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Tome V, p. 236 et notes

© 5, Las! où est maintenant ta ieune et bonne grace, Et ton gentil esprit, plus beau que la beauté? (Macpezeins pes Rocuss, OEuvres, Paris, 1579, in-4°, sonnet à une Amie.)

C'est l'idée développée dans la zxxxvi° épigramme de Catulle,

6: Pour cet hommage à Aminte, comparez le fragment vir du Songe de Vauz (tome III M.-L., p. 222).

Et, s'il falloit juger de l’objet le plus doux; Le sort seroit douteux entre Vénus et vous.

é 4 4 j Tandis que le héros admire Cythérée, Elle rend par ces mots son âme rassurée*: + + « Trop aimable mortel, ne crains point mon aspect; 85 Que de la part d'Amour rien ne te soit suspect : En ces lieux écartés c'est lui seul qui m'amène. Le Ciel est ma patrie, et Paphos mon domaine : Je les quitte pour toi; vois si tu veux m’aimer. » Le transport d’Adonis ne se peut exprimer. 90 « O dieux, s'écria-t-il, n’est-ce point quelque songe ? Puis-je embrasser l'erreur‘ où ce discours me plonge ? Charmante déité, vous dois-je ajouter foi‘?

Quoi! vous quittez les cieux, et les quittez pour moi! Il me seroit permis d'aimer une Immortelle! - 95 — Amour rend ses sujets tous égaux, lui dit-elle; La beauté, dont les traits même aux dieux sont si doux,

z Rapprochez le conte xr de la III° partie, a. Dans le manuscrit de 1658, on lit, au lieu des dix-huit vers qui précèdent, les deux suivants : |

La charmante Vénus, d'éclat environnée, Rend par ces mots le calme à son âme étonnée.

3. Capta viri forma non jam gros curat Littora; non alto repetit Paphon æquore cinctam, Piscosamque Gnidum, d'éhisaré Amathunta metalli, Abstinet et cœlo, cœlo præfertur Adonis.

(Ovinx, Métamorphoses, livre X, vers 529-532.)

4. Et s’il n’alloit parfois régler la violence «Dont la chaste recluse embrasse l’oraison.…. (Poème de la Captivité de saint Male, vers 514-515.)

5. Chez Corneille, OEdipe (acte IV, scène x, vers 1331): .». À Phorbas ajouteriez-vous foi?

Comparez Malherbe (tome I, p. 303) : « donner foi à quelqu'un »,

ADONIS. 235 Est quelque chose encor de plus divin que nous *,

Nous aimons, nous aimons, ainsi que toute chose :

Le pouvoir de mon fils de moi-même dispose : 100 Tout est né pour aimer. » Ainsi parle Vénus; :

Et ses yeux éloquents en disent beaucoup plus,

Ils persuadent mieux que ce qu'a dit sa bouche’,

Ses regards, truchements* de l’ardeur qui la touche, Sa beauté souveraine, et les traits de son fils, 105! Ont contraint Mars d'aimer *: que peut faire Adonis ?

Il aime, il sent couler un brasier dans ses veines’;

1. Vers qu’on retrouve presque textuellement dans la tragédie d'Achille (acte 1, scène m1) :

La beauté, dont les traits même aux dieux sont si doux, Est quelque chose encor de plus puissant que nous. — Offrons tout ce qu'on doit d’encens, d’honneurs suprêmes, Aux dieux, à la beauté plus divine qu'eux-mêmes. (Axoeé Cuéwier, Art d'aimer, xt.)

a. Ci-dessus, p. 188 et note 7.

— Une déesse dit tout ce qu’elle a dans l'âme. | . (Livre XII, fable r, vers 47.) 3. Belle Bouche dit « j'aime » ; et le disons-nous pas, Sans aucun bruit? notre langage, 2 Muet qu'il est, plaît davantage Que ces perles, ce chant, et ces autres appas Avec quoi Belle Bouche engage.

(Le Différend de Beaux Yeux et de Belle Bouche, tome V #.-L., p. 79.)

4. Tome III, p. 167 et note 5, Voyez aussi ci-dessous, p, 330 : Ce truchement pour nous dit assez notre mal, 5. Vers 52.— 6, Vers 72.

— Autrefois le dieu Mars, Blessé par Cupidon d’une flèche dorée, etc.

(Les Amours de Mars et de Vénus, déjà cités, tome III M.-L., p. 230.) Quoique je porte dans le sein Des brasiers qui n'ont point de fin...

