LES TIMBALES
De tous les instruments à percussion, les Timbales me paraissent être le plus précieux, celui dumoins dont l'usage est le plus gênerai, et dont les compositeurs modernes ont su tirer le plus d'effets pittoresques et dramatiques . Les anciens maîtres ne s'en servaient gueres que pour frapper la Tonique et la dominante sur un rhythme plus ou moins vulgaire , dans les morceaux d'un caractère brillant ou a prétentions guerrières; ils les associaient, en conséquence, presque toujours aux trompettes .
Dans la plupart des orchestres il n'y a encore aujourd'hui que deux timbales dont la plus grande est destinée ausonle plusgrau'.
L usage est de leur donner la première et la cinquième noie du ton dans lequel est écrit le morceau ou elles doivent il -
rurer . Quelques .maîtres avaient, il y a peu d'années encore, l'habitude d'écrire invariablement
les timbales
se bornant a indiquer au début les sons réels que ces deux notes devraient représenter; ainsi ils écrivaient: Timbales en D. et (les lors Sol Ut signifiaient
; Timbales en G , et Sol rf voulaient dire:
es d
ces deux ex
cm pi es vont suffire a démontrer les vices d'une pareille méthode . détendue des timbales est d'une octave , de K)s ii à ^-f-fl
cYsl-a-dire qu on peut au moven des vis qui pressent la circonférence, appelée le Chevalet, de chaque timbale, et augmen
tenl ou diminuent la tension de la peau, accorder la timbale grave sur tous les tons suivants
et la timbale haute sur ceux ci:
Or, en supposant que les timbales soient destinées a ne faire entendre que la Tonique et la dominante, il est bien évident que ).\ dominante n'occupera pas dans tous les loiis la même position relativement a la tonique et que les timbales devront être en conséquence accordées tantôt en quinte et tantôt en quarte. Dans le ton rf'O, elles seront en quarte, la dominante m
trouvant nécessairement au £rave
puisqu'il n'y a pas de sol liant ( Bien qu'on put en avoir); il en
de même en fie fiemol ', en Ré tj , en Mi \> , et en Mi\ ; mais en Sib , le compositeur est libre de faire accorder ses timbales en quinte ou en quarte, de mettre la tonique au dessus ou au dessous, puisqu'il a deux Fa a sa disposition. Laernid
en (luaili
sera sourd, la peau des deux timbales se trouvant alors Ires peu tendue; le Fa surtout sera fias que et d'un mauvais timbre; l'accord en quinte k)1 . J P II devient sonore par la raison opposée. Il en est de même
ou en quarte
des timbales en Fa fa , qui se peuvent accorder de deux manières; en quinte
dans lestons de Sol, La 9, et La fa , au contraire, l'accord sera forcement en quinte, puisqu'il n'y a pas de Ré, de Mi{?, ni <|e Mi D grave . Il n'y a pas besoin, a la vérité, de designer en ce cas l'accord en quinte puisque le timbalier sera forcé de l'adopter; mais n'est il pas absurde d'écrire des mouvements de quarte quand l'exécutant doit faire entendre des mouvements de quinte, et de présenter aux veux comme la noie la plus basse, celle qui, pour l'oreille se trouve être la plus élevée; et vi.ee
Timbales on La lînmol .
La raison principale do ce bizarre usage de traiter les timbales en instrument transporteur, était sans doute da.ns l'idée une s'étaient (aile tons les compositeurs, que les timbales ne devaient donner que la tonique el la dominante ; quand on se fut aperçu qu'il était souvent utile de leur confier d'autre notes on dut en venir nécessairement a écrire les sons réels Dans le lait, on accorde maintenant les timbales de toutes les manières possibles en tierce mineure ou majeure, en seconde, en quarte juste ou augmentée, en quinte, en sixte , en septième el en octave. Beethoven a
dans sa huitième svmphonie, et dans la neuvième
tire de chai niants effets de l'accord en octave Fa Fa
avec choeurs . Les compositeurs se sont plaints pendant de longues années de la nécessité fâcheuse ou ils se trouvaient, faute d un troisième son de timbales , de ne pas employer cet instrument dans les accords dont aucune de ces deux notes ne faisait partie-, on ne s'était jamais demandé si un seul timbalier ne pourrait pas jouer sur trois timbales. Enfin, un beau jour, celui de 1 opéra de Paris avant démontre que la chose était facile, on osa tenter cette audacieuse innovation;, et depuis lors, les compositeurs qui écrivent pour l'opéra ont a leur disposition trois notes de timbales. Il a fallu soixante dix ans pour en venir la!... Il serait mieux encore, évidemment, d'avoir deux paires de timbales et deux timbaliers , c'est ainsi qu'on a procède dans l'orchestration de plusieurs symphonies modernes. Mais le progrès ne marche pas si vite dans les théâtres, il faudra bien quelques vingt cinq ans encore pour y obtenir celui-là.
On peut employer autant de timbaliers qu'il y a de timbales dans 1 horchestre de manière a produire a volonté, suivant leur nombre , des roulements, des rhvthmes et de simples accords à deux, a trois, ou a quatre
pallies . Avec deux paires , si l'une est accordée en La D Mi \> ^9'" — ^ Fa
par exemple, et l'autre en f V
pourra, avec quatre timbaliers, faire entendre les accords suivants a deux , a trois
quatre parties :
fi m baies eu Li: Et' Deux Timbaliers.
Timbales en Z«h 31 i 9. Izcsi \)cu\ Timbaliers. \- —
Sans compter les Enharmoniques comme: \ pour produire, dans le tonclèiBéj>iniii: l'accord:
Ou celui-ci, en t/ S > mineur
gabssJEEi
et l'avantage d'avoir au moins une note a placer
dans presque tous les accords qui ne s'éloignent pas trop de la tonalité principale C'est ainsi que peur obtenir une certaine quantité d'accords a trois, quatre, et cinq parties plus ou moins redoublées, et en outre un effet saillant de roulements Ires serrés, j'ai employé dans ma grande Messe des morts huit paires de timbales accordées «le différentes manières , el dix timbaliers .
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