EXPÉRIENCES SLR DES VOUTES
Les deux voûtes en béton (celle de 10m, celle de 23“) étaient posées aux naissances sur plaques d’asphalte : elles étaient donc un peu articulées en deux points. On ne pouvait pas en conclure grand’chose pour les voûtes inarticulées.
B ■ - Conclusions de M. le Professeur Brick. — Voici les conclusions qu'a dégagées des expériences l’un des rapporteurs, M. le Professeur Brick :
1. — Pendant les premières charges, avant les premières tissures, les déformations des axes des voûtes ont augmenté à peu près proportionnellement à
la charge.
2. — La charge dépassant une certaine valeur « critique», il se produit des tissures, là où la tension dépasse : soit, dans les voûtes appareillées, l’adhérence du mortier au moellon; soit, dans les voûtes en béton, la résistance à l'extension du
béton.
3. — Dans les voûtes appareillées, les tissures suivent le joint; dans les voûtes en béton, elles sont irrégulières et se ramifient.
4. — Elles se produisent au 1/4, au 1 3, aux 2 3, aux 3 i de la portée, et aux retombées; en général, là où le calcul, fait dans l’hypothèse élastique, indique des sections dangereuses.
5. — Au moment où apparaît la fissure, la libre moyenne ne change pas brusquement de forme.
G. — Les tissures ouvertes, la voûte ne résiste plus à la tension; mais elle continue à tenir par sa résistance à la compression, laquelle est beaucoup plus grande. La charge de rupture a dépassé la charge critique de 30 % pour la maçonnerie ordinaire, 59 % pour les voûtes en briques, 31 % pour les voûtes en béton. C’est très heureusement la résistance à l’écrasement qui mesure la résistance de la voûte.
C. — Ce qu’il faut retenir. — En résumé, tant qu’il n'\ a pas eu tension, et pour les premières surcharges, les voûtes paraissent, en général, s’être comportées comme des arcs élastiques.
C’est à cette modeste conclusion qu’aboutissent, en somme, ces expériences si vantées37.
Il y avait peut-être plus à apprendre de l’essai de Souppes, plus vieux de 25 ans.
37. — L’Association des Ingénieurs et Architectes autrichiens a institué une deuxième « Commission des voûtes » (Gewolbe-Ausschuss). Elle a publié deux rapports :
1“ - 4 avril 1900 : « élasticité et résistance de prismes en pierre, de taille, moellons, béton, béton « armé, briques creuses et ordinaires, chargés suicant leura.ee et excentriquement ».
Zeitschrift des Œsterr. Ingénieur und Architekten Vereines. (Supplément au n° 25 de 1901).
2° - avril 1910 : « Voûtes de batiments en arc , en béton , béton armé, briques , appuyées sur des « poutres en 1. »
Vienne, — Edition de l’Association.
378 voûtes inarticulées — RELATION entre leur forme et les charges
Vi t. 5. — Insufïisanue des observations faites sur les voûtes. — D’observations continues, — j’entends pendant plusieurs années, — sur une voûte, je n’en sais pas.
Comment, depuis sa pose sur le cintre, s’accroît jusqu’au décintrement, puis jusqu’à l’achèvement de l’ouvrage, le travail d’un voussoir ; comment il varie ensuite avec les surcharges, la température, le soleil, l’imbibition ; comment, en un mot, à un moment quelconque, travaille chaque point d’une voûte, — tout cela nous ne le savons pas beaucoup mieux que les ingénieurs de Trajan.
Il y a plus de 2000 ans qu’on fait des voûtes, et l’on n’a pas encore un appareil simple, pratique, sûr, à mettre en toutes mains, permettant à toute époque de mesurer le travail, non pour de courtes périodes : décintrement, passage d’un train (ces instruments-là, on les a), 37bU mais après des années.
Si on avait un « baromètre » enregistrant continuement les pressions en chaque point d'une voûte, on n’imaginerait plus, on saurait.