‹ Grande-Bretagne et Canada, questions actuelles [microforme]Chapitre 10 sur 105 · RÉVOLUTION AMÉRICAINE · texte numérisé non relu

RÉVOLUTION AMÉRICAINE

Le gouvernement anglais voulut faire Supporter aux colonies américaines une partie des frais de leur défense et de la guerre de Sept Ans. Cette première tentative d’impérialisme politique produisit le formidable événement qui donna le jour à l’une des plus grandes Puissances modernes. Cette réaction immédiate fut d’ailleurs profitable À Ja Grande-Bretagne etau Canada. Réalisant Je vœu de lord Chatam, la révolution américaine Enraya les progrès de la folie impérialiste en Angleterre ( 1). Elle nous ouvrit l'ère de l’émancipation politique et de la liberté constitutionnelle. nombre «pps ne ne Grand homme d'Etat Bug ringurement À {à cscranbre des Lords. e 18 désirait conserver à l'Angleterre ses colonies d Amériae et cependant il s'écriait : “Si j'étais Américain comme je suis Anglais, tant qu'une armée étrangère Occuperait le sol de ma patrie, jamais À pi ne d Jamais— Jamais !” Evidemment, si Chatam vivait aujourd'hui, il mé. riterait d'être Conspué comme traître ct pro-Boer !

On s’est parfois étonné de la répugnance avec laquelle l’'Angleterre concéda aux provinces canadiennes une autonomie que les colonies américaines avaient obtenue dès longtemps. La contradiction disparaît, si l’on considère ce que j'ai dit tantôt : que l'Angleterre n’accorda tant de liberté aux plantations qu'afin de se débarrasser elle-même d’un fardeau gênant. D'autre part, et bien à tort, la révolte des Anglo-Américains, résultat des empiètements du gouvernement de Georges III, de North et de Grenville, fut mise au compte de l’autonomie coloniale. I1 n'est donc pas étonnant qu’on nous refusât des avantages qu'on avait accordés aux autres colonies dans le but exclusif de sauvegarder les intérêts de la mère-patrie,

Pour bien comprendre les relations de l'Angleterre et de ses colonies, il faut s’éclairer à la lumière de ce fait constant : c’est que l'intérêt exclusif de l'Angleterre fut le seul mobile de ses gouvernants chaque fois qu’ils eurent à modifier l’état colonial.

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