Bien payé
7. Seraït pendu à sa place, Cette condition rigoureuse n'est pas dans Pétrone, Mais le soldat n’en sera pas moins effrayé lorsqu'il verra qu'on lui a enlevé son pendu.
ee Par la cuntrée fut criei,
Qui le larron aureit ostei, Sun iuigemens mesmes aureit :
S’atains esteit, pendus sereit.
(Marre DE France.)
« La loy de là portoit que quiconque soldat s'endormoit en garde
76 CONTES. [e vw C'étoit trop de sévérité :
Mais la publique utilité
Défendoit que l'on fit au garde aucune grâce.
Pendant la nuit il vit aux fentes du tombeau 95 Briller quelque clarté, spectacle assez nouveau. Curieux, il y court, entend de loin la dame Remplissant l’air de ses clameurs.
Il entre, est étonné, demande à cette femme Pourquoi ces cris, pourquoi ces pleurs”, 100 ‘ Pourquoi cette triste musique, Pourquoi cette maison noire et mélancolique*. Occupée à ses pleurs*, à peine elle entendit
et qui laissoit emporter le corps, debuoïit estre mis en sa place etestre sein: » (Branrôme, ibidem, p. 662.)
. « Il ne voulut, dans toutes ses actions... d’autre but que P'utilité publique. » (Fuécuren, Oraison funèbre de M. de Lamoignon.) « Se sacrifier à l'utilité de son pays...» (Race, tome VI,
OO LTe k 2. re ‘également la tee qui brille au milieu des tombes qui, chez Pétrone et dans l'Anonyme de Nevelet, donne l'éveil au soldat, Mais dans l'Anonyme, ce n’est pas la simple curiosité qui l’attire vers le caveau où gémit la matrone, c’est aussi la soif, et il lui demande à boire.
3. Dans Pétrone, à l'aspect de cette femme merveilleusement belle, il croit d’abord à une apparition surnaturelle, il reste stupé— fait: Visa... pulcherrima muliere, primo, quasi quodam monstro infernisque halte turbatus, substitit.
4. La bière est un séjour par trop mélancolique. (Morrène, Sganarelle, scène xvn, vers 433.)
5. Absorbée par sa douleur, s'appliquant, pour ainsi dire, à voir, à sentir, couler ses larmes. Comparez tome II, p. 265 et note 4 :
Une nuit que chacun s'occupoit au sommeil ; et, au livre 11 de Psyché (tome III M.-L., p. 158) :
La belle les plaignit, et ne put sans frémir Voir tant de malheureux occupés à gémir.
c. vil CINQUIÈME PARTIE. 77
Toutes ces demandes frivoles.
Le mort pour elle y répondit : 105 Cet objet‘, sans autres paroles, Disoit assez par quel malheur La dame s’enterroit ainsi toute vivante.
« Nous avons fait serment, ajouta la suivante, De nous laisser mourir de faim et de douleur?.» 110 Encor que le soldat füt mauvais orateur, Il leur fit concevoir ce que c’est que la vie. La dame cette fois eut de l'attention” ; Et déjà l’autre passion HE Se trouvoit un peu ralentie“ : 115 Le temps avoit agi. « Si la foi du serment, Poursuivit le soldat, vous défend l'aliment, Voyez-moi manger dues Vous n’en mourrez pas moins”. » Un tel tempérament* . Ne déplut pas aux deux femelles”. 120
*. Ci-dessus, p. 27 et note 5,
2, Ces deux vers de la suivante, ce Anti ce désespoir tranquille, sont de la bonne comédie,
3. « Encore que mon amour maternel soit demeuré au premier degré, je ne laïsse pas d’avoir de l'attention pour les pichons, » (Mme px Séviené, tome IV, p. 380; ibidem, tomes VI, p. 162, VII, p. 316, etc.) Rapprochez aussi la fable xvux du livre XII, vers 25.
4. « Sa haine commencoit à se ralentir. » (La RocuEFOUÇAULD, tome II, p. 41.)