ESSEX
Vemperesse Mathilde créa' premier comte d' Essex Geoff roi de Mandeville, fils d'une fille d'Eudes Dapifer. Geoffroi de Maiideville étant mort misérablement, et ses deux fils Geoffroi et Guillaume n'ayant pas eu d'enfants, le roi Jean nomma comte d'Essex Geoffroi Fitz-Peter de Ludgershall , qui par sa femme avait des droits éloignés à !a succession des Mandeville * . Ce seigneurlaissa deux fils, Geoffroi et Guillaume, et une fille,Matliilde. Geoffroi, qui prit le nom de Mandeville, épousa Isabelle, répudiée par le roi Jean, et petite-fille de Robert, fils naturel de Henri 1er. ^n vertu de ce mariage , il joignit au titre de comte d'Essex celui de comte de Glocester, et mourut dans un tournoi jeune et sans postérité. Son frère Guillaume prit parti contre le roi Jean, et mourut aussi sans postérité au mois de janvier \ 228. La fille de Fitz Peter Mathilde, qui avait épousé Henri de Bobun, comte d'Héreford , porta à son mari le comté d'Essex dont elle devenait l'héritière, et dès lors les Bohun s'intitulèrent comtes d'Héreford et d'Essex. (Voyez l'art. Hereford.)
ESTANGLIE ET NORFOLK.
Guillaume le Conquérant donna à Raoul de Gael, avec le titre de comte, le gouvernement du pays d'Estanglie, comprenant les comtés de Norfolk, Suffolk et Cambridge. Mais Raoul ayant porté la peine de ses intrigues et de sa turbulence, l'Estanglie fut administrée par des officiers particuliers jusqu'au règne d'Etienne, qui donna à Hugues Bigod, châtelain de Norwich , le titre de comte d'Estanglie. Il paraît certain que Guillaume, fils bâtard
sur les Courtenay d'Angleterre, Gibbon, Uist. de la décadence, tom. XII, p. 154 et SUIT, de la traduction revue par M. Guizot. )
* Une sœur du premier Geoffroi de Mandeville, mariée à N... de Say, en eut un fils, Guillaume de Say, dont la fille aînée, Beatrix , avait épousé Geoffroi Fitz Peter. Le siège des Mandeville était à Enfeld, au milieu de la forêt de ce nom ( Middlessex ).
ihi même roi, obtint concurremment le titre de comte de Norfolk, puisque, dans Taccord conclu entre Etienne et Henri Plantagenet, il fut stipulé que Guillaume, fils d'Etienne, aurait tout le comté de Norfolk, à l'exception, entre autres choses, du troisième denier, à raison duquel Hugues Bigod était comte. Henri, devenu roi, investit de nouveau Hugues Bigod du comté ( de tertio denario Norfolkiœ et Norvicï). Hugues étant mort en ^^81 , eut pour successeur dans le comté d'Estauglie et de Norfolk son fils Roger qui, on ignore pour quelle raison, se fit donner par le roi Richard une nouvelle charte d'investiture. Roger Bigod eut pour successeur son fils Hugues, qui épousa Mathilde, fille aînée de Guillaume Maréchal. Il mourut en ^225^, laissant de ce mariage deux fils, Roger et Hugues. Roger, comte de Norfolk, porta le titre de grand maréchal d'Angleterre, après la mort des frères de sa mère. Il fut lue dans un tournoi vers la fin du règne de Henri 111 , et comme il ne laissait pas d'enfants, son riche héritage passa à son neveu Roger, fils de son frère Hugues, grand justicier d'Angleterre, tué à la bataille de Lewes. Roger III suivit l'exemple de son père et de son oncle, et combattit énergiquement pour les libertés anglaises, contre le despotisme d'Edouard 1er. Il en fut cruellement puni. Contraint de s'humilier devant un roi parjure, il dut reconnaître pour son héritier présomptif, Thomas de Brother ton , fils d'Edouard \^^ et de Marguerite, sœur de Philippe le Bel.
FËRRIÈRÉS ET DERBY.
Les anciens seigneurs de Derby appartenaient par alliance à la famille des Peverel de Nottingham ; mais ce fut Jean-sans- Terre qui porta le premier le titre de comte de Derby. Devenu roi, il donna de sa propre main l'investiture du comté de Derby li Guillaume de Ferrières, dont la mère était fille de Guillaume
* Matt. Paris l'appelle en cette circoDstance cornes Anglonim orientalium.
Peverel . Guillaume 1er, comte de Ferrières el de Derby, mourut en ^247 dans un âge avancé, laissant son héritage k son fils atné Guillaume II, qui vécut infirme et mourut des suites d'un accident en 1254. Robert, son successeur, n'imita pas les exemples de douceur et de justice donnés par son père et son grand-père. Dans les troubles de l'Angleterre de ^262 à ^265, il se signala par ses brigandages, pillant sans scrupule amis et ennemis. Aussi, malgré Tamnistie qui suivit, Henri III retint une partie des possessions de Robert de Ferrières, dont il fit don a son propre fils Edmond, et plus tard Edouard 111 investit Henri de Lancastre, fils de Henri, comte de Lancastre, du comté de Derby pour lui et ses héritiers.