Tome III, p. 81 et note
D'un carnage récent sa gueule est toute teinte,
Thisbé fuit; et son voile, emporté par les airs*,
Source d’un sort cruel, tombe dans ces déserts*.
.La lionne le voit, le souille, le déchire;
Et, l'ayant teint de sang, aux forêts “ se retire5. : . 110 Thisbé s'étoit cachée en un buisson épais.
Pyrame arrive, et voit ces vestiges tout frais :
O dieux! que devient-il! Un froid court dans ses veines”. Il aperçoit le voile étendu dans ces plaines”, | Il le lève; et le sang, joint aux traces des pas, 115 L'empèche de douter d’un funeste trépas.
« Thisbé! s'écria-tl, Thisbé, je t'ai perdue!
1. Par cent cruels repas cet antre diffamé Se trouvoit en tout temps de carnage semé,
(Saint Male, vers 451-452.) ra, À travers les airs.
3. Callida per tenebras, versato cardine, Thisbe Egreditur, ftique suos ; adopertaque vultum Pervenit ad tumulum; dictaque sub arbore sedit. Audacem faciebat amor : venit ecce recenti Cæde leæna boum spumantes oblita rictus, » Depositura sitim vicini fontis in unda.
Quam procul ad lunæ radios Babylonia Thisbe Vidit; et obscurum trepido pede fugit in antrum ; Dumque fugit, tergo velamina lapsa relinquit. (Zbidem, vers 93-101.)