‹ Grandeur et décadence de la ColombineChapitre 1 sur 8 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

le décès de Fernand, dit que la bibliothèque contenait 15,370 volumes. Gomara^ réduit le chiffre à douze ou treize mille, tandis que Pero Mexia^ le porte à plus de 20,000. La différence entre ces estimations s'explique peut-être par le fait rapporté dans l'inventaire dressé en 1684, que la section des miscellanées contenait des recueils factices renfermant jusqu'à quarante plaquettes sous la même couverture.

Fernand légua sa bibliothèque à Luis Colomb son petit-neveu , chef de la famille. Ce legs portait la condition que 100,000 maravédis seraient dépensés annuellement pour l'entretien de la collection. Si le légataire s'y refusait, les livres devaient échoir au chapitre de Séville, et, en cas de refus, au monastère de San Pablo , de la même ville.

Ni Luis ni ses tuteurs n'ayant fait acte d'héritier, la Biblioteca Fernandina (c'est ainsi qu'on l'appelait alors) resta dans la maison du défunt, sous la garde de l'exécuteur testamentaire, jusqu'en 1544. A cette date. Maria de Toledo, mère et tutrice de Luis, prit sur elle de faire transférer temporairement la bibliothèque au couvent de San Pablo 3.

Nous pensons que ce fut l'époque où commencèrent les déprédations. On ne toucha probablement pas aux livres , car dans le XVI*' siècle les vieux imprimés étaient peu recherchés, surtout en Espagne; mais nous soupçonnons fort que la carte nautique de Toscanelli et les documents originaux concernant l'Amérique , possédés par Barthélémy de Las Casas , provenaient de la

1. Gomara, Historia gênerai de las Indias, Médina del Campo, 1553, in-foL, verso du f. 15.

2. Pero Mexia, Silua de varia leciony Sevilla, 1543, in-fol., lib. III, cap. m.

3. Escritura otorgada por los PP. de S. Pablo; publiée dans Don Fernando Colon f appendice A.

Le tabellion et son plumitif, selon un antique usage qui s'est perpétué jusqu'à nos jours parmi les notaires de tous les peuples , reçurent leurs dernières instructions avec force révérences, et mirent soigneusement les papiers timbrés dans un coin sans plus s'en occuper. Les bons religieux de San Pablo, à leur tour, perdirent patience, et sommèrent le chapitre de les débarrasser d'une bibliothèque désormais sans valeur à leurs yeux. Le tribunal fit droit à une si juste requête, et, à la fin de 1552, la Biblioteca Fernandina prit définitivement le chemin de Téglise métropolitaine^. Rappelons pour mémoire qu'une partie de la fortune de Fernand Colomb accompagnait ce legs 2. L'un n'allait donc pas sans l'autre , et il n'est guère admissible que le chapitre ait absolument dédaigné ce viatique, s'il en négligea tout à fait les conditions.

On est renseigné sur ce qu'il advint après que la collection eut été remisée dans une sorte de garde-meuble, placé au dessus de la pièce où se trouvaient les livres de l'ancienne bibliothèque que les rats, les mites, le bedeau et les sacristains en leurs pressants besoins avaient épargnés. Argote de Molina, vers 1592, disait avec amertume : « La bibliothèque de Fernand Colomb est sous clef, et, bien que formée pour l'étude et le travail, elle ne sert absolument à rien 3. » Cependant, la porte

1 . Pour les pièces de cette procédure , voir Don Fernando Colon , iibi suprà.

2. E si D, Luis Colon no quiere acetar, dexo por eredero à la fahrica de la Iglesia Mayor desta cittdad de Sevilla , con tal cargo que se conprc de mis bienes tanta renta que baste para sustentar la librerfa de la forma y manera que la dexo ordtnado. Testament, dans Don Fernando Colon, page 152.

3. Donde agora estdn encarcelados en una sala alla à la nave del Lagarlo^ no siendo à nadie de provecho lo que se déjà para aprovechamiento y estudio de las ingenios. Argote de Molina, Aparato para la Hisioria de Sez'illa ; Ms.

de quatre à cinq mille volumes, sur plus de vingt mille qut Fernand Colomb avait légués ^ ».

Après la mort de ce brave homme, victime de l'épidémie de 1709, ce fut bien autre chose. Les clefs de la Colombine passèrent aux mains des bala3^eurs de la cathédrale , qui y remisaient leurs torchons et leurs balais. Rafaël Tabares racontait à Gallardo qu'étant enfant, il allait souvent y jouer avec d'autres gamins de son espèce, dont le passe-temps ordinaire était de feuilleter de leurs doigts malpropres les livres de miniatures et d'estampes. « L'abandon fut tel qu'on voyait pourrir sous la gouttière les plus précieux manuscrits » 2.

