La littérature du XVIID siècle; son originalité. ~ On
n’imite plus les anciens; mais on imite ceux qui, au xviP siècle, avaient imité les anciens. La tragédie, la comédie, l’épopée, l’ode, la poésie didactique, seront conformes aux modèles laissés par les grands classiques et aux préceptes de Boileau. L’auteur de' Y Art poétique devient le législateur du Parnasse. ( Aussi tous ces ouvrages, pris en eux-mêmes, sont-ils vides et urtiftcicls. — Mais ce n’est là qu’une apparence. S’ils manquent île solidité et de beauté, les poètes du xvme siècle furent intéressants à leur date, et le sont encore à titre documentaire : en effet, leurs ouvrages sont presque tous des thèses sociales et philosophiques. Une tragédie de Voltaire, une comédie de La Chaussée et de Destouches, une épopée comme la Henriade, contiennent des idées ; et cc sont ces idées , tolérance, égalité, progrès, etc. que le public applaudissait.
Mais surtout la véritable grandeur du xviii' siècle est dans certains ouvrages en prose, qui ne peuvent se cataloguer sous aucune étiquette, et qui n’appartiennent à la littérature que par la beauté de leur style : 1 "Esprit des lois , le Siècle de Louis \FV, Y Histoire naturelle, Y Émile, etc...
5. Les sciences. — Le mouvement scientifique du xvme siècle est des plus remarquables. Qu'il suffise de rappeler : en mathématiques, les noms de d’Alcmbert, de Laplace, de Monge, — en astronomie : Herschell. Clairaut. Cassini, — en physique et
XVIIIe SIECLE
chimie : Dufay, Nollet, Franklin, Priestley, Lavoisier, Berthoilet, Fourcroy, — en sciences naturelles : BufTon, Daubenton, Lacépède, Linné, Jussieu, Haüy, — etc.
Le mouvement scientifique est favorisé par l’intérêt qu’y prennent les princes, surtout à l’étranger, et la noblesse. Il est de mode d'ctre physicien ou chimiste, comme jadis d'étre bel esprit. Les femmes encouragent aussi les sciences par leur curiosité ; et M,,ie du Châtelet, qui traduit Newton et envoie des mémoires à l’Académie des sciences, n’est pas «ne exception.
Ce progrès des sciences a une influence générale ; il habitue les esprits à la netteté et à la méthode ; il est une heureuse réaction contre l’utopie philosophique ; il transforme l’histoire, l’exégèse, la critique. Mais il a aussi de grands inconvénients ; il développe l’esprit positif et utilitaire au détriment de la morale et de l’art.