Grande mosaique de Pompei
. . , . Sachez donc qtte mon FUs , toujours plein ctun vain espoir , aura Liissé dans ta Grèce des troupes d'élite ; destinées à engraisser les champs Bcolieas , elles sont restées dans les plaines gu'anvsc TAsopc. C’est là gue les attend le plus terrible desastrv , digne prix dune oigueiUeuse et sacrilège audace • . . IJn châtiment non moindre tes punà } que dis-je 2 les punir encore ^ Fos maux ne sont pas à leur comble ; ils vont s'accroUre. de vois^ dans les Cbamp» de* Platée, se former^ sous le fer du J)oricn ^ un amas sanglant de cadavres — Des montagnes dossemens , sans parier, diront aux yeux des hommes , jusqu’à la ti'oisièmc génération : >j Mortels , il ne faut pas s'ênorgueillir A l'excès. L’insolence , en germatxt , porte tèpi du malheur la moisson qu’on en recueille , est toute de larmes, »
Æscbtlb. IjCS Pertes.
POMPÉI (i).
L Italie se reposait enfin d’une guerre de plusieurs siècles , et la Paix , les Muses et les Arts semblaient accourir sur les pas de la Victoire pour célébrer la conquête de l’Uni vers et le triomphe d’Auguste. Ils cultivaient sur le seuil de sou palais des lauriers dont les couronnes immortelles cachaient sur le front de l’heureux Vainqueur les palmes délestées de Phili[)pcs, et de la Sicile. — Les productions les plus rares , les trésors les plus précieux et les merveilles de la terre affluaient de toutes parts et venaient se perdre dans cette immense merveille appelée Rome. Des milliers d’esclaves , ^''-stes des mas-
(i) A son passage 'à Naples , un Homme de lellres français , versé dans la langue italienne , et dans les antiquités a bien voulu faire la traduction de ce Mémoire.
sacres et des batailles étaient occupés aux trophées de notre gloire , à la magnificence de nos monumens publics , au luxe et à la voluptueuse élégance de nos édifices particuliers. Tout était vaste , gigantcsrjuc , extraordinaire. Le Génie colossal de l’Italie tendait avec amour la main aux Grâces timides de la Grèce , et de leur union sacrée naissaient des fruits d’une beauté surnaturelle. Ces admirables conceptions étaient accueillies et introduites dans l’intérieur le plus secret des maisons d’un Lucullus , d’un Alticus et d’un Pollion , avec le même enthousiasme , la même joie , et la même vénération que s’ils avaient reçu daps leurs temples domestiques les Divinités mêmes auxquelles ils étaient consacrés.
Des rives du Tibre jusqu’à celles du Sébî'llic et du Sarne , la mer la plus douce et la plus tranquille de l’Italie va dessinant, comme en se jouant , des golfes enchanteurs. Dans leur eufonccracnt , le long des colliues et des promontoires parfumés de mirtes et de roses étaient les prairies et les danses des Sirènes. Là s’élevèrent ensuite des demeures délicieuses qui formèrent comme une seule ville depuis Bayes jusqu’à Naples , et de Naples jusqu’à Ilcrculanum etPompéi. Dans celle-ci Cicéron , Phèdre et Claude vécurent heureux et ignorés , et Martius Philippe
qui avait fté Consul reçut Octaviea ( i ) sous ces portiques nombreux , où le faste oriental s’étonnait de se voir si heureusement allié à la grandeur romaine et à la grâce élégante d’Athènes. Ainsi cet ancien séjour des Etrusques , des Pélasges et des Samnites était destiné à recueillir et à conserver jusqu’à nos jours la dernière lueur de ces arts dont l’asüe s’éteignait sur le Capitole.
Grâce aux pluies volcaniques et aux. cendres du Vésuve , Fompéi fut couverte d’un voile léger qui la déroba aux invasions des Barbares et aux désastres ultérieurs de notre belle patrie. Dix-huit siècles ont passé rapides et impétueux comme autant de torrens dévastateurs , et cette Ville s’est réveillée de son paisible sommeil plus belle et plus jcime , comme pour révéler à l’Univers moderne l’histoire , les secrets et les prodiges d’un Univers qui n’est plus.
Des découvertes de toute espèce ont lieu chaque jour à Pompéi. Mais ce qui nous rend cette ville pins intéressante et en quelque sorte plus chère , c’est le caprice avec lequel elle semble nous accorder ou nous refuser ses faveurs. La Fée qui se cache parmi ses ruines est jalouse et bizarre.
