VOÛTES ARTICULÉES — HISTORIQUE
« La voûte étant ainsi construite, la rotation au moment du dèeintrement se « ferait nécessairement autour du point de contact, qu’on pourrait placer de 'f ou 3 « centimètres en arrière <ht centre du joint.... Il est évident que les deu.r /lierres en « contact seraient dans des conditions bien /dus favorables à la résistance que dans
« le système de la pose ordinaire.... D’ailleurs rien n'empêcherait de prendre
« pour ces deu.r ranys de voussoirs des pierres d’une qualité excessivement dure
« Démarquons même que la pose de ces deu.r voussoirs de chaque côté de la coûte « ayant pour résultat de faire passer la courbe de pression par le milieu de tous les « autres, permettrait d'employer pour ceux-ci des matériaux moins résistants que « eeu.r qu 'on s'impose aujourd’hui dans /’ indécision où on se trouve pour le passage « de la courbe de pression...
« Il n'est pas sans exemple,.. . dans les constructions publiques de voir des « pierres su/>portant des charges énormes ; dans les ponts métalliques les poutres ou « les arcs reposent sur les pierres des culées et des piles ;.... les portes gigantesques « des écluses à la mer, les ponts tournants reposent sur des pivots qui transmettent « leur pression à des /lierres de taille. Ces /lierres résistent parfaitement aux « pressions considérables qui leur sont transmises, parce que ces /tressions ont lieu « seulement sur la partie centrale de leur sut face. On pourrait d’ailleurs augmenta ter cette résistance en intercalant au point de contact des plaques de fonte encas- « trêes dans les deu.r voussoirs, de manière que la surface métallique remplacerait « celle de la /lierre »
Dupuit a donc formellement prévu la réduction do surface des appuis52, la triple articulation roulante, les sommiers en pierre dure, en fonte 5\
52. — En 1878, M. Brosselin. alors Ingénieur ordinaire des Ponts el ('.haussées, proposait (Note sur la construction des ponts en maçonnerie, Paris 15 décembre 1878, Bibliothèque de i’Eeole îles Ponts et Chaussées : C. 705, - 12538) de placer, à la clef et aux joints de rupture des voûtes, deux assises de voussoirs en pierre de taille résistante, d’y faire un joint de hauteur réduite à ciment pur, à mortier riche, au plomb, à Pétain.
Pour la voûte centrale du pont de Tolbiac à Paris, alors en projet (Portée, 3>m20, montée, 8m25), il indiquait les épaisseurs de 0"75 à la clef, 0m<.)0 au milieu de la montée; voûte en meulière à ciment ; sommiers en pierre de taille de Souppes ; entre eux, joints en ciment pur sur la moitié «le l’épaisseur de la voûte, travaillant : au dèeintrement. à libou 150‘ ; aux épreuves, à 250 ou 300*.
Ces indications n’ont pas été suivies : les voûtes du pont de Tolbiac sont inarticulées.
Le projet de M. Brosselin a été rappelé dans deux mémoires :
1° - Xote sur la construction récente en Allemagne île ponts en maçonnerie arec articulations à la clef et aux joints de rupture » par M. G. La Rivière, Ingénieur en chef des Ponts el Chaussées.
Annales des Ponts et Chaussées, 1891, I, p. 899 a 940, PI. 4b à 48.
2° - « Ponts en maçonnerie, articulés aux naissances et à la clef » par M. Bourdelles, Inspecteur Général des Ponts et Chaussées.
Annales des Ponts et Chaussées, 1898, lit, p. 31 à 92.
53. — Le Président Leibbrand l’a très explicitement reconnu. En raison de son importance, je donne ici le texte même de sa déclaration :
« Schon seit langer Zeit wurden deshalb con Dupuis (Dupuit) andere Yorschlage gemacht trelche bewirl.en « sollten, dass die Résultante (1er inneren K rafle in tien Itrucli fugen sich mdghckst irenig con der Mitte « derselben entferne ; die Abschràgung clieser Fugen, die geraalinige oder bogenfôrmige Erweiterung « derselben nach aussen oline und mit gleich;eitiger Anbringung con MetuUlollen car Yerhiltung der « Yerscliiebung der GelenLsteine, die Yerstârkung dieser Fugen durch bleibende Metalleinlagen ron « einer DrehÙetoegung sulassenden Form. die Finie gung bleibender cglindrischer Fisengelenl.e, dus « Einfilgen procisorischer Fisengelenl.e, icelclie nach dem Auschalen des tieicolbes wieder beiseitigt « werde'n sollten, wurden als Mittel ;-ur Yerhiltung con Rissen und sur Fcstlegung der Druckkurcen « bezeichnet... »
Fortschritte der Ingenieurwissenschaften . « Gewôlbte Brücken » von Karl Leibbrand, Leipzig, 1897, p. 42.
Traduction :
« Depuis longtemps déjà, d’autres propositions avaient été faites par Dupuit, pour arriver à ce que la « résultante des forces intérieures s’écartât le moins possible de l’axe aux joints de rupture, diminution « de ces joints par chanfreinage des arêtes, suivant des surfaces planes ou courbes, avec ou sans mtroduc- « lion de goujons métalliques pour empêcher le déplacement de l’articulation ; renforcement de ces joints k au moyen de dispositifs permanents en métal, de forme convenable pour permettre la rotation ; intro- « «ludion de rotules cylindriques permanentes en fer ou d’articulations métalliques provisoires à supprimer « après dèeintrement ; autant de moyens indiqués pour empêcher les fissures et fixer les courbes de « pression. ...»