(Vorrune, Réponse à M, Arnaud.)

l'indigne brasier qui consumoït mon cœur,

Les plaisirs qu’il attend sont accrus par ses peines! :

Il desire, il'espère, il craint, il sent un mal A qui les plus grands biens n'ont rien qui soit égal”, 116 Vénus s’en aperçoit, et feint qu'elle l'ignore : | Tous deux de leur amour semblent douter encore;

Et, pour s'en assurer, chacun de ces amants

Mille fois en un jour fait les mêmes serments*.

Il ne me reste plus que la seule rougeur, (Rorrou, Venceslas, acte II, scène z1.)

Son brasier est trop grand, rien ne peut l’amortir. . (Cornmize, la Galerie du Palais, vers. 307.)

J'ai pris, j'ai fait couler dans més brûlantes veines

Un poison... f (Racine, Phèdre, vers 1637-1638.)

Je sens de veine en veine une subtile flamme Courir par tout mon corps sitôt que je te vois. (Borzxav, traduction du Sublime de Longin, chapitre vrrr.)

« Elle sentit la flamme qui couloit déjà dans son sein.» (Féwacow, Télémaque, livre VI.) « .…. Ce fut dans ce temple que Vénus vit pour la première fois Adonis : le poison coula au cœur de la déesse, » (Monresquieu, le Temple de Gnide, chant 1.)

1. Car l'attente d’un bien augmente le desir. (RonsarD, tome II, p. 98.)

a. Ah! si vous connoïssiez, comme moi, certain mal | Qui nous plaît et qui nous enchante!

Il n'est bien sous le ciel qui vous parût égal. (Livre VIIT, fable xx, vers 31-33.)

Rapprochez cette stance de Voiture (p. 26) :

Tandis qu'un feu secret me brûle et me dévore,

J'ai des plaisirs à qui rien n'est égal,

Et je vois au fort de mon mal Les cieux ouverts dans les yeux que j'adore, 3. Au lieu des vingt-huit vers qui précèdent, on lit dans le manuscrit de 1658 les vingt-quatre vers suivants :

Dans ces sombres forêts c'est lui seul qui m’amène : Encor qu'il soit mon fils, c'est l’auteur de ma peine; Il m'obiae quitter les cieux, où je ne voi Rien de si grand que lui, ni de si beau que moi. Pour toi, je viens chercher un séjour solitaire,

Quelles sont les douceurs qu’en ces bois ils goûtèrent'! O vous de qui les voix jusqu'aux astres montèrent, Lorsque par vos chansons tout l'univers charmé

Vous ouïit célébrer ce couple bien-aimé, ,

Grands et nobles esprits, chantres incomparables, Mêèlez parmi ces sons? vos accords admirables?. : 120 Écho, qui ne tait rien, vous conta ces amours;

Vous les vites gravés au fond des antres sourds :

Et renonce aux autels à moins que de te plaire. Je pourrois employer mon fils et tous ses traits; Mais je ne veux devoir ton cœur qu’à mes attraits : Tu ne le peux du moins refuser à ma flamme,

, — Déesse, répond-il, que j'adore en mon âme, Regardez quels honneurs Votre Divinité Peut exiger de moi dans un bois écarté, Je sais votre puissance à Paphos souveraine ; Celle de votre fils sans vous eût été vaine, Et, si je n’eusse vu vos célestes attraits, J'eusse empêché mon cœur d’être en butte à ses traits. Mais nous est-il permis d'aimer une Immortelle?

\ — Tous les'sujets d'Amour sont égaux, lui dit-elle,

Et même la beauté, dont les traits sont si doux, Est quelque chose encor de plus divin que nous, » Cependant que Vénus par ces mots l’encourage, Jl admire son port, sa taille, et son visage : Leurs yeux, qui pour témoins n’ont que les yeux du jour, Ne se rencontrent point sans se parler d'amour,

1. Dieux! quels objets! est-ce Flore et Zéphyre? Est-ce Psyché qui caresse l'Amour ?

Est-ce Vénus que le fils de Cynire Tient dans ses bras loin des rayons du jour, Tandis que Mars est jaloux et soupire?

(Vozrarne, tome XI, p. 24.)

a. Ci-dessous, p. 330 et note 5.

‘8. Au lieu de ces quatre derniers vers, on lit ceux qui suivent, dans le manuscrit de 1658 :

+ mg par vous-même instruit de tels ravissements, ous chantiez les plaisirs goûtés par nos amants,

Si jamais j'eus besoin des faveurs du Parnasse, Faites que je réponde à vos chants pleins de grâce.

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