(i) Cic. L, i3, Ep. 5(1 aJ Atiic.
Des années se passent , et les lieux les plus remarquables n’oSrent souvent que d’informes débris de matières communes et abjectes , tandisque dans d’obscurs souterrains , où l’on ne s’attendait à trouver que des amphores remplies de terre et de scories , on a découvert des monceaux d’or et d’argent , de très-riches bijoux et des meubles précieux. D’autres fois , nous croyons entrer dans la modeste habitation d’un Marchand , et nous nous trouvons tout-à-coup transportés dans un Atrium orné de peintures classiques , de déeorations d’un goût nouveau, et de statues sur les lèvres desquelles l’ame du Sculpteur respire dans un aimable sourire.
C’est ainsi qu’après un long repos , Pompci nous a fait' présent naguère d’un de ces chefsd’oeuvre , que l’on dirait destiné à changer les opinions et les idées des peuples , à répandre de nouvelles lumières sur la civilisation de nos ancêtres , et à marquer une ère nouvelle dans les vastes domaines de l’iiistoirc , de l’archéologie et des arts.
Maison dite du Faune (i). Ses Mosaïques.
Dans la large Rue , qui du Temple de la Fortune , et de l’^rc triomplud de Tibère s’étendait jusqu’à la Porte dlsis , en traversant comme par le milieu Pompéi, on rencontre la noble et majestueuse entrée d’une Habitation que j’ai découverte en i83o, en présence de l’aimable et infortuné fils ( 2 ) du célèbre Goethe. A peine a-t-on franchi le seuil , que l’on découvre d’un coup -d’oeil la perspective de toute cette vaste Maison. U« grand Atrium découvert , égayé par des couleurs vives et variées , et par un pavé mélangé do jaspes rouges , d’agates orientales et d’alJjâlrc fleuri , est environné de plusieurs chambres à coucher , de salles d’audience et de salles à manger.
A la suite est un jardin de fleurs. Une fontaine y élevait au milieu scs eaux limpides qu’un bassin de marbre recueillait dans leur chiite. Vingt-quatre colonnes d’ordre ionique y formaient des portiques à l’enlour , et à travers les
(i) Voyez le Plan de celle Maison , Planche a.
(a) Ce jeune homme est mort quelques mois après h Rome. Sa perte a été si sensible h son vieux Père déjà si voisin de la tombe , qu'elle a fini par l’y cntraiucr.
grillages , les statues et les rideaux d’azur et de pourpre qui flottaient dans leurs intervalles on apercevait de nouvelles colonnldes plus étendues , qui entouraient un bosquet de platanes , de lauriers et de myrtes (i). Â l’ombre des arbres et des portiques s’ouvrent deux petits Temples , oà
(i) Les Anciens ne voulaient jamais s’éloigner de la nature. Un jardin , une forêt , on bosquet était pour eux de première nécessité. A Pompéi , fl n’jr a pas de maison qui n’en ait un. Vilruve dit: Sint inter duos porticus sytvae et in his pcrficianCur inter ariorcs deambulatitmes. Cicéron écrit b son frère Quinlios que l’aménité des jardins de sa maison lui tenait lieu de campagne. Horace voulant caU mer son amie Lycé cherche k l’attendrir en lui faisant la description de ses infoitunes , et des tourmens qu’il souffire pour cHe ; que debout sur le seuil de sa porte il soullrait toute la rigueur des vents du nord qui soulevaient sa porte et faisaient mugir le bosrjuet au milieu de ses magnifiques a{q>artemens. Vilr. L. Y , C. II. Cicer. L. III. £p. I. Bor. L. III. Od. X.
Les jours de fête , les Anciens honoraient leurs Divinités par des festins. On y chantait des hymnes et la première était adressée k la Divinité dont on célébrait la fête , mais la dernière devait être consacrée k Vénus , et k la Nuit qui s’avançait. Properce fait mention des repas qui se faisaient dans les jardins situés au milieu des maisoiu , et où les surprenait le jour naissant. — Eleg. VI. L. IV. — Voyea la description de la Maison de Scaurus dans Pline, et celle de Néron construite par les deux câèbres Architectes Sévète et Céler, dans Tacite, L, XVI.
l’on adorait les dieux Lares. Deux trépieds tr^ élégans de bronze exhalaient d’étemels parfums devant les simulacres de Phèbus, de la Concorde et des Grâces.
En (àce , la vue se reposait agréablement sur la cime du Vésuve qui s’élève comme un autel vers le Ciel (i).
