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Chapitre XXVI

L'ART FRANÇAIS AU XVII' SIÈCLE

A la mort d'Henri II, ses trois fils lui succédèrent l'un après l'autre — c'est l'époque des guerres de religion. — En 1 594, Henri IV abjurait le protestantisme et se faisait sacrer dans la cathédrale de Chartres; durant son règne il contribua à rétablir l'ordre et la prospérité en France; il fut assassiné en 1610. — Le fils d'Henri IV, Louis XIII (^1610-1643), ne régna pas de suite, sa mère Marie de Médicis fut chargée de la régence. — En 1624, Louis XIII prit pour premier ministre Richelieu; à sa mort, Anne d'Autriche fut régen'.e, elle prit pour ministre Mazann. (Paix de Westphalie qui donna l'Alsace à la France — guerres cinles de la Fronde. "^ — Louis XIV, à la mort de Mazarin (1661 \ organisa la monarchie française qui se perpétua jusqu'à la Révolution de 1 789. — La France devient, pendant les premières années de son règne, l'État le plus puissant de l'Europe ; la dernière période fut au contraire marquée par des désastres (guerres de la Succession d'Espagne\ — Louis XIV moa.nit en 171 5.

Le grand caractère de ce siècle réside dans l'agité juccédant à la division du

siècle précédent

Causes de

transformation / nobles

1 " Les arts se développent sous la protection des rois — caractère

officiel.

2* Le culte du roi — tout ce qui touche à lui est sacré — personnage

qui devient de plus en plus important - grande force morale. 3 Les nobles entourent le roi — séjour à la cour — vie élégante,

luxueuse - fêtes royales. - Formation des grandes familles

et 4' Le gouvernement — centralisation habile — ministres bien choisis

d'évolutior et tout-puissants. (Rôle de Richelieu, de Colbert, etc.)

5 Raffinement de la société - l'art de la conversation et de la politesse arrivent à la perfection.

6' Esprit public religieux (réforme du Concile de Trente) et traditionnel.

En Tittérature, effort considérable : Racine, Molière, Boileau, La Fontaine, etc., etc., forte culture classique.— Étude de l'antiquité héroïque et de la mythologie — goût pour la tragédie et le théâtre.

\ Unité — l'art est avant tout d'inspiration monarchique. Goût pour la clarté, la régularité, la symétrie. Caractères l Solennité, souci du décorum — magnificence. généraux ' A\élange d'idées antiques et modernes, d'idées profanes et chrétiennes, de Réalités exprimées sous un aspect allégorique (Louis XIV représenté

1 art / sous les traits d'Apollon, etc., etc.).

Esprit classique — exprimé par un style grave, noble, majestueux, \ épris d'ordre et de correction.

L'ART FRANÇAIS AU XVir SIÈCLE

La personne du roi joue un rôle si considérable sur l'art (style Louis XIV) qu'il est indispensable d'étudier ses goûts et son caractère. — Louis XIV jeune reçoit deux influences : (a) La redondance espagnole (fierté et majesté) — (b) Le goût pour le théâtre (qui appelle naturellement la magnificence). — Le roi infatué de sa personne, les arts contribuent à sa louange et tout rayonne autour de lui ; de là, unité des arts, unité encore accentuée par Le Brun, peintre officiel du roi et grand organisateur — tout est fait pour le roi et pour une élite, les œuvres produites ont le même caractère, obéissent aux ^7nemes~îoiT, elles sont réglées, aussi création d'institutions académiques (Académie d'architecture (1671), Académie de peinture et de sculptu7ë (1648), Académie de France à Rome (1668), Académie royale de musique (1668).

DIVISIONS Deux époques

Louis XIII

Louis XIV

A — LOUIS XIII (style)

f Architecture

Matériaux

Caractéristiques générales

Brique et pierre (emploi alterné produisant un contraste de couleur).

Chaînes de pierre autour des baies — remplissage en brique (fig. 542).

Croisées se superposant d'étage en étage.

Les meneaux de pierre de la Renaissance sont supprimés.

^ Grands combles d'ardoises surmontés d'épis de plomb.

Peu de moulures et pas beaucoup de détails sculpturaux.

Aspect froid.

(a) Utilisation des ordres

Deux systèmes

1' Chaque étage est décoré par un ordre. "~""

(Pavillon central du Louvre.) (Palais du Luxembourg.)

2° Un même ordre embrasse plusieurs

étages. "

(Surtout sous Louis XIV avec la colonnade du Louvre.)

Fig-.5«

(b) Principaux monuments

Bâtiments de la place Dauphine et de la place des

Vosges (Henri IV). - Noyau du palais de Versailles

(Louis XIII). - Palais du Luxembourg, 1615 (construit

par Salomon de Brosse pour Marie de Médicis - style toscan

- colonnes cà tambours). - Continuation du palais du Louvre

pdiT Lemercier (pavillon de l'Horloge).

