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LA CLOCHETTE

CONTE

Nous avons collationné ce conte, dont l’origine nous est inconnue, qui est peut-être de l'invention de la Fontaine, sur un ma-

1. Les contes qui suivent n’ont jamais été groupés ainsi par la Fontaine, car il ne fit plus de recueil à part depuis la sentence d'interdiction prononcée par le lieutenant de police contre la IV° partie (tome V, p. 285, note 1). La Matrone d’Éphèse et Belphégor parurent en 1682, à la suite du Poème du Quinquina, aux pages 57-93 d’un volume in-12, publié, à Paris, chez Denis Thierry et Claude Barbin, qui contient aussi, après ces deux contes, les fragments de l'opéra de Galatée et l'opéra de Daphné. La Clocheïte, le Fleuve Scamandre, la Confidente Sans le savoir, le Reméde, les Aveux indiscrets, sont aux pages 137-189 du tome I des Ouvrages de prose et de poésie des sieurs de Maucroix et de la Fontaine, à Paris, chez Claude Barbin, 1685 (2 volumes in-13) : ils ont été réimprimés tous les cinq, avec la Mafrone d'Éphèse et Belphégor, dans l'édition de Henry Desbordes, Amsterdam, 1686, in-12, et, avec lés figures de Romain de Hooge, dans celle de Pierre Brunel, Amsterdam, 1696, in-8°. La Clochette l'avait été déjà au tome I de l'impression hollandaise de 1685. Le conte des Quiproquo a Yu le jour pour la première fois dans les OEuvres posthnimes de M. de la Fontaine, publiées à Paris, en 1696, chez Jean Pohier, 1 volume in-12, p. 151- 160; il fut joint, en 1699, à un choix de pièces galantes (Utrecht, Antoine Schouten, r volume in-12), et en 1705, à un recueil de

k CONTES. [o.

nuscrit appartenant à M. le baron de Ruble, et qui paraît bien être autographe, sans que nous puissions #: 0 en garantir l’authenticité. |

Il n’est pas sans nue analogie avec une Hétoriene du Moyen de parvenir (chapitre xxx) : « Dela fille du mestayer qui auoit perdu ung mouton », qui commence ainsi : « Reuenue au soir auec ses moutons, la fille de nostre mestayer fut tancée de ce qu’elle en auoit esgaré ung; et sa mere, la voulant battre, luy dit : « Va, mes- « chante, va chercher ton ouäiïlle!5 La pauure fille, qui ne sçauoit où la prendre, s’en alla pleurant, et se mit soubz ung arbre, etc. » Mais, dans cette historiette, si le dénouement est à peu près le même que dans notre conte, il n’est pas question de clochette pour « détourner » la jeune fille,

Dans la IV* partie du recueil de Daniel de la Feuille (1695 Amsterdam, p. 3-5), il a pour titre + De Colin et d’Isabeau.

Il a été mis en action dans une comédie en un acte, en vers, mêlée d’ariettes, la Clochette; d’Anseaume, musique de Duni, représentée au Théâtre-Italien le 14 juillet 1766, analysée dans le Dictionnaire dramatique, tomé T, p. 253. Les amoureux de cette comédie s'appellent Colin, comme dans lé recueil de Daniel de là

Feuille, et Colinette. |

-Oh!-combien l’homme est inconstant, divers, Foible, léger, tenant mal sa parole” !

contes (Amsterdam, Pierre Brunel, 1 volume in-12). Nous reproduisons pour les Quiproquo les variantes d’un mapuscrit que Walekenaer a eu entre les mains, variantes qu’il considérait comme les dernières corrections de l'auteur. , Nous avons dit au tome III, p. 191, que la Matrone d'Éphèse ‘et Belphégor, sauf le prologue dla Champmeslé, furent publiés de nouveau par la Fontaine dans son recueil de fables de 1694. On sait qu'il y plaça aussi Philémon et Baucis etles Filles de Minée; déjà parus en 1685, que nous donnons à la suite de cette V° partie des Contes. Quant à son repentir, à ses scrupules au sujet de ces fantaisies licencieuses de sa muse, et à la rupture de l'engagement qu'il avait pris d’y renoncer, nous renvoyons à la Notice biographique, qui est en tête de notre tome I, p. cxxvim-cxxxiv,

1. « Certes c’est ung subiect merueilleusement vain, diuers etondoyant que l'homme : il est malaysé d’y fonder jugement constant

c. 1] CINQUIÈME PARTIE. 5

J'avois juré‘ hautement en mes vers *

De renoncer à tout conte frivole® :

Et quand juré ? c’est ce qui me confond, 5 Depuis deux jours“ j'ai fait cette promesse.

Puis fiez-vous à rimeur qui répond

D'un seul moment. Dieu ne fit la sagesse

Pour les cerveaux qui hantent”’ les neuf Sœurs :

et uniforme. » (MonrArewe, tome I, p. 9.) « L'homme est un animal bien divers et bien bigarré. ÿ (Barzac, Socrate chrétien, discours x.) Horace avait dit aussi :

Mea quum pugnat sententia secum, Quod petit spernit ; repetit quod nuper omisit ; Æstuat, et vitæ disconvenit ordine toto; Diruit, ædificat, mutat quadrata rotundis.

(Livre I, épître 1, vers 97-100.)

| Comparez Boileau, satire vrur, vers 49-54 ; et surtout, dans les Poésies diverses de Racine (tome IV, p. 156-157), le cantique mr, tiré de Saint Paul aux Romains, chapitre vx, Plaintes d'un chrétien sur les contrariétés qu'il éprouve au dedans de lui-même :

.…. Hélas | en guerre avec moi-même, Où pourrai-je trouver la paix ?

Je veux et n’accomplis jamais,

Je veux, mais, Ô misère extrêmel

Je ne, fais pas le bien que j'aime,

Et je fais le mal que je hais.

x. Semblable début au vers x des Lunettes : « J'avois juré, ete, »

CA J'avois juré, même en assez beaux vers, (1685, 1686, 1705, Amsterdam.)

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