Cependant, de temps à autre, des livres et des manuscrits venaient encore échouer à la Colombine. C'étaient de vieux fonds trouvés dans les greniers ou des épaves de successions 3 dont on s'estimait trop heureux de se débarrasser. Peut-être y eut-il aussi quelques achats en bloc, à bas prix. Dans des -lots de provenances si diverses, naturellement il y avait de tout. VOviedo de 1535, le recueil de pièces inédites de Cetina, de

1. Caben solo 4 à ^,000 cuerpos de libres no mas, cslo es, tonios ô votiinteiies : pero tambien es certissinto h que dice el mtsnio D. Fernando Colon y afirman las blsiorias que esta libreria pasaba de 20,000 libros. (Ibidem, page 182.)

2. Quedô la Biblioteca tan abandotuula que d mediados del siglo XVIII estaba coufiada su custodia à los barreiulcros de la caledral que lienen las llaves del camaran-

chon de las vêlas ô toldos , alfombras , esteras , etc. D. Rafaël Tabares me asegurô que cuando muchacho iba èl con otros à jugar alli , y se entretenian en hojear los libros

de iluminaciones y estampas La incuria y el abandono en que estaban entâmes

los libros y los nuis preciosos côdices aseguraba ser tal , que algunos estaban recalados y podridos de las goteras. Gallardo, Ensayo de utui biblioteca espanola; Madrid, 1866, grand in-8, tome II, col. 514.

3. Notamment le legs du chanoine Alfonso Texedor, en 1678, et celui de D. Pedro del Campo y Salamanca. ...

Cervantes et de Quevedo, ainsi qu'un certain nombre d'autres articles excellents, proviennent ou provenaient de ces additions; mais la plus grande partie des livres qui entrèrent de la sorte à la Colombine étaient de véritables bouquins.

Diego Alejandro Galvez, qui cumulait la dignité de chanoine avec le titre de bibliothécaire, chercha à mettre un peu d'ordre dans ce fouillis. A cet effet, il s'adjoignit Rafaël Tabares, qui, seul, rédigea, en 1783, un inventaire sommaire, mais très bien fait. Cependant, c'est seulement au siècle suivant, à dater de janvier 1832, lorsque José Maria Fernandez, honnête homme s'il en fut jamais, eut été nommé bibliothécaire, que. la Colombine sembla devoir renaître de ses cendres.

Don José Maria se mit immédiatement à l'œuvre et déploya toute l'activité dont un Andalou soit capable. A force d'instances et par le jeu d'une habile diplomatie, il obtint un peu d'argent du chapitre. Cette libéralité lui permit de faire raccommoder les casiers et balayer la bibliothèque une fois la semaine jusque dans les escaliers. Lorsque S. M. C. la reine Isabelle monta sur le trône, et que plus tard M. le duc de Montpensier se fut fixé à Séville , les dons augmentèrent sensiblement. Un exemple parti de si haut produisit le meilleur effet, et, après quinze ans d'efforts, le zélé bibliothécaire eut la joie de voir affluer des volumes de tous formats. On n'y trouvait plus, malheureuse-r ment, des romans de chevalerie ou des pièces gothique&j comniè du temps de Fernand Colomb. C'étaient, pour la plupart,. de ces majestueux volumes reliés en vélin jaune d'or, avec un titre superbe s'étalant sur toute la longueur du dos; livres" dont l'aspect plein de promesses fait tressaillir de joie l'innocent bibliophile qui les voit pour la -première fois. —^ Ils .ne renferment presque jamais rien. - - - . .

Enfin, au mois de février 1859, la bibliothèque avait pris une telle extension, qu'il fallut abattre le mur mitoyen construit par l'ordre d'Almanzor-Jacob, en l'an 593 de l'hégire, à ce que leur avait dit autrefois le grand orientaliste espagnol Conde. On trouva dans cette muraille une poutre en bois de cèdre, apportée du Liban, comme tous les madriers qui avaient servi à construire la grande aljama (toujours d'après Conde). La solive fut débitée en autant de morceaux que la Colombine comptait de bienfaiteurs, et chacun reçut avec joie cette relique, devenue entre leurs mains et les nôtres un vulgaire presse-papier.

