DU XVII« SIECLE JUSQU'A NOS JOURS
ses prédécesseurs, l'archevêque Armand de Montmorîn, mais c'est surtout une tombe qu'il se prépare à lui-même ; et dans le monument c'est lui qui s'impose à nos yeux, et qui trône en avant de la statue un peu effacée de son prédécesseur. Et l'épitaphe est là pour nous instruire : « Le prince Oswald de la Tour d^Auvergne, nous dit-elle, maintenant cardinal et archevêque de Vienne, autrefois vicaire général d'un si grand prélat qui le désignait comme l'héritier formé par sa parole, ses exemples et tout l'esprit du sacré ministère, a fait élever avec justice à son excellent prédécesseur cet éternel monument de sa gratitude en attendant qu'il lui soit donné de rejoindre ses cendres chéries. »
Le cardinal de la Tour d'Auvergne^a réalisé un monument de faste, monument d'immense vanité, aussi somptueux que ceux que les Papes ont élevés à Saint-Pierre de Rome.
L'auteur de ce Tombeau est Michel- Ange Slodti:, un des plus célèbres artistes du xviii* siècle. Slodtz, né à Paris en 1705 et mort en 1764, passa une grande partie de sa vie à Rome où l'on admire encore plusieurs de ses chefs-d'œuvre, le Saint-Bruno de l'église Saint-Pierre, le Tombeau du marquis Capponi à Saint- Jean des Florentins, et le bas-relief de la chapelle de Sainte-Thérèse à Santa Maria délia Scala.
La ville de Vienne ne pouvait voir se clore plus noblement la vie artistique des temps passés que par ce monument splendide, qui semble résumer son histoire toute entière et évoquer tous les siècles de gloire qui lui ont mérité d'être appelée tour à toUr Vienne la belle et Vienne la sainte.
Quel que puisse être l'avenir, on peut affirmer que le sol de Vienne est trop fécond pour qu'il n'y germe pas toujours des moissons nouvelles.
De nos jours, lorsque déchue de son ancienne splendeur la Ville ne fut plus à même de construire de somptueux édifices, comme ses Monuments romains et ses Eglises chrétiennes d'autrefois, son génie a trouvé dans l'âme de ses poètes l'écho de ses pensées antiques.
Au XIX® siècle, dans ce siècle si utilitaire, le seul poète qui ait revendiqué les droits de la grande tragédie classique, et, qui ait fait entendre sur la scène française les nobles accents d'une Lucrèce, c'est Ponsard, un romain de Vienne.
La Dent de Crolles. Excursion des étudiants étrangers.