Chapitre XX
LA RENAISSANCE ITALIENNE
" Si la Grèce a tout créé, l'Italie a fait tout revivre. „ (Renan.)
On appelle Renaissance la période qui suivit la prise de Constantinoplc par les Turcs et qui va du milieu du quinzième siècle à la fin du seizième.
Le moyen âge avait un art original, la Renaissance au contrau-e s'applique à reproduire les formes antiques en s'efforçant d'oublier tout ce qu'a fait le moyen âge. Néanmoins, une transition eut lieu pendant laquelle les éléments gothiques furent mélangés aux éléments classiques.
Causes du développement de la Renaissance Italienne
1» Les traditions de l'art antique n'étaient pas perdues en Italie.
2" Étude des monuments romains.
3" Mouvement créé par l'histoire et la littérature.
4" Mœurs nouvelles - affinement de l'intelligence par la culture - réaction contre l'esprit féodal qui ne concevait que la force physique - l'élégance remplace la rudesse guerrière
5» Protection de l'art par les grandes familles et les souverains - les Gonzaguc à Mantoue - les Visconti, les Sforza à Vérone, les Médicis à Florence. - Rôle des papes.
6" Richesse du commerce - les princes et les riches marchands font travailler les artistes,
7° Émulation entre villes - concours - l'art est de toutes les fêtes et l'art est chargé de consacrer les grands événements de la cité.
8" Retour aux formes simples - réaction contre les formes légères et ténues de la dernière période du gothique.
9" Les deux ordres : les Prêcheurs et les Mendiants, fondés par saint François d'Assise et par saint Dominique, emploient les arts comme moyen de moralisation et d'enseignement.
Découverte de la peinture à l'huile et de la gravure.
f Architecture
Matériaux
Murs en brique et en moellons revêtus d'un placage
de pierre de taille ou de marbre. Marbre blanc et marbres colorés employés comme
revêtement ornemental.
L'architecture gothique n'eut jamais une infuence profonde en Italie; cet art ne pouvait du reste s'adapter que très difficilement avec le climat méridional, néanmoins dans la première période architecturale, au quinzième siècle, on trouve le mélange des formes du moyen âge avec les formes antiques.
I Emploi général des ordres antiques.
\ Le caractère est plutôt dans l'orncmentalion que dans Caractéristiques ' ,, ^ ■> ^,'^■!■^ . . , V 1 ossature de 1 édifice,
générales )
Voûtes — arcades — galeries — ornementation colorée
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des façades.
Tandis que l'art religieux incarne l'esprit du moyen âge et que la cathédrale est la plus belle expression de cet art, l'esprit de la Renaissance donne la prédominance à l'architecture civile, c'est-à-dire au palais.
Technique architecturale
(a) Appareil
Au quinzième siècle, appareils à parements bruts - bossages - imitation rustique.
Au seizième siècle, l'angle des édifices est très souvent souligné d'un chaînage (fig. 483). Exemple : Palais Farnèse.
(b) Voûtes
Voiîtes en berceau, voiîtes en arc de cloître.
(c) Coupoles
Calottes sphériques sur pendentifs - voiàtes en profil d'ogive sur base octogonale sans pendentifs et avec double parois. (Dôme de la cathédrale de Florence.)
(d) Les ordres
L'ordre corinthien estjcjpremier utilisé, il subit seulement quelques modifications de détails, puis à leur tour les ordres dorique et ionique sont aussi employés.
Toutes les fantaisies crées par lesJRojmains sont alors reprises : superpositions d'ordres, portiques, etc. - Les piliers sont très fréquemment adoptés dans les ordonnances f^-g^+^v architecturales en remplacement des colonnes. - Leur fût est très souvent décomposé en panneaux moulurés contenant une ornemenlation sculptée.
La figure 474 (Palais de la Chancellerie, architecte Bramante, 1 495) est un exemple de façade à pilastres, ceux-ci sont disposés d'une certaine façon : une travée B (espace
LA RENAISSANCE ITALIENNE
compris entre deux pilastres) contenant une fenêtre ou une porte est englobée entre deux autres travées C C pleines (plus étroites que celles du centre). f^"*
Ce système architectural est une innovation.
La figure 474 présente encore d'autres particularités :
(a) — Les pilastres sont montés sur des stylobates.
(b) — Les murs présentent à certains endroits de la façade des ressauts A qui constituent ainsi des avant-corps à certaines parties de l'édifice.
(c) — Le grand soubassement du rez-de-chaussée.
(d) — Enfin une corniche supérieure souligne l'ensemble. Après Bramante, les architectes Palladio ti Vignole fixèrent
vers le milieu du seizième siècle un canon architectural réglant les proportions, mais c'est surtout l'ordre colossal qui constitue une nouveauté.
On entend par ordre colossal un ordre unique embrassant les divers étages (fig. 475 : Palais de Valmarana à Vicence par Palladio), au-dessus de la corniche règne parfois un" étage qui porte le nom Sattique. Défaut fréquent des façades : l'ordonnance extérieure ne correspond pas à la distribution intérieure des étages.
1 1 Les figures 474 et 475 sont
deux dispositions types très importantes pour établir les influences des styles les uns sur les autres ; elles • montrent en effet des dispositions architecturales qui seront très en faveur en France sous Louis XIV et Louis XV (colonnade du Louvre, palais de la place de la Concorde avec leurs grands soubassements et leurs ordres englobant deux étages — toits en terrasse).
