, car dans ce cas le doigté par quinte est préférable. Ainsi pour faire entendre i ± u
solément un contre Si: ù ~ m il vaut mieux employer celle position /k — ^- | à cause du mi à vide dont la quinte ( si ) effleurée fait entendre son octave supérieure, et qui est plus sonore qu'une corde sur laquelle il faudrait ap -
[Hiver le premier doigt; comme par Exemple;
qui donne également ù m
Les doigtés, de la tierce majeure, et de la tierce mineure effleurées, sont très peu usités; les sons harmoniques sortant ainsi beaucoup moins bien.
La tierce majeure effleure'e donne sa double octave supérieure. exemple.
La Sixte majeure effleurée donne sa douzième supérieure. Ce doigté est moins usité que celui de la quarte, il est néanmoins assez bon et souvent utile.
La tierce mineure donne sa dix- septième majeure supérieure .
Doigt appuyé
Je le répète, les positions de quarte et de quinte effleurées sont de beaucoup les plus avantageuses.
Quelques virtuoses font entendre des double cordés en sons harmoniques, mais cet effet est si difficile a obtenir et, par conséquent, si dangereux qu'on ne saurait engager les auteurs a le jamais écrire.
Lss sons harmoniques de la 4e.me corde ont quelque chose du timbre de la Flûte; ils sont préférables pour chanter une mélodie lente. Ce sont eux que Paganini employait avec un si prodigieux succès dans la prière de Moïse. Les sons des autres cordes acquièrent d'autant plus de finesse et de ténuité qu'ils sont plus aigus; ce caractère même et leur timbre cristallin les rendent propres aux accords que j'appellerai Féeriques, c'est-à-dire à ces effets d harmonie qui font nailre de brillantes rêveries et emportent limagination vers les plus gracieuses fictions du monde poétique et surnaturel. Bien qiï ils soient aujourd'hui devenus familiers à nos jeunes Yiolonistes^l ne faut pas les employer dans un mouvement vif ou <\i\ moins il faut se garder de leur donner des successions de notes rapides, si Ion veut être certain de leur bonne exécution.
Il est loisible au compositeur de les écrire à deux, à trois, et même à quatre parties, selon le nombre des parties de violons. L effet de pareils accords soutenus est fort remarquable, s'il est motivé par le sujet du morceau et bien fondu avec le reste de l'orchestration. Je les ai employés pour la première fois, a trois parties, dans lé scherzo dune symphonie au dessus d'une quatrième partie de Violon non harmonique qui trille continuellement la note la moins aiguë. La finesse excessive des sons harmoniques est encore augmentée, dans ce passage, par l'emploi des sourdines, et, ainsi affaiblis, ils sortent dans les hauteurs perdues de l'échelle musicale, où il serait à peine possible d atteindre avec les sons ordinaires.
Je crois qu'il ne faut pas négliger en écrivant de semblables accords de sons harmoniques de désigner en notes de forme et de grosseur différentes, placées les unes audessus des autres, la note du doigt effleurant la corde et celle du son réel (quand on effleure une corde à vide) et la note du doigt appuyé, celle du doigt effleurant la corde et celle du son réel, dans les autres cas. Il est donc nécessairequelquefois d'employer ensemble trois signes pour un son unique sans cette précaution, 1 exécution pourrait devenir un gâchis inextricable où l'auteur lui même aurait de la peine à se reconnaître.
ROMEO pt JULIETTE Ail
(BKKUOZ 1
Les sourdines sont de petites machines en bois qu'on place sur le chevalet des instruments, à cordes pour affaiblir leur sonorite,et qui leur donnent en même temps un accent triste, mystérieux et doux, dont lapplicalion est fréquemment lieureiise dans tous les genres de musique. On se sert en général des sourdines pour les morceaux lents principalement; elles ne fonl pas moins bien tonte foi?, quand le sujet du morceau lindique, pour les dessins rapides et légers, ou pour dés accompagnements dun rhylhme précipité. Gluck la bien prouvé dans son sublime monologue del'AIceste Italienne Chi mi parla.
L usage est, quand on les emploie, de les faire prendre par toute la masse des instruments à cordes-, il est pourtant certaines circonstances, plus fréquentes qu'on ne croit, ou les sourdines mises à une seule partie (aux premiers Yiolons par ex emplej coloreront 1 Instrumentation dune façon particulière, par le mélange des sons clairs et des sons voilés. Il en est d autres aussi ou le caractère de la mélodie est assez dissemblable de celui des accompagnements pour qu'on doi\e en tenir compte dans lemploi de la sourdine.
Le compositeur en introduisant lnsage des sourdines au milieu d'un morceau (ce qu'il indique par ces mots: Consordini) ne doit pas oublier de donner aux éxécutans le temps de les prendre et de les placer; il aura soin en conséquence de ménager flans les parties de violon un silence équivalant à peu près à la durée de deux mesures à quatre temps, (moderato.,
Un silence aussi long n'est pas nécessaire quand les mots senza sordini indiquent "qu'il faul les enlever, ce mouvement pouvant s'opérer en beaucoup moins de temps. Le passage subit des sons ainsi affaiblis dune masse de Violons aux sons clairs, naturels, (sans sourdines ) est quelquefois d'un effet prodig-ieux.
ROMEOet JULIETTE.
LL*K".i'vEN si
1 '- X— Divises