‹ Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernesChapitre 109 sur 116 · LE TAMBOUR · texte numérisé non relu

LE TAMBOUR

Les Tambours proprement dits, appele's aussi Caisses claires, sont rarement bien placés ailleurs que dans les grands orchestres d'instruments à vent. Leur effet est d'autant meilleur et s'ennoblit d'autant plus qu'ils sont en plus grand nombre; un seul tambour, surtout quand il figure au milieu d'un orchestre ordinaire, m'a toujours paru mesquin et vulgaire Disons cependant que M. \leverbeer a su tirer une sonorité particulière et terrible de l'association d'un tambour avec les timbales pour le fameux roulement en ereseenr/o de la bénédiction des poignards, dans les ffinjuenols. Mais huit, dix et douze tambours et plus,exécutant dans une marche militaire des accompagnements rhvlhmes ou des ernsvemln en roulements, peinent être pour les instruments axent de magnifiques et puissants auxiliaire. De simples rhytbmes sans mélodie, ni harmonie, ni tonalité, ni rien de ce qui constitue réellement la musique, destines seulement a marquer le pas des soldats, deviennent entraînants,exécutés par une masse de quarante ou cinquante tambours seuls. Kl ('est peut être l'occasion de signaler le charme singulier aillant que réel qui résulte pour l'oreille de la multiplicité des unissons,où de la reproduction simultanée par un très grand nombre d'instruments de même nature, du bruit quelconque qu'ils produisent. Ainsi, on peut avoir remarque ceci en assistant aux exercices des soldais d'infanterie: aux commandements de porter et de t/eposer les armes, la petite crépitation des capucines du lusil et le coup sourd de la crosse tombant sur la terre ne signifient rien d'aucune manière quand un, ou deuv.'.u trois, ou même dix et vintcl hommes les font entendre; mais que la manœuvre soit exécul-'e par mille hommes, et aussitôt ces mille unissons d un bruit insignifiant par lui même donneront un ensemble brillant qui attire et captive involontairement l'attention, qui plaitre.t dans lequel je trouve même quelques vagues et serreles harmonies

On emploie les tambours voiles comme les timbales, mais, au lieu de couvrir la peau dun morceau de drap,les execulans se contentent souvent de lâcher les cordes .du limbre,ou de passer une courroie entre elles et la peau inférieure, de manière a en empêcher les vibrations. Les tambours prennent alors un son mal el sourd, assez analogue à celui qu'on produirait en voilant la peau supérieure el qui les rend propres seulement aux compositions dun caractère funèbre ou Lerrible.

LA CAISSE ROLLAATE.

La Caisse roulante n'est qu'un tambour un peu plus long que le précédent, el donl la caisse est en bois au lieu d'être en cuivre. Le son en est sourd et assez semblable à celui des tambours sans timbre nu voiles. Il produit un assez bon ef let dans les musiques militaires, et ses roulements obscurs servent de demi-teinte- à ceu\ de, tambours. C'est une laisse roulante que Gluck a e.mplovée pour frapper les quatre croches continues dont le rhvthmc est si barbare, dans le choeur des scvtbes d' Iphiqénte en Tauriile ( Voyez l'exemple N.<>4 )

LE TllIAXGLE.

Dmil on l'ail aujourd'hui, comme de la «rosse caisse, connue des cymbales, comme des fini h.ilivs. comme des trom .houes, comme de (oui ce <|iii tonne, éclate el retentit, un abus si déplorable, trouve encore plus difficilement que ces divers insli'uments l'occasion de se placer à propos dans I orchestre; son bruit métallique ne convienl quaux mur f i,iii\ d un caractère excessivement brillant dans le forte, ou d une certaine bizarrerie sauvage dans le piano. Weber la bcui'eiisemenl mis en évidence dans ses choeurs de Bohémiens de Préciosa. et Gluck bien mieux encore dans le majeur de son elïravant ballet des Scythes., au premier acte d Jphïf/enie eti Tauride.

Ln peu anime.

N?fifi.

IPHIGEME in TAL'KIDK. ((.ll/< k .)

COUS en \\v

LE PAVILLON CIIIAOIS.

