VOÛTES INARTICULÉES AUXQUELLES ON A ATTRIBUÉ A TORT 40“ OU PLUS
L’ouvrage a été restauré en 1768 21 .
f, — Grande arche, - aval — 2mm
Une inscription de 1768, dans la chapelle de la clef, l’attribue à Annibal21.
La forme et l’appareil de l’ouvrage ne permettent pas de l’admettre; l’Histoire non plus22.
21. — « Por los anos de 53ô de lu fundaciôn de Roma fué construido este admirable puente por el « grande Anibal Capitdn Cartaginés, é hiso erigir el Area Triunfal que aun existe d su salida, en honor « de.su padre Amilcar. Despues de 1 98Û anos de duraciéin, se hallara esta Fnbriea mug mal tratada ij en « estado de arruinarse enteramente ; Pero b fin de conseroar un Monumento de tan rara antigüedad lo « mandé) restableeer en este ano de l'OXla Magestad del Senor Don Carlos III lie y de Kspana,... »
Texte qu'a bien voulu collationner, en 1913, M. l'Alcalde de Martorell.
22. — En effet, d’après l’inscription31, ce pont aurait été construit 19*5 — 1 768 = 217 ans avant J.-C. (L’inscription admet que la fondation de Rome est en l’an 535 + 217 = 752 avant J.-C. — Duruy (« Histoire des Romains », vol. 1, p. 7) adopte 75 4.
En 227, Asdrubal, gendre d’Amilcar, a conquis l’Espagne jusqu’à l’Ebre où les Romains l’arrêtent par un traité. En 221-220, Annibal, qui lui succéda dans le commandement des armées puniques, achève la soumission de l’Espagne jusqu’à l’Ebre.
En 219, il se jette sur Sagonte et l’emporte. Au printemps de 218, il part de Carthagène ; cinq mois après, il est à Turin (Duruy : « Histoire des Romains », volume 1 ; — Polybe : « Histoire générale », livres II et 111).
Ainsi, Annibal n’a pu traverser l’Ebre (lequel est encore à 40 lieues au sud de Martorell) avant 219, à cause du traité d’Asdrubal ; — ni en 219, à cause du siège de la grande ville de Sagonte qu’il n’emporte qu’après huit mois d’une résistance furieuse, ce qui ne lui a pas permis de distraire une partie de ses forces pour aller, en pays ennemi, où les Romains avaient déjà pris pied, à 80 lieues de Sagonte, foire construire un pont qui a demandé beaucoup plus d’une année et dont il n’avait que faire, puisque le Llobregat est presque partout guéable. En 218 seulement, il franchit l’Ebre, mais pour suivre à marches forcées la route d’Italie. Le pont qu’on lui attribue, étroit et à très fortes pentes, ne permettait pas le passage de sa cavalerie et, encore moins, de ses éléphants.
Après 218, il ne revint plus en Espagne, que fermaient aux armées puniques les victoires des Scipions.