Tome II, p. 170 et note
9. Sur cette attribution d’origine, sur cette ancienne croyance qui vient sans doute de ce que les chevaux semblent aspirer le vent avec délices, voyez Virgile, Géorgiques (livre III, vers 269-283) :
Illas ducit amor trans Gargara, transque sonantem Ascanium ; superant montes et flumina tranant : Continuoque, avidis ubi subdita flamma medullis, Were magis, quia vere calor redit ossibus, illæe
Ore omnes versæ in Zephyrum stant rupibus altis,
Les forêts l’ont nourri pendant ses premiers ans. Il ne craint point des monts les puissantes barrières, Ni l'aspect étonnant’ des profondes rivières”, Ni le penchant affreux des rocs et des vallons; D'haleine en le suivant manquent les Aquilons. : 350 Adonis le retient® pour mieux suivre la chasse.
Exceptantque leves auras; et sæpe sine ullis
Conjugiis vento gravidæ, mirabile dictu!
Saza per et scopulos et depressas convalles
Diffugiunt.… ; F x et comparez Aristote, Histoire des animaux (vx, 18); Varron, de Re rustica (II, 1, 19); Columelle (V, xxvir, 3 et suivants); Pline (vx, 42); Justin, Histoires (XLIV, nr, r); Élien (1v, 6); Oppien, de Fenatione (II, 35); etc. Déjà Homère, Jliade (livre XVI, vers 149-151), avait donné le Zéphyre pour père aux deux chevaux d'Achille Xanthe et Balie; rapprochez les cavales d’Érichthonius (ibidem, livre XX, vers 223). Entre les trente-deux Vents personnifés par la fable, c'est Favonius ou Zéphyre qui paraît le plus propice à cette fécondation miraculeuse; mais, à l'exception d’Eurus, les cavales les aiment tous, s’accommodent de tous. Parmi beaucoup d'autres écrivains, le Tasse, dans sa Jérusalem délivrée (chant VII,
stance zxxvi), à propos du cheval de Raymond, du Bellay, dans ses Jeux rusticques (tome II des OEuvres, p. 381) :
le ne veulx plus contr'imiter la flamme De ces iumens, qui, pleines bien souuent, Pour leur mary n’ont aultre que le vent, Quand le printemps, miracle de l'Espagne, Les espoinconne à trauers la campagne,
et André Chénier, dans son Hermès, se sont souvenus de cet antique symbole :
Comme on feint qu'au printemps d'amoureux aiguillons La cavale agitée erre dans les vallons,
Et, n'ayant d’autre époux que l'air qu'elle respire, Devient épouse et mère au souffle du Zéphyre..….