(c) Architecture religieuse

Elle revêt un caractère particulier ordonnance imitant l'architecture religieuse italienne du quinzième siècle : la nef centrale est seule surélevée en façade au moyen d'un second ordre établi sur le portail, les deux niveaux sont rachetés par des consoles renversées en formes d'S ou ailerons (fig. 543) - « style Jésuite ».

Les tours sont terminées en dômes — à l'intérieur suppression du triforiiim.

2° 'La Peinture

yvJcÂm-

vv^j" ctra^a-£e

Principales I

Imitation italienne - colonie française de Rome. Simon Vouet {\590-lbi9) - Figurines allégoriques (Louvre). Nicolas Poussin (1594-1665), représente l'art classique — sujets empruntés à l'antiquité et à la Bible' — tableaux bien composés, œuvres d'un penseur; couleurs ternes. / Les bergers d' A rcadie (Louvre)

Eliézer et Rebecca.

Œuvres .... , ,

j Moïse sauve des eaux.

DE Poussin j piQgène (Louvre), paysage his-

\ torique.

L^S«^«/-(1 6 17-1 655), peintre de sentiments.

~ Vingt-deux tableaux retraçant la

vie de saint Bruno (Louvre).

Décoration de l'hôtel Lambert :

Histoire de l'amour. „ , ^^

Portraits de Philj£pe de Champaigne.

Paysages historiques et m^thôrôgiques de Claude Lorrain.

Sujets familiers, scènes paysannes des frères Le Nain.

3° L'Art décoratif

L-stvle Louis XIII ( st un mélange d'art flamand et d'art italien, les ornements

Œuvres

DE

Le Sueur

r^o 5-^5 Ot-rjeA-rO^rJaJuDn. looo* X'H

Fig. )46.

L'ART FRANÇAIS AU XVIP SIECLE

sont semblables à ceux de la Renaissance mais sensiblement plus lourds, les cuirs donnent les formes générales des cartouches qui sont très employés et dont les bords se retournent en bourrelets - tendance aux rotondités pansues (balustres et supports des meubles) — guirlandes composées de feuilles et de fruits — entrelacs formés par des lanières de cuir (fig. 545), les grotesques, faunes et mascarons sont mélangés à ces entrelacs.

B — LOUIS XIV (style)

f Architecture

L'art devient classique — (création de l'Académie d'architecture en 1671) — influencëltalienne : façades uniformes et symétriques, véritables placages sans expression - plus de hautes toitures, mais des terrasses.

L'architecture sacrifie tout à rextérieur, à la magnificence du coup d'œil, elle ne tient aucun compte des besoins qu'elle doit satisfaire ; elle ne veut rien affirmer dans les formes extérieures de ce qui peut rappeler les exigences matérielles de la vie.

Les façades sont pour ainsi dire conçues à l'avance, en dehors de la destination de l'édifice et en désaccord le plus souvent avec la distribution intérieure.

(a) Technique architecturale

Fenêtres. - Les fenêtres à meneaux de la Renaissance sont remplacées par des fenêtres à châssis de menuiserie.

Les vitrages à panneaux montés sur plombs sont remplacés par des vitrages à petits carreaux sur montants de bois.

Portes. — Les portes en menuiserie à petit cadre font place à des panneaux à grand cadre.

Combles- - Toitures à pans brisés dites à la Mansarl

CoryJjLe à, 6a.

(fig. 547).

Escaliers. — Ne sont plus ou rampes en fer forgé.

vis mais à volées droites avec paliers, balustrades

Créations

(a) Les balcons sont soutenus par des consoles qui reçoivent une décoration sculptée (fig. 548), de même les clefs de voûte donnent lieu à des motifs décoratifs (fig. 549).

(b) Les ouvertures de formes circulaires, souvent employées, sont presque toujours accolées de consoles renversées (fig. 550).

Parquets substitués aux carrelages.

Balcons et appuis de fenêtres en ferronnerie.

(b) Décoration architecturale

(c) Dans les ordres, les détails antiques sont remplacés par les emblèmes de Louis XIV : fleur de lis, soleil, etc

(d) Parfois, dans une ordonnance, les pilastres et les colonnes sont supprimés, I l'entablement seul existe reposant sur des murs nus. ■

(Exemples : Cour des Invalides, porte Saint-Denis).

(e) Plaionds

Différence* eaire le quinzième ei le diX'Sepiiènte siècle

Les compartiments des plafonds sont généralement hors d'échelle (plafond de la galerie des Glaces à \'ersailles).

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