‹ Grands EcrivainsChapitre 110 sur 339 · FCONTES ME | Îe. vu · texte numérisé non relu

FCONTES ME | Îe. vu

Mais Mathéo, moyennant grosse somme‘,

L’en fit sortir au premier mot qu'il dit. - C’étoit à Naple. Il se transporte à Rome;

Saisit un corps : Mathéo l'en bannit, + 240 Le chasse encore? : autre somme nouvelle.

parlava latino, e disputava delle cose di flosofa, e scopriva à peccati di molti; Pr i quali scoperse quelli d'un frate, che S'aveva tenuta una femminaïvestita ad uso di’fraticino piu di quattri anni nella sua cella.

1. Qu'il reçut des parents pour. ses exorcismes. — Comparez tome V, p. 493 et note 6.

2. Rapprochons de cette histoire de possessions et d’exorcismes le passage suivant du Journal du Voyage de Montaigne, tome II, p. 2-5 : « Ie rencontray, en une petite chapelle (à Rome), ung prebstre reuestu, abesongné à guerir ung spiritato : c’estoit ung homme melancholie et comme transi. On le tenoit à genoux deuant l'autel, ayant au col ie ne sçay quel drap par où on le tenoit attaché. Le prebstre lisoit en sa presence force oraisons et exorcismes, commandant au diable de laisser ce corps, et les lisoit dans son breuiaire, Aprez cela il detournoït son propos au patient, tantost parlant à luy,tantost parlant au diable, en sa personne, et lors l'iniuriant, le battant à grans coups de poing, luy crachant au visage. Le patient respondoit à ses demandes quelques responses ineptes : tantost pour soy;, disant comme il sentoit les mouuemens de son mal; tantost pour le diable, combien il craignoiït Dieu, et combien ces exorcismes agissoient contre luy. Aprez cela, qui dura longuement, le prebstre, pour son dernier effort, se retira à l’autel et print la custode de la main gauche, où estoit le Corpus Domini; en l’aultre maïn tenant une bougie allumée la teste renuersée contre bas, si qu'il la faisoit fondre et consommer, prononçant cependant des oraisons, et au bout des paroles de menace et de rigueur contre le diable, d’une voix la plus haulte et magistrale qu’il pouuoit. Comme la premiere chandelle vint à defaillir prez de ses doigtz, il en print une aultre, et puis une seconde (sic),et puis la tierce. Cela faict,ilremit sa custode, c’est à dire le vaisseau transparent où estoit le Corpus Domini, et vint retrouuer le patient, parlant lors à luy comme à ung homme, le fit detacher et le rendit aux siens pour le ramener au logis. Il nous dit que ce diable là estoit de la pire forme, opiniastre, et qui cousteroit bien à chasser; et à dix ou douze gentilz hommes qui estions là, fitplusieurs contes de ceste science, et des experiences. ordinaires qu’il en auoit, et notamment que le iour auant il auoit deschargé une femme d'ung gros diable qui, en sor-

c. vu] CINQUIÈME' PARTIE. ati

Trois fois enfin, toujours d’un corps femelle, Remarquez bien ‘, notre diable sortit*.

Le roi de Naple avoit lors une fille,

Honneur du sexe’, espoir de sa famille: + 245 Maint jeune prince étoit son poursuivant*.

Là d’Honesta Belphégor se sauvant,

On ne le put tirer de cet asileS.

Il n’étoit bruit, aux champs comme à la ville,

Que d’un manant qui chassoit les esprits®, 250 Cent mille écus d’abord lui sont promis.

Bien aflligé de manquer cette somme ”

(Car les trois fois® l’empéchoient d'espérer

tant, poussa hors ceste femme, par la bouche, des clous, des es-

pingles, et une touffe de son poil. Et parce qu’on luy respondit

qu’elle n’estoit pas encore du tout rassise, il dit que c’estoit une

aultre espece d'esprit, plus legier et moins malfaisant, qui s’y es-

toit remis ce matin là, mais que ce genre (car il en sçait les noms,

les diuisions et les plus particulieres distinctions) estoit aysé à es- * coniurer, » Voyez aussi une nouvelle de Saint-Évremond (OEuvres

mélées, tome I, p. 68-85): « Le prophète irlandois »; et notre

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