SCÈNE V
LE ROI
Pierre Gringoire, j'aime tes pareils, lorsqu'ils parlent Lien la langue rhytbinée. Je te pardonne.
GRINGOIRE, tombant à genoux.
Ah! Sire! Dieu bénit tous les miséricordst
Oui, je te pardonne. A une condition,
Faites de moi ce qu'il vous plaira.
LE ROI
Je veux te marier.
GRIISGOIRE.
Oh! Sire, pourquoi ne pas me faire grâce tout à fait?
LE ROI
Comment! poëte affamé! seras-tu si fort à plaindre d'avoir près de ton foyer une bonne ménagère ?
GRINGOIRE, «élevant.
Sire, ne voulez-vous pas me punir plus cruellement que je
iO GRINGOIRE.
ne le mérite? Je ne me sens pas le cœur d'épouser quelque douairière, contemporaine du roi Charlemagne.
LE ROI
Celle dont je te parle a aujourd'hui dix-sept ans d'âge.
C'est donc que le ciel l'a affligée d'une laideur bizarre et surnaturelle?
LE ROI
Elle est aussi belle que jeune, et toute pareille à une rose naissante.
GRINGOIRE, pâlissant.
Je devine, Sire. Mais libre et sans tache sous le ciel, je me vois trop pauvre pour me passer d'honnêteté et de renom,
LE ROI
Tais-toi! la jeune fille dont tu seras l'époux est pure comme l'hermine, dont rien ne doit ternir la blancheur sacrée.
Tout de bon? (Revenant à lui.) Mais je n'ai d'autre lit que la forêt verte et d'autre écuelle que ma main fermée : je ne peux pas me mettre en ménage avec si peu de chose.
LE ROI
Ne t'inquiète de rien. Tu dois bien penser que je n'oblige pas à demi.
Sire, vous êtes généreux comme le soleil de midi! Mais qui décidera la jeune demoiselle à devenir ma femr^e?
LE ROI
Qui? Toi-même. Tu la regarderas comme tu regardais tout à riieuro le souper de maître Simon, et tu lui diras; « Voulezvous être ma femme?»
Je n'oserai jamais.