VAM-PU<)IM)S
licf. P;irmi ces l'Iudos. los plus ;uicîeiincs ont subi. oiinimr il cmivcnail. (li\(Ms remaniemonls : <|uanl aux atilrcs. doul ccrtainos (laU'ul à j)eine de plusieurs mois, je les ai un peu augmentées ou corrigées comme ou i^eul le faiie chaque fois (pi'on rejirend un travail, iTeùl-il \\i le jour (pie depuis «piehpies semaines.
LE ROMAN DAMOUll
CLÉMENT MAROÏ
Lu vie du plus charmant des poètes de la Ueuaissaiice française a été traversée par une grande passion, dont l'histoire, en dépit de savantes recherches pouisuivies depuis le wni" siècle jusqu'à une épf)- (|ue toute récente, demeure entourée d'un profond mystère. Il semble que l'auteur de L'Adolescence ('Icineni'mc ait voulu eni|)orler son secret avec lui, tant il a soigneusement dissinmlé, dans les ojuvrcs qui furent publiées de son vivant, les indices qui auraient pu permettre au public d'identifier la belle inconnue qui, sous le nom d'Anne, fut l'objet de sa tendresse. Ceux de ses amis qui reçurent ses confidences, gardèrent fidèlement, si j'ose dire, le mot de l'énigme, el, bien que tel d'entre euv ail fait à cette ilamme des allusions caractéristiques dont nous nous servirons plus loin, il sut les voiler de telle sorte que rien ne transpira dans le public.
Et ce qui prouve à quel point l'entourage de Marot resta discret, c'est que, durant la querelle mémorable qui mit le poète aux prises avec Sagon et amena de la part de ses ennemis tant d'insinuations mal-
a (.UAM>S l'CIUVAlNS HF, l.\ RENAISSANCE
voillaiilc-^ ou caldinnii'usos, aiu'uiic mcnlioii ne l'ut faile tlo son j^Maiid amour. Or, nous allons le j)iouver. ce sentiment, (jui resta uniciuc dans son existence, traversée partant d'épreuves, cl qui lui comme le chaiiiH' fl le sourire de ses plus belles années, exerça sur tout son èlre moral une influence décisive. Il enrichit cl éleva sa muse, inspiranl à celle-ci des accents loul ii(»uveaux, lui faisant découvrir des délicatesses, des nuances exquises (rexi)ression quelle ijLfuorail encore, bref, entraînant le poète du Temple de Cupidon vers de plus hauts sommets et marquant en quelque sorte le plein épanouissement de son aimable g^énic. 11 est certain, ainsi qu'on le verra bientôt, qu'un grand nombre de ses poésies, parmi les plus achevées et les plus pénétrantes qu'il ail composées, se raltacheul aux péripéties de cette passion profonde, qui garde, après tant d'années écoulées, le don de nous émouvoir encore. Sans elle, on peut l'assurer, Marot ne fût pas devenu le poète de premier rang en qui nous admirons et nous aimons une sensibilité déjà toute moderne, ni l'interprète si séduisant des aspirations et des sentiments de notre Renaissance, alois à son aurore. Il lui eut manqué ce qui, depuis Dante, a sacré tous les vrais poètes, ceux dont le privilège est de rester, malgré le temps, toujours proches de nous : un grand amour. C'est en étudiant l'histoire, encore inconnue, de cette passion romanesque et de son objet iTjystérieux, que le véritable Marot, avec sa psychologie beaucoup plus variée qu'on ne la supposée généralement, se révélera à nous : tendre, discret, mélancolique, et plus sincèrement épris peutèln; fjue ne le furent jamais, au xvi* siècle, tant de
LE nOM.VN D AMOUR DE CLEMENT MAUOT O
poètes amoureux dont il demeure comme le chef de chœur eu inrino temps (pie le précurseur.