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Pour les voûtes en béion, voir V, p. 23 à

6. — Voici les résultats des essais faits à l’Ecole des Ponts et Chaussées, à 90 jours, sur des cubes de 20e de béton de mêmes éléments (Procès-verbal du 16 juin 1915) :

Poids en kg du ciment pour lmc en œuvre

Charge / 1" fissure

par \

0m01 ( écrasement

7. — Les Compagnies de l’Est et du Nord ont fort judicieusement refait en béton des voûtes ruinées en août et septembre 1914 : elles n’auraient pas eu à temps des moellons.

Voici les ingénieuses dispositions imaginées par M. Descubes, Ingénieur en Chef de la Voie de l’Est: là où les débris des ouvrages encombrent le lit des rivières, il est fort difficile de placer les cintres usuels. On courbe de vieux rails’ — mieux des cornières assemblées, plus faciles à courber — on les noie dans 20' à 25e de béton.

Ce rouleau-cintre s’appuie sur des retombées bien dressées; il restera dans la voûte.

Pour un pont sur la Meurthe à Raon-l’Etape, ligne de Lunévillle à Saint-Dié, à 2 arcs de 18m35 surbaissés à 1/7,46, on a ainsi bétonné (mars-avril 1915) :

à peu près tous les mètres, on pose sur le cintre, normalement à la fibre moyenne, des grillages en fil de fer raidis par des fers ronds ou des cornières : on coule le béton dans 4 alvéoles à la fois, répartis de façon à charger uniformément le rouleau-cintre (lequel est déformable) — alternativement sur le 1/3 et sur les 2/3 de l’épaisseur de la voûte (f.); on fait de même pour le 2’ rouleau (fc). Les voussoirs se soudent à travers les mailles des grillages.

Les deux arches ont été bétonnées en deux jours.

La Compagnie du Nord a refait en béton :

les 3 voûtes du pont de I.aversine sur l’Oise (ligne de Paris à Creil), 3 voûtes biaises à 50° de 28*66 de portée biaise, à peu près en plein cintre sur leur section droite, sur cintres retroussés rigides, en 2 rouleaux sans joints vides ; le premier du 1/3 de l’épaisseur, coulé en 48 heures. On a noyé dans le béton 2 quadrillages de fers ronds «le 22*" à l’intrados et à l’extrados, réunis par des étriers en barres de I4“* (environ 40 kil. d’acier par m. c de béton). — Dosage du béton, 350 kil . de ciment par m. c (février-avril 1915).

Projet et direction des travaux : M. Candelier. Ingénieur en Chef de la Compagnie du Nord, avec le concours de MM. Rabul, Inspecteur Général des Ponts et Chaussées et Ereyssinet, Ingénieur des Ponts et Chaussées.

Entrepreneur : M. E. Mercier, à Moulins.

6 arches du viaduc de Poix” (ligne d’Amiens à Rouen) : pleins cintres de 16*50; les premières ont été construites par tranches en béton à 200 kil., les dernières par rouleaux en béton à 300 kil. (novembre 1914mai 1915).

Direction : M. Candelier, Ingénieur en Chef de la Compagnie du Nord.

Projet : M. Ereyssinet, Ingénieur des Ponts et Chaussées, en congé.

Entrepreneur : M. Graveron.

L'idée première du cintre en rails noyés dans la toute est de M. Valut, Ingénieur Principal de la Compagnie de l'Est. ** VI — p. (i4, renvoi 61).

A Â rt0 G> 40“)^ PONT DE VILLENEUVE 213

o. Exécution des grandes voûtes. — Sur le cintre, le long des bandeaux, on a monte des mastjucs latéraux très solides, sur lesquels on a cloué des liteaux pour dessiner les moulures — puis au droit de chaque appui du cintre, un coffrage réservant un vide de 0“40 (f., f8).

f, — Coupe sur xx de f„.

Coffrage entre 2 tranches (0'"03 p. m.) f, — Vue par dessus

JS

JO j

zr " 20^

Coin en bois entouré d’un feuillard h de G""",

sur les faces ab, cd,

suiffé.

G’ — Contre-coin en bois feuillard de 2mm.