Les Hôtes de cette délicieuse demeure avaient voulu sans doute s’ensevelir sous ses ruines , plutôt que de l'abandonner. On a retrouvé leurs squelettes.
Ils n'ont point délaissé ce portique si cher Qt/embaume et rafreUclut la brise de la merf Ce jardin que décore un Temple domestique Et ce lit de festin couvert étombre bachique (a). ,
Tout était encore à sa place. Des dépôts de vases et d’objets de ménage de toute forme en bronze et en verre , ont été recueillis de toutes
(i) Floru*. L. a. C. ao. Prima velut ara viris mons F'esuvius plaçait.
(a) Vert de M. Maizonj De Lauréal qai s'occupe de mettre la dernière main è un grand Poème, dont Y Eruption du Vésuve sous Titus est le sujet, et intitulé YHéracléade. TI a fait dernièrement en Sicile , et dans les environs de Naples , où j'ai eu le bonheur de l'accompagner , un voyage pour reconnaître minutieusement les lieux clatuques , üiéâtre de ses hautes lictions.
parts. Des coupes , des casseroles et des plats d’argent étaient disposés sur des tables de marbre remarquables par une sculpture exquise.
La statue en bronze d’un- Faune qui, a donné son nom à cette habitation a été découverte dans le centre de \ Atrium , au milieu du bassin. Le demi-Dieu couronné de feuilles de chêne et de son fruit est ivre et paraît très-animé à la danse ; et tandisque ses bras ouverts accompagnent le mouvement de ses pieds ; le cliquetis de ses doigts semble acconqjagner les joyeuses, idées , et les vapeurs dont sa tête est remplie.
Cette maison n’est ornée d’aucune peinture à fresque avec figures. On croirait que son maître dédaignant une espèce de gloii’e . commune avec les maisons les plus ordinaires s’était réservé le luxe des peintures de la mosaïque la plus fine , genre de décoration qu’il n’ctait pas si facile d’égaler. Ainsi le seuil de la principale entrée , les. salles à danser et à manger , et les autres qui en dépendaient , étaient pavées de mosaïques formées de petits morceaux de marbre presqué tous colores naturellement , représentant tantôt un Festori très-riche de fruits et de fleurs , entremêlés de masques scéniques (i), tantôt le Rivage de la
(i) Planche 5.
ntrr ûvec des poissons et des 'coquilles, et tantôt des Canards', des Oiseaux^ entre les griffis d’un Chat ; deux Colombes qui déroulent avec le bec un collier de perles ; un Faune qui embrasse une Bacchante { un Uon qui se jette sur sa proie , et un petit Génie de Bacchats couronné de lierre, assis sur une panthère , tenant d’une main nne grande coupe de verre , pleine de vfai , et de Pautre , une fraîcbe guirlande de pampres et de raisin dont il encbaine le cou de la panthère <joi le regarde (i). ‘ . x - '
Le Gynécée ou appartement des femmes , entièrement séparé du reste de l’habitation se prolonge le long de VAtriurti et du jardin.
C’est dans cet appartement qu’on a découvert un des trésors lès plus riches que Pompéi ait oflfcrt jusqu’à ce moment, et qu’une Femme dont on a trouvé le squelette dans la salle de réception paraît avoir jeté en fuyant. Il consistait en deux bracelets d’or très-pcsans , en deux boucles d’oreilles et en sept anneaux d’or avec de très-belles pierres gravées , et en un monceau de monnaies , d’or , d’argent et de bronze.
Elntre le jardin et le bosqu(;t , dàns un empla-'
(») Pltuuhe 6.
cernent délicieux et piltores({ue , s’ouvrait une pièce (i) où se rassemblait la plus brillante compagnie , que fréquentaient les plus belles Etérides (a) , et où avaient lieu les repas , les chante et les danses , au milieu des parfums des fleurs , au murmure des eaux , et à la douce haleine des vents du soir. ,
Le Nil figuré en mosaïque semblait couler sur le seuil , entre les colonnes qui décorent l’entrée de ce salon , et présentait aux convives le spectacle de ses rives couvertes ù'oiseaux , de plantes et d’animaux étrangers. Un grand tableau en mosaïque exprimant une Bataille entre les Grecs et les Perses (3) se développe ensuite comme un tapis , et recouvre tout le pavé du saloo..
(i) La Planche 3 présente les Ruines , et la 4 ^ tauration de ce Salon.
(a) Jeunes filles volupUieuses qui égayaient par leur» cliants et par leurs danses les banquets d' Anacréon et d'Horace. Entier: Od: IV : et XIII. ATor: Od; XI, L. TI.