En 1871, Fernandez estimait, un peu à l'aventure, que la Colombine contenait 34,000 volumes et 1,600 manuscrits. Il ne pouvait dire combien dans le nombre provenaient de la bibliothèque de Fernand Colomb. Ceux-ci étaient noyés dans la masse, sans signe extérieur qui permît de les reconnaître. Nous conseillâmes à Don José Maria de ranger ces livres à part, et, après en avoir dressé le catalogue, de les renfermer dans un casier construit à nos frais et orné de la plus forte serrure qui se pût voir. Le brave bibliothécaire ne s'y refusait pas, mais il remettait l'opération au lendemain. Or, en Andalousie , les jours sont des mois, les mois des années, et comme, après tout, on ne vit pas plus longtemps dans ce fortuné pays qu'ailleurs, nous résolûmes de le quitter sans plus attendre. C'était à la fin de la Commune. La dépêche affichée au cercle : « Paris incendié s'effondre; trois cent mille morts, » précipita notre départ.

Un beau cofiret en bois de cèdre (rien du Liban), que nous donnâmes j)our y conserver les trois volumes annotés de la main de Christophe Colomb et qui traînaient depuis deux siècles dans un tiroir rempli de poussière, rappelle seul aujourd'hui des intentions dignes assurément d'un meilleur sort.

LE senor Fernandez mourut, il y a quelques années, et nous ne pensions plus à la Biblioteca Colomhina, lorsque la vue de certains manuscrits vint, dans les premiers mois de cet hiver, en raviver le souvenir. On remarquait, dans le lot, des chroniques et des histoires légendaires en italien ou en catalan , d'une écriture du XV* siècle. La provenance hispano-monacale que le marchand leur attribuait , de forts grattages tant en haut du titre qu'au bas du dernier feuillet, d'autres signes encore finirent par nous convaincre que c'étaient des manuscrits de la Colombine, récemment sortis de cette bibliothèque. Nous apprîmes en même temps que, depuis plusieurs mois, un habile réparateur avait reçu de l'étranger plusieurs manuscrits du même genre, pour en refaire les marges transpercées par un grattoir brutal ^, justement au premier et au dernier feuillet.

Notre surprise se peut facilement concevoir quand un mois après cette découverte, nous sûmes que des plaquettes gothiques françaises, évidemment de semblable origine, et portant toutes ces marques indélébiles, couraient les rues et les quais. Il nous fut enfin permis d'en voir et palper un certain nombre , ainsi que de magnifiques in-folios des presses parisiennes du xvi* siècle, également déreliés, grattés jusqu'au sang et provenant de la même source.

Sans plus tarder, nous procédâmes à une petite enquête dont les résultats , incomplets mais dignes de foi , ne sauraient être passés sous silence.

1 . Le procédé employé le plus souvent paraît cependant avoir été de l'eau et une brosse à ongles, — en supposant que l'individu chargé de la besogne connût cet ustensile.

— i6 — Si Ton en croit la légende, au cours de l'hiver que nous venons de traverser, au mois de novembre et. i l'époque des étrennes, on vit arriver à Paris, directement de Séville, et décharger devant une maison de. très respectable apparence un énorme colis* L'introduire et le déballer ne. fut pas une mince affaire. La caisse était remplie d'objets précieux. Nous, ne saurions dire si elle contenait aussi un saint-ciboire du xm^ siècle enchâssé de perles et d'émaux translucides , .comme le fameux vase- du duc xle Prias, venu aussi d'Espagne, en ligne directe du ..couvent de Médina de Pomar^ et dont la bizarre destinée égayait L'autre jour encore la première chambre du tribunal civil de la Seine. En tout cas, le volumineux envoi renfermait de superbes tapisseries,, et, probablement pour les empêcher de ballotter pendant, le transport, on avait tamponné les vides rien moins qu'avec de nobles manuscrits du xv*^ siècle, des plaquettes gothiques de toute beauté et plusieurs paquets de feuillets richement enluminés, arrachés à des missels du moyen âge ^

Ne tenant pas à garder ces livres , le destinataire les envoya sans tarder à un collectionneur du voisinage. Soit que celui-ci voulût avant tout le bien du prochain ou que, inspiré par un vieux Brunet à prix antédiluviens, il n'eût pas une idée adéquate de la valeur de ces merveilles, — on ne peut pas tout savoir, — il les donna pour bien peu de chose , en vérité , à un brave et honnête libraire, qui n'est pas au coin du quai.

Notre modeste acquéreur, tout à la joie, se mit immédiatement en mesure de tirer partie de son aubaine; aubaine ^ont il. ne paraît pas cependant avoir calculé toute la portée. D'ailleurs ,

I . Ce paquet de belles miniatures a été vendu depuis , en bloc , à Paris , pour 75 francs, i\ un brocanteur italien.

comme lui non plus n'a jamais voulu la mort du pêcheur ', il dressa "promptement une liste, que nous jugeons digne d'être conservée, pour servir à l'histoire du commerce des livres rares et précieux dans la capitale du monde civilisé en l'an de grâce 1885.

