‹ Grands EcrivainsChapitre 254 sur 339 · Emmanuel-Théodose de la Tour-d'Auvergne, duc d’Albret · texte numérisé non relu

Emmanuel-Théodose de la Tour-d'Auvergne, duc d’Albret

né le 24 août 1643, mort le 2 mars 1715. Il recut le chapeau de -

cardinal le 5 août 1669; il était grand aumônier de France depuis 1671; il fut privé de cette charge en 1700 : voyez les Mémoires de Saint-Simon, tome XI, p. 94-104; les vers que lui adressa la Fontaine après son brevet de cardinalat (tome V M.-L., p. 70); et ceuxci qu'il écrivait à sa sœur la princesse de Bavière (ibidem, p. 68-69):

Le duc d’Albret donne à l’étude

Sa principale inquiétude; Toujours 1l augmente en savoir.

Je suis jeune assez pour le voir Au-dessus des premières têtes.

Son bel esprit, ses mœurs honnêtes, L’élèveront à tel degré

Qu’enfin je m'en contenterai.

2. Cet Idile, dans l'édition originale. L'Académie, dans les deux premières éditions de son Dictionnaire, fait ce nom du masculin : « Quelques-uns, ajoute-t-elle, le font du féminin. »

des beautés de la poésie. Vous ne les dédaignez pas ces beautés divines, et les grâces de cette langue que scie peuple prophète. La lecture des livres saints vous ena appris les principaux traits. C’est là que la sagesse divine rend ses oracles avec plus d’élévation, plus de majesté, et plus de force, que n’en ont les Virgile et les Homère. Je ne veux pas dire que ces derniers vous soient inconnus :. ignorez-vous rien de ce qui mérite d'être su par une personne de votre rang? Le Parnasse n'a point d’endroits où vous soyez capable de vous égarer. Certes, Monseigneur, il est glorieux pour vous de pouvoir ainsi démêler les diverses routes d'une contrée où vous vous êtes arrêté si peu. Que si votre goût peut donner le prix’ aux beautés de la poésie, ä le peut bien mieux donner à celles de l’éloquence. Je vous ai entendu juger de nos orateurs avec un discernement qu'on ne ut assez admirer: tout cela sans autre secours que ce- Jui d'une bienheureuse naissance, et par des talents que vous ne tenez ni des précepteurs ni des livres. C’est aux lumières nées avec vous” que vous êtes redevable de ces progrès dont tout le monde s’est étonné. Ce qui consume la vie de plusieurs vieillards enchaînés aux livres dès leur enfance, la jeunesse d'un prince l'a fait; et nous l'avons vu, et la renommée l’a publié. Elle a fée au bruit de votre savoir celui de ces mœurs si pures’, et d'une sagesse qui est la fille du temps chez les autres,

1. Tome III, p. 203. | - a. Ces flatteries rappellent celles que le poète adresse aux ducs du Maine et de Bourgogne (ibidem, p. 100 et 172).

3, « Ses mœurs étoient infâmes, dit Saint-Simon (tome XI, p: xox), il ne s'en cachoït pas; et le Roï, qui abhorra toujours ce vice jusque dans son propre frère, le souffrit dans M, de Vendôme et dans le cardinal de Bouillon, non seulement sans peine, mais il en fit longtemps ses favoris. » Si nous en croyons les Mémoires de Choisy (tome LXTII de la collection Petitot, p. 155), sa vie fut

et qui le devance chez vous. Un mérite si singulier a été universellement reconnu. Celui qui dispense les trésors du Ciel‘, et le monarque qui par ses armes victorieuses s’est rendu l'arbitre de l'Europe, ont concouru et de faveurs et d'estime* pour vous élever. Après des témoignages d'un si grand poids, mes louanges seroient inutiles à votre gloire. Je ne dois ajouter ici qu'une protestation” respectueuse d’être toute ma vie, Monseigneur, De Votre Altesse hanche s Le très humble et très obéissant serviteur,

: De LA FonTAINs.

Reine des esprits purs, protectrice puissante,

Qui des dons de ton fils rends l'âme jouissante’,

Et de qui la faveur se fait à tous sentir,

Procurant l'innocence, ou bien le repentir,

Mère des bienheureux, Vierge enfin, je t'implore. 3 Fais que dans mes chansons* aujourd’hui je t'honore;

«exemplaire », mais seulement, il est vrai, « durant le cours de ses études ». Comparez ci-dessus, p. 276, la fin de la note x,

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