‹ Grande-Bretagne et Canada, questions actuelles [microforme]Chapitre 68 sur 105 · INTERPRÉTATION EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION EN ANGLETERRE

guerre sud-africaine, Je ne choisis que quelques unes des déclarations des principaux chefs de groupes.

LE MARQUIS DE LANSDOWNE (libéral-unioniste), se-

crétaire d'Etat (Guerre ). Discours à la fête annuelle des Couteliers, à Sheffield, le 2 novembre 1899 :

volontaires que les colonies désiraient nous fournir, Toutefois, à mon sens, la valeur de cette armée coloniale we doit pas se mesrrer seulement d'après

tés ; d'abord, que les mots ++ Plus Grande Bretagne (Greater Britain)" ne sont pas

u, dans une aquelle nous

Right Honourabl: Ç. T. RITCHIE, M. P. (conservateur).

Discours au banquet annuel de l'Association locale des Unionistes, à Laughton, Essex, le 8 novembre 1899 :

Toute malheureuse que soit cette guerre, elle a eu Pour résultat de resserrer davant les liens qui unissent la mère-patrie aux colonies ; et elle a prouvé qu'à l'heure du danger, quand les intérets de notre Pays sont menacés, nos concitoyens t'itndront de toutes Les colonies nous Préter main forte, {E, P, H, Vol, I, p. 80).

M. GEORGE WYNDHAM, M. P. (conservateur), sous-secrétaire d'Etat (Guerre). Discours au banquet annuel du maire de Douvres, le 13 novembre 1899 :

Cette guerre nous a révélé, dans toute sa plénitude, #ve source de force impériale dont la puissance et l'étendue était demeurée jnsgn ici insoupjonné, Cette source de force impériale se trouve dans le Courage magnifique, dans la discipline et la fidélité de nos colonies... Voilà qui a été surabondamment prouvé au Sud-Africain, Ze Canada ct l'Australie nous en ont donné de gage et La garantie, —(E, P, H., vol, I, P. 111),

Sir MICHAEL, HICKS-BEACH (conservateur), chancelier de l’Echiquier {iinistre des Finances). Discours au banquet an-

nuel de la ‘‘Dolphin’s Society'”, à Bristol, le 13 novembre 1899 :

Cette cam € nous rappellera toujours que les grandes colonies autonomes sont venues, de l’autre extrémité du globe, prêter main forte à la mère-patrie, Comme

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l’a tort bien dit le colonel Chaloner, ce sera le germe d’un mouvement qui, dirigé par une-politique sage et patiente, conduira l'empire à l’union — à une union qui lui donnera cohésion et force dans toutes les luttes qu’il aura à soutenir contre d’autres nations. Voilà le grand enseignement qui se dégage de la guerre. —{£. P. H., vol. I, p. 108).

Right Honourable JOSEPH CHAMBERLAIN (libéral-unioniste), secrétaire d'Etat (Colonies). Discours à Leicester, le 29 novembre 1899 : ;

.…...Ï1 y a encore lieu de nous réjouir, tous ensemble, du patriotisme qu'ont manifesté nos grandes colonies autonomes, le Canada et l’ Australie, deurs contingents sont rendus sur le théâtre de la guerre ; et de fait, les dépêches de cr soir nous apprennent qu’ils ont déjà engagé la lutte. Quel spectacle grandiose que celui de l’Empire uni comme un seul homme contre tous ses ennemis ! Ce n’est fas tant l'importance matérielle de l'aide des colonies que nous prisons — même à ce titre, ce concours nous est, du reste, fort acceptable ;—mais il nous est éeaucoup plus précieux parce qu’il démontre aux yeux du monde entier l'unité absolue de l'Empire dritannigne. À l'avenir, du moins, qu’on sache bien, à l’étranger comme au pays, au’il ne saurait se commettre d’injustice à l’égard d’une partie quelconque ae l’Empire sans que toutes les autres parties se sentent atteintes par contre-coup et apfortent chacune leur quote-part de secours. Et ne trouvons-nous pas dans cette action des colonies autre chose encore qu’une preuve de l’unité de l’Empire ? Oui : il y a aussi un témoignage à la justice de notre cause. On prétend que la soif de l’or est notre unique mobile dans cette guerre. Que signifie alors l’attitude de nos colonies de l’ Australie et du Canada, si jalouses de leur liberté ? Aux calomnies de la presse étrangère que nous sommes forcés d’entendre, nous opposons le témoignage, en paroles ct en action. de nos colonies autonomes... (E. P. H., vol. I, page 215).

Right Honourable J. G. GOSCHEN (conservateur), first lord of the Admiralty (ministre de la Marine). Discours aux quartiers généraux des jers Carabiniers de Middlesex, Berkeley Square. Londres, 18 décembre 18909.

Après avoir fait l'historique de la guerre d'Afrique et analysé les causes des revers de l’armée anglaise, M. Goschen dit :

Nous avons trouvé une nouvelle compensation dans l'attitude de nos colonies qui se sont prises d’enfhousiasme pour l’idée impérialiste ; elles savent que dans cette guerre il y a plus en jeu que l’heur ou le malheur de la mère-patrie ; elles savent que chacune des parties de l’Empire est profondément intéressée dans le résultat de cette lutte ;—et de toutes les colonies nous viennent des offres réconfortantes de secours et d’appui efficace..…..(E. P. H., vol. I, page 298).