Prenons au hasard quelques articles dans cette nomenclature curieuse et pittoresque.

Il y eut un premier lot, mal ficelé, mais composé en partie des ouvrages suivants :

Le Cheualier ans Dames; Mets, Hochfeder, 1516, petit in-4, gothique.

Feldtlmch der Wundtart^^ney von Hans von Gers^dorff; Straszburg, Schott, 1517, in-foL, planches anatomiques.

1x5 Faicts et Prouesses du puissant et preux Hector ; Paris, Ph. le Noir, s. d., petit in-4, gothique.

L'Hystoire et Cronicque du noble et vaillant Baudoin ^ comte de Flandres , lequel espousa le diable; Lyon, Arnoullet, s. d., petit in-4, gothique.

La Mareschalerie de Laurens Rusé y translatée de latin en françoys; Paris, Wechel, 1533, in-fol., gothique, avec figures.

La Thoyson Dor Composa par révérend père en Dieu Guillaume [Fillastre]; in-fol., gothique; le tome I, Paris; le tome II, Troyes, Nicolas le rouge , 1530.

S'ensuyt ung tresbeau et exellent Romant nommé Jehan de Paris; Lyon, Cl. Nourry, s. d., petit in-8, gothique, figures sur bois.

I. Lrs Ewres de Lovî^e Lobé Lionnoixe, Lyon, J. de Tournes, 1555, revendues pour 15,000 fr., furent autrefois cédées par ce même libraire moyennant quarante écus. Il est vrai qu'elles avaient reçu dans l'intervalle une belle reliure

de Trautz-Bauzonnet.

Les grandes Prouesses du très vaillant chevalier Tristan; Paris , 1533, in-foL, gothique.

Le prix demandé par ce libraire aimable et patenté ne fut pas moins de six cent cinquante francs y pour le lot complet.

Quand le bibliophile expérimenté voit une évaluation aussi fantastique, il se demande sérieusement ce que ces livres ont bien pu rapporter au joyeux Andalou qui , le premier, les jeta sur le marché : un paquet de cigarettes et une gousse d'ail , tout au plus. Qu'il nous suffise de rappeler qu'un exemplaire d'un seul de ces ouvrages (relié, il est vrai, par Trautz-Bauzonnet) a été adjugé en vente publique^ au prix de 11,100 fr., sans les frais.

Plusieurs clients examinèrent avec curiosité cette série unique de livres précieux; mais ce fut un confrère, matinal et né malin, qui l'obtint. Il pa3'a même, dit-on, sans sourciller.

Encouragé par ce résultat, le susdit libraire acquit, toujours du même importateur franco-espagnol, un lot bien plus curieux encore de raretés bibliographiques. Mais, cette fois, il voulut répandre cette manne bienfaisante en petite pluie, et c'est directement aux amateurs qu'il s'adressa. Un magnifique PhebuSy de Trepperel^, qu'il avait fallu rapporter au Bois de Boulogne parce qu'un bibliophile des plus distingués l'avait trouvé trop cher au prix de 200 fr., tempéra d'abord son ardeur. Cependant il ne tarda pas à reprendre courage , et c'est résolument que la liste suivante fut offerte à prix marqués :

1. Lr Cheualier aus Dames (et non Place aux Dames I comme le rapporte un académicien espagnol; lire l'instructif Diario de las cartes, sénat, 25 mai 1885). Vente Didot, juin 1878, no 126. Voir le catalogue Rothschild, n© 529.

2. Des deduix de la chasse des hestes sauvages et des qyseaux de proye. Paris, s. d., petit in-fol. Le dernier exemplaire vendu à Paris, en 1881, l'a été au prix de 5,000 fr.

Contre roman de la rose ^ 60 fr.

Opuscules de Clément Marot ^ 60

L'Amant rendu cordelier 5 40

Petit compost'^ éo

L'Hôpital d'Amour 5 50

L'Image du monde^ 100

1. Co[n]tre roma[n]t de la rose. Petit in-40, goth., s. 1. n. d., complètement inconnue, sans nom d'auteur, dont le texte est daté de 1398, et qui continue la série des pièces rarissimes composées pour la défense du beau sexe contre les allégations du Rotnan de la Rose y telles que le Cheualier aus Daines, le Garant des Daines (fragment du précédent), VEpistre au Dieu damour et le Trésor de la Cité des Daines y de Christine de Pisan, le Champion des Dames ^ de Martin Franc, et la Vray disant Advocate des dames ^ de Jehan Marot (père de Qément ).