(e) Arcades
1° ImUation gothique - arcade retombant sur faisceau de colonnettes (très rare) - exemple : Loge des Lanzl (fig. 476). 2" Imitation byzantine - arcade retombant sur la colonne, (fig. 477) (très fréquent) - exemple : Palais Riccardi.
3" Imitation romaine - arcade retombant sur un imposte, (fig. 478), (fréquent) - exemple : Saint-François de Rimini. 4" Arcade retombant sur colonne comme dans la figure 479, exemple : Basilique de Vicence.
Larcature habituelle est le plein cintre.
(f) Couronnement des façades Grandes corniches, dont le larmier est généralement porté j-.ar des consoles (fig. 483). - Motifs sculptés dans la frise. Farfois une balustrade se trouve au-dessus de la corniche. Frontons réservés pour les monuments religieux.
(g) Baies La baie florentine présente l'aspect des figures 480 et 48 L
Variétés
Au sixième siècle l'usage se généralise de lencadrement avec colonnes supportant un fronton (fig. 4S2) triangulaire ou aiTondi.
Méconnaissance absolue du rôle du fronton dans l'art grec où il soulignait exclusivement les pentes du toit. Ici il ne devient plus qu'un motif décoratit.
Ça) Toitures
Terrasses.
(i) Plafonds
Plafonds à caissons.
(j) Cheminées
Manteaux supportés par les consoles.
Les tuyaux sur les toitures sont dissimulés. — Dirférence avec la Renaissance française oii les tuvaux deviennent sur les toits desjnotifs ornenieotaux .
(k) Sculpttire ornementale
Rinceaux et omemenis antiques — Finesse des détails — Relief peu accusé.
(1) Coloration
Marqueterie de marbre — Frises de faïence émai 1 lée (Hôpital de Faenza) - graffites.
(m) Décoration intérieure
Stucs colorés.
Décoration des galeries et des portiques : peinture à la fresque.
L'architecture à Venise a un caractère particulier moins sévère que dans le reste de l'Itafie — multiplicité des tenitres — luxe de la décoration intérieure — mfluence orientale très sensible.
MONUMENTS
A — ARCHITECTURE RELIQIEUfE
pian basilical avec trois nefs, mais le transept est le point de départ d'une série de transformations rendues nécessaires pour la construction d'une coupole au centre de la croisée — le plan en croix grecque se prêtant à cette disposition est aussi très fréquemment adopté.
Lxi coupole est donc une des caractéristiques de l'architecture religieuse, et elle devient le mJotif^rumpalde l'édjfice.
Les coupoles sont construites parfois doublesjet emboîtées l'une dans l'autre, ce qui permet de donner i celle qui se trouve à l'extérieur une élévation beaucoup plus considérable qu'à celle de lintérieur (, Saint- Pierre de Rome). — Les coupoles sont percées d'ouvertures circulaires ou œils et sont surmontées d'une lanter
Les nefs sont composées au moyen d'arcades sur colonnes et couvertes avec des voûtes en berceau ; ellc> sont généralement éclairées par de petites fenêtres s'ouvrant dans la voûte au moyen d'une pénétration.
LA RENAISSANCE ITALIENNE
Parallèle entre la cathédrale gothique et l'église de la Renaissance Cathédrale gothique Église de la Renaissance
Lignes verticales accusant l'ossature.
Le chœur est le point capital.
Deux tours accolent la façade.
Arcs-boutants.
Dans la façade les côtés A et B (clochers) dominent sur la partie centrale C.
Le décor est l'expression de la structure il est complètement^ dégagé d'éléments étrangers.
Lignes horizontales dominent accusées par des assises de matières colorées alternativement - la coupole est l'endroit le plus important de l'édifice — tour unique — campanile isolé.
Pas d'arcs-boutants.
Dans la façade les côtés A et B sont dominés par la partie centrale C.
N Le décor est un placage - il est ajouté à l'édifice, aussi il manque d'unité - mélange de toute sorte d'éléments : gothiques, antiques, etc.
Aspect extérieur des édifices
La figure 484 (cathédrale de Florence) représente la disposition schématique
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d'une église vue décote. — En A ,se dresse le campanile isolé du reste delà façade par une petite rue.
En B, la nef centrale.
En C, les nefs latérales.
En D, la coupole ou dôme surmonté du lanternon et flanquée des chapelles et absides.
Les façades
Les nefs sont accusées sur la façade au moyen de frontons (fig. 486) — celui de la nef centrale plus important que les deux autres - ces frontons sont décorés de pein-
tures et de mosaïques; quant aux murs, ils sont revêtus de plaques de marbre de diffé- . rentes couleurs.
Au seizième siècle les façades sont décorées au moyen des ordres superposés et enfin à la fin de ce siècle apparaît le^style dit «Jésuite „ dont une des principales caractéristiques se trouve dans d'immenses consoles renversées qui soutiennent le fronton i:entral et s'étendent sur les ailes latérales.
Les clochers sont pour la plupart isolés (célèbre clocher du Dôme de Florence). Les sacristies donnent lieu à de petits monuments remarquables (sacristie Saint- Laurent à Florence). Quant aux cloîtres, ils conservent le plan traditionnel que nous avons vu au moyen âge (cloître de la Chartreuse de Pavie).