Avec xs nombreux clochetons; sert S brillanlcr les morceaux d'éclat, les marches pompeuses des musiques militaires ; il 'ne.jieul secouer sa chevelure sonore. qu'à des intervalles assez peu rapproches,' Cvesi à dire a peu pics deux fois par mesure, d,HK mi mouvement modère.

Nous ne (liions rien ici de quelques instruments plus ou moins imparfaits et peu connus, tels cjuc l'fv>lidi< on, l'Aii'inocui de. l'Acordcon. !c Poililoi-ueje Sistre antique, vie , renvoyant les lecteurs curieux de les connaître à l'excellent ti-mh ijené?-nl <i ins .Ivnmciitttlirmi de U''h„-'nc nous n'avons pour but. dans ce travail, que d'étudier les instruments employés dans la musique moderne, en cherchant a découvrir d'après quelles lois on peut établir entre eux d'harmonieuses sMiipalhics.de saisissants cou - -Irastes, en lenant compte surtout de U-ur tendances expressives et du caractère propre à chacun deux

IASTRUMEATS AOIYEAOL.

Lnulcur de cet ouvrage n'est point obligé, sans doute, de mentionner la multitude d'essais de toute espèce, que font jour, nellemepl les fabricants d'instruments de musique, leurs prétendues inventions plus, ou moins malheureuses, ni défaire connaître les individus inutiles qu'ils veulent introduire dans le peuple des instruments. Mais il doit signaler et recommander <\ l'attention des compositeurs les belles découvertes que d'ingénieux artistes ont faites, surtout quand l'excellence du résultat de ces découvertes a été généralement reconnue, et quand leur application est déjà un l'ail accompli dans la pratique musicale d'une partie de l'Europe. Ces producteurs sont au reste peu nombreux, et M.MT Adolphe Sas et Alexandre se présentent à leur tète.

Ml Sax, dent les travaux vont nous occuper d'abord, a perfectionné, je l'ai déjà indiqué ca et là dans le cours de ce travail, plusieurs instruments anciens. Il a en outre comblé plusieurs vides existant dans la famille des instruments de cnL vre. Son principal mérite néanmoins est la création d'une famille nouvelle, complète depuis quelques années seulement, celle des instruments à anche simple, à bec de clarinette et en cuivre.

Ce sont les Saxophones. Ces nouvelles voix données à l'orchestre possèdent des qualités rares et précieuses. Douces et pénétrantes dans le haut, pleines, onctueuses dans ]e grave, leur médium a quelque chose de profondément expressif. C'est, en somme, un timbre uni aeneris^ offrant de vagues analogies avec les sons du violoncelle, de la clarinette et du cor anglais, et revêtu d'une demLleinle cuivrée, qui lui donne un accent particulier.

Le corps de l'instrument est un cône parabolique en cuivre, armé d'un système de clefs. Agiles, propres aux traits d'une certaine rapidité, pr.suu'autanl qu'aux cantilènes gracieuses et aux effets d'harmonie religieux et rèveurs,les saxophones peuvent figurer avec un grand avantage dans Ions les genres de musique, mais surtout dans les morceaux lents et doux.

Le timbre des notes aiguës des saxophones graves a quelque chose de pénible et de douloureux, celui de leurs rotes bas shs est au contraire d'un gi. rdiose calme pour ainsi dire portificaî. Tous, le Baryton et la Basse principalement, possèdent la faculté d'enfler et d'éteindre le son-, d'où résultent, dans l'extrémité inférieure de l'échelle, des effets inouïs jusqu'à ce jour qui leur sont tout à fait propres et tiennent un peu de ceux de l'orgue expressif. Le timbre du Saxophone aigu est beaucoup plus pénétrant que celui des clarinettes er Si b et en 1 1 , sans avoir l'éclat perçant et souvent aigre de la petite clarinette en Mh On 'peut en dire autant du Soprano. Les compositeurs habiles, tireront plus tard un parti merveilleux des Saxophones n«s(.cjés a la famille des clarinettes, ou introduits dans d'autres combinaisons qu'il serait téméraire de chercher à prévoir.

Cet instrument se joue avec une grande facilité, le doigté procédant du doigté de la finie et de celui du Hautbois. Les clarinettistes déjà familiarisés avec l'embouchure, se rendent maîtres de son mécanisme en très peu de temps.

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