P — Planches de 4cm placées normalement à la douelle.

Pendant qu'on remplissait une tranche T (f(), le coffrage était tenu par un chevalet amovible CC qu’on

enlevait ensuite et qu’on plaçait plus haut pour tenir le coffrage supérieur de la tranche suivante T’.

Les voûtes étaient ainsi divisées en tranches entourées d’une caisse étanche et solide :

ces tranches avaient environ 5”60 de long; elles cubaient de 25 à 40mc. On remplissait une caisse parjour, par couches de 0m20 parallèles à la douelle: le béton était damé par trois pilonneuses à air comprimé ; il était peu mouillé.

Contre les masques de tête, sur <)D,2<), le béton n’avait pas de cailloux de plus de 3cm ; il était dosé à 600 kg par mètre cube et un peu plus mouillé: on avait ainsi un parement plus compact, résistant mieux aux intempéries.

On a monté les deux arcs des retombées à la clef : on faisait une tranche sur l’un, puis la même tranche sur l’autre.

Pour empêcher une tranche T’ de glisser sur le cintre (f9), on la retenait, au tiers de la hauteur du joint à partir de l’intrados, par des butons b en béton fretté de 0m20 de diamètre, qui traversaient le coffrage pour s’appuyer sur la

VOÛTES INARTICULÉES — SÉRIE A' A' I,te (> 40m) — MONOGRAPHIES

tranche inférieure T8: on les noyait ensuite dans le béton.

On laissait le béton durcir 48 heures, puis, on «décoffrait», en «décollant» les coins G (f.) : on réemployait les bois aux joints suivants.

Pendant l’exécution d’une tranche, l’appui en arrière tassait d’environ 2em : moins, pendant celle de la tranche suivante. Dans un cintre à poteaux et contrefiches, les déformations d’un appui sont indépendantes de la charge sur les autres9.

Toutes les tranches faites, on a rempli les vides entre elles avec le même béton bien pilonné.

0. Déci n t renient . — On a décintré, par un procédé fort ingénieux, inventé par l’auteur du projet M. Freyssinet, et éprouvé par lui à des arcs en béton armé10.

Au lieu d’abaisser le cintre sous les voûtes, on soulève les voûtes au-dessus du cintre, en écartant l’une de l’autre les demi-voûtes de part et d’autre de la clef par des vérins hydrauliques assez puissants pour y produire un effort égal à la poussée qui serait créée par le décintrement11.

Supposons exécutée la dernière tranche T’ de la demi-voûte de gauche (f10) : on enlève le coffrage qui maintenait le joint de clef jj, on graisse ce joint pour que le béton de T n’y adhère pas, et, contre lui, on exécute la tranche T. L’arc est ainsi coupé à la clef par un joint j j sans épaisseur.

>S. — Voir ce qui a été fait pour retenir les tranches au ponf de Walnut Lane II, p. 90.

10. — Arc à deux articulations (portée 50m, montée 2m) que M. F. Mercier, Entrepreneur, a fait construire à Moulins en 190.S, à titre d’expérience : on l’a décintré en y enfonçant des coins à la clef.

Ponts en béton armé sur l’Ailier : du Veurdre 1910 (3 arcs de 72m56 et 67ra surbaissés au 1/15, (1910) — de Boutiron, (1912). Entrepreneur à forfait M. F. Mercier.

11. — Dans un mémoire inséré aux Annales des Ponts et Chaussées d’octobre 1881, p. 472, j’indiquais que le système des clavages multiples matés « crée entre les voussoirs des clavages des réactions qui soulagent le cintre et préparent le décintrement. »

Dans son rapport du 20 juin 1913 sur les projets présentés pour le pont de Villeneuve, M. l’Ingénieur en Chef Bory fait cette observation :

« Il convient de remarquer ici que le système de décintrement très particulier qui sera employé au « pont de Villeneuve n’est que l’application systématique de ce dernier principe.

« On crée à la clef des réactions, non par le clavage et le matage du joint, mais par l’action de vérins « hydrauliques. Le principe reste le même et les moyens sont différents. »

Âl À' rte (> 40»)1

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