2. Opuscules de Clément Marot réduits en tout un» Plaquette gothique absolument inconnue jusqu'ici; s. 1. n. d., mais probablement de Lyon, Amoullet, antérieurement à 1538.

3. VAnumt rendu cordelier à Vdbservance d'amours; poème attribué, sans preuves décisives, à Martial de Paris, dit d'Auvergne. On en connaît trois mss. à Paris, trois à Rome et un à La Haye, plus sept éditions gothiques Lenglet-Dufresnoy a réimprimé le poème en 173 1, à la suite des Arresis d'amours, M. de Montaiglon en prépare une nouvelle édition pour la Société des anciens textes français. Nous ne savons quelle édition possédait la Colombine. Il importe de rapprocher de Y Amant rendu cordelier quatre opuscules gothiques de la même famille, opuscules dont nous n'avons pu obtenir les titres , et qui passèrent dans les mains du même amateur, en bloc , pour 140 fr., prix marqué, mais sans escompte aucun.

4. Petit compost en francoys. Paris, 15 16 ou 1530, petit in-8.

5. Cy commence VOspital damours; s. 1. n. d., petit in-4, gothique. Pièce attribuée à tort à Alain Chartier. Voir le catalogue Rothschild, nos ^jy et 578.

6. Le Liure de ckrgie nommé VYmage du monde. Il s'agit probablement de la rédaction en prose; Paris, Trepperel ou Janot, s. d,, petit in-4, gothique, avec figures , et dont un médiocre exemplaire vient de figurer à la vente Chartener (no 255).

Ld Parthenice Marianne ^ loo fn

Les XXI épitres d'Ovide^ lOO

Testament d'un amoureux 3 50

Procès de deux amants 4 40

L'histoire de deux amants :> 200

Les sept Psaumes ^ 100

Art et science de bien vivre 7 300

Le temple Jehan Boccace^ 350

1. La Parthenice Mariane de Baptiste Mantuan; Lyon, Nourry et Besson, 1523, petit in-folio.

2. Traduction d'Octavien de Saint-Gelais. Une édition de Paris ou de Lyon, antérieure à 1537.

3 . Le Testament d'un amoureux qui mourut par amours» Plaquette gothique.

4. Procès des deux amans plaidyant en la cour de Cupido la grâce de leur dame. Par Bertrand Desmarins de Masan; s. 1. n. d., petit in-8, goth. Jusqu'ici on ne connaissait qu'un exemplaire de cette pièce remarquable, qui est une des perles de la belle et mystérieuse collection du quartier des Champs-Elysées. Voyez Montaiglon et Rothschild, Recueil de Poésies françaises, tome X, pages 170—192.

5 . L'histoire des deux vrays amans Eurial et la belle Lucresse traduite du latin , d'iEneas Silvius Piccolomini. Ce pourrait être aussi une édition du Livre des deux amans, Guiscard et Sigismunde, traduit du latin, de Pierre Arétin.

6. Peut-être doit-on reconnaître ici les Miditacions sur les sept pseaulmes pénitentiaulx, dont on possède une édition attribuée aux presses de Caxton, ou bien la ParapJjrase et dévote Exposition sur les sept tresprecieux et notables Pseaumes du royal prophète David que Brunet (tome U, 17s S) attribue, on ne sait pourquoi, à Gringore, et dont il ne cite qu'une édition de 1541.

7. Le Liure nommé Vart et science de bien viure et de bien mourir. Probablement l'édition donnée à Lyon , par Jacques Moderne , dit le Grand Jacques , avant 1538, in-4

8. Par George Chastelain. Paris, Galliot Du Pré, 1517, petit in-folio? L'exemplaire qui a figuré à la vente Tumer (mars 1878, n® 265) a été vendu 4,000 francs sans les frais.

Passades d'outre-mer ^ 200 fr,

Perpignan * 150

Songe du Vergier 3 50

Compendium gothique 4 70

Histoire de Troyes ^ 70

Miroir de Vâme ^ ?

Judas Machahà 7 ?

Boëce ^ 45

Gyron le Courtois 9 ?

On nous affirme qu'il vendit sa collection à ces prix sans éprouver de trop grandes difficultés. Seulement — il vient toujours se mêler une goutte d'absinthe au bonheur le plus complet — les amateurs, avec une générosité à nulle autre pareille, écartant le candide intermédiaire, devenu inutile, se mirent bravement en campagne afin de remonter à la source de ce qu'on pourrait appeler le Pactole de Chaillot. Ils y réussirent ; car rien n'égale le flair, la persévérance, la stratégie et le génie du collectionneur

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