Right Honourable À. J. BALFOUR (conservateur), first Lord of the Treasury. Discours à Manchester, 8 janvier 1900 :

ss. J'ai été forcé d’avouer qu’à plusieurs égards la guerre a été, jusqu’aujourd’hui, remplie de mécomptes et qu’elle a trompé les calculs des autorités militaires les plus compétentes. Ne croyez pas, toutefois, que je considère, même aujourd’hui, qu’elle n’a pas été fertile en exploits héroïques et en conséquences très heureuses pour P Empire... Songez au frémissement de sympathie qui, parti de la mère-patrie, du centre de l’Empire, a pénétré jusqu’à ses extrémités d’où il est revenu réconforter le cœur même de la mère-patrie. Toutes nos colonies et nos dépendances ont vibré à l'unisson ; le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande—et l’ Inde avec ses grands princes, nos feudataires, — tous se sont unis dans une pensée commune, prêts à faire des sacrifices communs pour atteindre un but commun. Est-ce donc là un si mince résultat ? Au contraire, à mes

Jeux, tout est li... Au dire des critiques étrangers, [cette guerre est le signe avantcoureur de l'effondrement jde l'empire qu'ils détestent cordialement et qu'ils jalousent si fort ; qu’ils détestent peut-être parce qu’ils le jalousent. J’envisage la situa tion sous un tout autre jour. Bien loin d’être à mes yeux le signe avant-coureur de la ruine de l’empire, cette guerre aura contribué, #/us que tout autre évènement que l’histoire du passé puisse faire revivre à ma mémoire, à nous faire comprendre que nous sommes ciloyens d’un :ommun empire et à nous faire acquérir ces qualités morales qui constituent le seul espoir, la seule base stable de tout empire, (E.P.H, Voi.l,pp. 334).

LORD KIMBERLEY, (libéral), leader du parti libéral à la Chambre des Pairs. Discours au Club Libéral de Newcastle-on- Fyne, le 14 novembre 1899 :

.….... Quel que puisse être ie résultat final de cette guerre, il est au moins un gain qu’on ne saurait nous enlever : c’est que les colonies estiment aujourd’hui qu’elles font véritablement partie intégrante de l’Empire et qu’au besoin e//s sont prétes à Lartager avec nous le lourd fardeau qu'impose le maintien de cet Empire, (E. P. H. vol. Ï, p. 118)

LE COMTE DE ROSEBERY, (libéral-impérialiste). Discours à Chatham, 23 janvier 1900 :

..... Nous avons subi une lourde perte de prestige ; et bien que le mot ‘prestige’ ? n’ait pas toujours été en bonne odeur dans notre pays, tout esprit sérieux doit convenir que le prestige est un gage de puissance et un actif fort important dans la possession d’un empire... Sans doute, je pourrais dire que nous trouvons une ample compensation à nos pertes dans la force de caractère de notre peuple, que l’épreuve subie a si bien démontrée. Mais j'irai beaucoup plus loin. Nous devons tenir compte d’un gain encore plus important. Ilya vingt-cinq ans, l’Empire n'existait que de nom. Il était de mode de le considérer comme un Corps sans cohésion, qui se désagrégerait au premier moment ; et on escomptait déjà l’heure où les colonies se sépareraient de la mèrepatrie pour s’établir à leur propre compte. J'ai parfaite souvenance de cette époque et quelques uns d’entre vous en ont sans doute également conservé le souvenir. Si cette guerre-ci n’a pas produit d’autres résultats, é// nous à au moins Drouvé une chose : c'est que l’Empire est un fait accompli, qu’il repose sur un roc solide, et qu’il n’est pas seulement un amas insignifiant de pays éparpillés de par le monde. L'Australie, le Canada, et même les populations de certaines parties importantes des Indes, ont fait preuve d’un'courage et d’une énergie qui ne le cèdent en rien aux qualités que la mèrepatrie elle même a déployées... Quand nous n’aurions fait autre chose que d'acquérir, au prix méme de tous nos revers, la certitude que l'Empire est uni et qu’il est devenu, en conséquence. un facteur tout-puissant dans l'équilibre du monde, cette guerre serait Pour nous une fransaction profitable... Tout onéreuse que soit notre tâche actuelle sur le théâtre de la guerre, l’œuvre qui nous reste à accomplir, la guerre finie, est la plus formidable qui se soit jamais i:.posée À une nation... Ce que vous avez à faire, dès que la guerre sera terminée, ess d'organiser l Empire sur le Died des affaires, Et c’est, à mon avis, une tâche à laquelle les gouvernants actuels et beaucoup peut-être des ministères qui leur succéderont, devront consacrer leurs efforts avant que l’Empire ne devienne ce qu'il doit être. (E. P. H., vol. I, pages 386 à 389).

Persistance et nature du mouvement impertaliste en Angleterre *

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