(3) Planche i.
Observations sur la Pdnture mti/fue et sur la Moscâque. .
Comme dans ses jeux , la fantasmagorie nous fait voir d’abord les objets sous une -forme gigantesque , et les réduit ensuite à la plus petite ~ dimension , ainsi à l’apparition de notre ’ chefd’œuvre, les peintures les plus grandioses et les plus célèbres, et toutes les mosaïques qui nous étaient parvenues de l’antiquité se sont effacées et tout-à-fait éclipsées. ^
Les sujets les plus fameux d(» vases décou~ verts dans la Sicile , dans la grande Grèce , dans la Campanie , et récemment dans les Etats- Romains ; les peintures étrusques de Tarquinia , les tableaux mythologiques , et anacréontiques d’iierculanum , de Stabie , et de Pompéi , enfin tout ce qui nous est resté de l’art antique , ne nous offrait guère que l’idée de l’élégance , du goàt et des grâces de scs compositions , et rarement celle de son habileté dans la perspective et le coloris. On n’y apercevait ni les effets de la lumière , des reflets et des ombres , ni la dégradation des lignes , des teintes et de la couleur locale. Il s’ensuivait que ces peintures pouvaient être crues les originaux d’après lesquelles les bas-reliefs avaient été exécutés , ou que les
bas-reliefe Avaient été le» originaux de ces peintures. Une semblable remarque prenait encore plus de force daus les tableaux monochromes ou peints en clair-i-obscur , que l’on conserve au Musée de Naples et à Pompéi. .
D’ailleurs tous ces monumens étaient comme les débris d’un naufrage que la marée des siècles avait poussés jusqu’à nous , et ils ne pouvaient même de loin nous faire entrevoir aucun de ces prodiges de l’art antique , attestés [mr les écrivains de tous les temps , et que dans un autre genre, le Laocoon , la Vénus deMédicis, l’Apollon et le Torse du Belvédère , F Hercule et la Flore Farnèse nous autorisaient à croire. L’ébauche d’tm artiste grossier qui tout au plus s’imaginait copier la pensée de quelque grand maître ne pouvait être considérée que comme ime très-mauvaise traduction des vers d’Homère ou d’Anacréon. Ces ouvriers ignorans, du nom le plus obscur , dont le genre de peinture k fresque était nécessairement rapide , par conséquent ni étudié , ni correct , différaient cejienr dant entr’eux de slile et de mérite , et toutefois aucun d’eux, n’aurait osé s’approcher des premiers degrés de ce trône où siégeaient en rois géans les Zeuxis , les Parrhasius, lesTimantc, les Protogène et les Apelle.
Ajoutons à cela que ces Artistes ne peignirent presque jamais que sur des tables de bois ; et les seuls ouvrages exécutés de cette manière .jouissaient d’une brillante et solide renommée (i). Les Temples et les Portiques les plus célèbres j les Monumens piüdics les plus imposans , et la Maison d’or des Césars étaient les seuls sanctuaires où ces merveilles de l’art devaient être renfermées et vénérées. C’était là seulement qu’il était permis à quelque fortuné adepte , ou à quelque favori des Empereurs de venir admirer le beau idéal dans ses élémens les plus parfaits , dans les grâces et les belles couleurs de la Cassandre de Polignote , dans les cheveux de la J unon d'Euphranore , dans la blancheur de la Facate d’Apelle , dans les livres de la Roxane d’Aétion , enfin dans la beauté divine de l’Hélèfie et de la Pénélope de Zeuxis (3).
Ainsi personne à Rome ne pouvait que difficilement reproduire quelque copie de ces chefs-
d’œuvre. C’est pourquoi parmi les sujets si
(i)PIiD. Hist. Nat. ïi. XXXV. Sed nulla gloria Artificum est , nisi eorum qui tabulas pinxere. Voyez l’excellent article sur la Peinture antique dans l’ouvrage de M. Raoul- Rochette , intitulé : PompA ; Maison du Poète tragique , pag. 18 et suiv, • • '
(i) Lucien. Les Portraits.
nombreux et si variés qui sont parvenus jusqu’à nous , on n’en remarque aucun qui puisse nous oflrir une idée de ces rares travaux , si toutefois l’on veut excepter les prétendues copies de V Alcmène de Zeuxis , de PIphigénie de Timante , de la Médée de Timomaque , et de VAchiüe à Scpx)s d’Athénion. ' ' *
La décadence de l’art de peindre était proclamée par Pline (i) <x)mme im fait constant ; et la peinture des Grecs paraissait avoir péri toute entière , et sans retour , avec les fragiles matériaux sur lesquels elle s’exerçait (a).
