Vers
Le Ciel combloit de dons cette humble modestie : L'âme de nos bergers du péché garantie, etc, 6. Mais je voudrois m'être acquitté De cette grâce par avance.
(Les Oies, vers 41-42.)
Ne vivant' pas pour Dieu, mais pour son ennemi.
Ma sœur, si nous cherchions de plus douces demeures? Je vous ai fait récit quelquefois de ces heures
Qu'en des lieux séparés.de tout profane abord?
Je passois à louer l'arbitre de mon sort :
Alors j'avois pitié des heureux de ce.monde.
Maintenant j'ai perdu cette paix si profonde : 410 Mon cœur.est agité malgré tous vos avis.
Je ne me repens pas de.les avoir suivis :
Mais enfin jetez l'œil sur l’état où nous sommes.
Vous êtes exposée aux malices® des hommes ;
Je n’ai plus de mes bois les saintes voluptés, 415 . Ne reviendront-ils point ces biens que j'ai quittés ?
Ah ! si vous jouissiez de leur douceur exquise! :
La fuite, direz-vous, ne nous est pas permise :
De notre liberté l'Arabe est possesseur.
Et quel droit a sur nous un cruel ravisseur ? 420 Brisons ses fers; fuyons sans avoir de serupule :
Le mal est bien phis grand lorsque l’on dissimule. Quelque prétexte qu'ait un mensonge pieux,
Il est toujours mensonge, et toujours odieux".
Allons vivre sans feinte* en ces forêts obscures : PTE Où j'ai trouvé jadis des retraites si sûres:
Ne tentons plus le Ciel, ayons une humble peur :
Je vous promets des jours tout remplis de douceur. »
Il se tut. Aussitôt la prudente bergère
Approuve les conseils que le saint lui suggère. 430 Il fait choix de deux boues les plus grands du troupeau, Les tue, ôte les chairs, change en outre leur peau.