II, IV
idéale qu'il imaginait n'était pas non plus déliée de toute obligation à l'égard des peuples qu'elle dominait. Elle devait exercer sur eux son empire avec justice, et rechercher plutôt leur bien que le sien propre (i); s'abstenir des guerres agressives, comme celles que César, Crassus et les chefs populaires avaient faites pendant les dernières années (2); ne pas commettre d'actes d'inutile férocité comme la destruction de Corinthe; détester la perfidie et la déloyauté même à l'égard des ennemis (3); être en somme, comme nous le dirions aujourd'hui, t pacifiste » autant que les conditions sociales du monde ancien le permettaient. Elle ne se servirait de la guerre que comme d'un moyen pour obtenir la paix, qui est le bien et le but suprême de la vie (4); elle préférerait les grands orateurs, les juristes, les citoyens généreux et sages, les savants, les philosophes aux grands guerriers (5), à la condition cependant que l'amour de l'étude ne détournât pas le citoyen de ses devoirs civiques, qui devaient être l'objet constant et suprême de tous ses efforts. Cette division du travail, qui faisait qu'à son époque beaucoup de citoyens ne savaient plus être, comme jadis, à la fois orateurs, juristes, généraux, administrateurs; cette variété croissante des aptitudes et des inclinations individuelles, qui causait la ruine des vieilles institutions de la république, semblait à Cicéron une décadence. Il fallait, selon lui, revenir à l'ancienne unité encyclopédique (6). S'imaginant ainsi pouvoif