11 n’y avait donc aucune composition qui pût entrer en comparaison avec les beaux ouvrages des grands Artistes modernes, et nos Contemporains étaient fiers de pouvoir se considérer comme les premiers dans l’exercice d’un art aussi séduisant.
Mais dans le tableau dont il s’agit , l’ElcoIe antique se trouve pour la première fois en présence de l’Ecole moderne , et les maîtres d’Athènes , de Sicyone et de l’Ionie paraissent les dignes rivaux de Raphaël , de Titien , et de Lebrun.
(i) Plin. Ibid. Artis morientis.
(3) Raoul-KocheUe. Maison du Poète , pag. 19.
D’après cela , les sujets exécutes en mosaïque peuvent aussi fournir des exemples curieux et jusqu’à présent négligés , pour l’histoire de la peinture ancienne , et les progrès de cet art ingénieux inventé comme pour éterniser les mo- ■umens classiques de l’autre.
La mosaïque a été connue chez les nations les plus anciennes ; toutefois les Perses paraissent en être les inventeurs (i). Esther , en parlant du palais d’Àssuerus ou Artaxerce s’exprime ainsir >1 Des hts d’or et d’argent étaient disposés sur un pavé tout d’éméraude et de marbre de Paros et décoré d’une peinture variée et surprenante (a)».
De la Perse cet, art a dû passer chez les Assyriens voisins , qui , à œ qu’on assure , imitaient en pierres dures leurs propres tapisseries; et de ceux-ci chez les Phéniciens et les Grecs.
Parmi les mosaïques les plus importantes que les Auteurs anciens nous ont fait connaître , et celles découvertes jusqu’à ce jour , il faut compter les suivantes :
Celle qui représentait en couleurs toute l’IliaT
(i) Ciampini, Vet. Monim. P. I C. X.
(a) E)sther. C. I. ,LeetuU quoque aurei et argentei super patnmeatum smaragdino, et paria stratum lapide dtsposili eraiU, quod mira varieUUe piclura decoraiat.
de (i) et qui pavait le vaisseau le plus grand de ces temps-là envoyé en présent par Iliéron roi de Syracuse à Ptolomée Eupator roi d’Egypte. Un pavé existant à Pergame , qui représentait les restes tl’un repas , comme s’ils y étaiciit tombés naturellement , ouvrage du célèbre Sosos ( 2 ) ; le voyage présumé d’Alexandre en Egypte , exécuté j«r l'ordre de Sylla , dans le Temple de la Fortune à Préncste (3) ; les Colombes sur le bord d’un vase plein d'eau (/{) , découvertes par Furietti dans la P'illa jédriani avec trois festons de fleurs et de fruits ; les jeux du Cirque et les Muses , mosaïque trouvée à Italica près de Séville (5); les trois petits tableaux
( 1 ) Atlion. Deipnosoph. Liv. V. ■ ’
(î) l’lin. Li> . 36 Cliap. 35.
(3) Plin. ilnil. Clinp. zS. Ce monument a été publié par Kirclicr ilans sou Latium \ par Moulfiiucon , Vol. J V. Suppl, de l’aiUiijuilé cjqpl. ; par Bariliélcniy , ExpUc. de la mosaïque lie Palcitrine , cl dans les Mcraoiics de l’Académie des Inscriplious , Vol. 3o; par Cajlus qui en a donné on defr^ sin coloré; par Sbàw, {>ar Wiuckelmaon, et par, plusieurs autres encore.
(4) C'était peut-être la copie de l’autre ouvrage de Sosos qu'on voyait 'a Pergame. — Furietti, De üusivis , pag. 29 . Plin. iljid. cap. 35. — Et le Masco Cnpitolino.
(5) Description de la moiaïque trouvée à SdriUe , et piJMifc par ordre du Roi d’Espagne. — Mosaïque d'Italica par Alexandre La Borde ; 180 s.
scéniques et le Lion encbainé avec des guirlandes de fleurs ppr des Amours , mosaïques appartenantes a Pompéi (i). Mais toutes ces peintures et beaucoup d’autres mosaïques d’ailleurs très-estimables (a) sont ce^tendant infiniment au-dessous de celle dont nous nous occupons , pour le mérite du sujet , de la grandeur , de la matière , de la composition du coloris , du dessin , et de l’art. .
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