ORIGINE DE L'INSTINCT IMPÉRIALISTE
L’impérialisme n’est Pas une tendance nouvelle en Angleterre ni un produit de l’époque moderne. On en trouve le germe, avec celui de tous les mouvements sociaux, dans la nature même de
L'équilibre entre ces deux instincts constitue la meilleure garantie de liberté individuelle et de prospérité nationale.
Dans ie domaine politique, qui nous intéresse seu] en ce moment, on peut dire que l'esprit d'association et d'expansion doit se pro-
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portionner à la force intellectuelle et physique de la race, et s’adapter aux condftions particulières du pays où cette race a puisé ses instincts ataviques. Une nation qui cherche à franchir ces bornes fait des efforts excessifs, violente son tempérament et, par suite, impose à ses citoyens un surcroît de sacrifices personnels. Sous le coup de l’orgueil, de l'enthousiasme ou du désespoir, la communauté nationale consent à ces sacrifices ; Mais il se produit inévitablement une réaction individualiste, dont la violence correspond à la tension précédente et ramène l'association en deçà de ses limites normales.
C’est l’histoire de tous les empires depuis l'aurore des temps ; et, comme pour la vie humaine, on peut en jalonner les étapes en quelques mots : naissance, croissance, expansion, décrépitude, mort.
Quel point de la route l'Angleterre a-t-elle atteint ? Jusqu’à quel moment devons-nous la suivre ? Voilà le problème dont je veux poser ce soir quelques données, sans avoir la présomption de le résoudre.
PREMIÈRE CROISSANCE DE L’'ANGLETERRE CONQUÊTE DE L'ÉCOSSE ET DE L'IRLANDE
Comme les autres nations, l’ Angleterre possédait, dès son origine, les germes favorables et contraires au développement de l’impérialisme. Comme chez les autres peuples aussi, l'instinct contraire fut le premier et longtemps le plus fort. Les tendances impérialistes se développèrent beaucoup plus lentement qu'ailleurs ; peut-être seront-elles plus irrésistibles et plus désastreuses.
La première limite naturelle d’une nation, c’est le milieu géographique, puis l’unité de race qui en est le résultat. Le cadre géogragraphique du peuple anglais était bien déterminé. L'unité de la Grande-Bretagne s’imposait : l'Angleterre devait conquérir l’ Ecosse ou être conquise par elle. L’Angleterre l'emporta et ce fut le grand effort de sa période de croissance. L’assimilation de la race écossaise fut extrêmement profitable au peuple anglais.
Les historiens s'occupent davantage des guerres continentales de l'Angleterre parce qu’elles mirent en œuvre plus de forces et qu’elles
pour les autres nations, ces alliances féodales et les luttes qu’elles entraînèrent permirent aux peuples et aux races de s'établir sur
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leurs bases normales. La cause des princes devenait celle des peuples. Et après une succession de victoires et de défaites, de conquêtes et d’expulsions, chacun des peuples du continent recueillit sa part légitime de territoire, de grandeur et de prospérité.
En dépit de ses nombreux triomphes, l'Angleterre dut finalement rentrer dans ses frontières. Et Sa grandeur commença le jour où elle renonça à ses conquêtes d’outre-Manche. Le temps n'était
À part cette faute, fruit de: haïnes de la Réforme, l’Angleterre d’Élizabeth et de Cromwell trouva sa vie normale : développement intense de l’activité intérieure, bientôt accrue par la découverte du charbon et l’utilisation de la vapeur ; — à l'extérieur, politique de neutralité, sauf les interventions destinées à maintenir l'équilibre entre les puissances continentales et empêcher qu’aucüne d’elles ne devint une menace Pour Son commerce et sa sécurité.