SCÈNE I
LE ROI
Et qui a fait cette chanson? Un amoureux de ces y^ux malins?
NICOLE
Cn amoureux! Oh! non, Sire. C'est Gringoirel
LE ROI
Qu'est cela, Gringoïre?
OLIVIER-LE-DAIAi.
Rien du tout, Sire.
SIMON FOURMEZ.
Un comédien, un farceur bien réjouissant. Ma foil il est bien le plus effaré et le plus affamé des enfants perdus. LE aoi.
Ce qui ne l'empêche pas, à ce qu'il paraît, de se connaître en aimables femmes, et de louer triompiialement la plus belle de toutes.
NICOLE, à Simon Fourniez.
Voyez-vous pas que le Roi m'attaque de galanterie? Mon frère, défendez-moi !
SIMON FOURNIEZ.
Oh! notre sire le Roi aime à rire, mais tu es une prude femme, et tu sais bien te défendre toi-même.
NICOLE
Alors, Sire, laissez-moi boire à la santé de celui qui punit expressément en ce royaume tous les affronteurs de renommée et larrons d'honneur!
LE ROI, pressant Nicole.
Ah! ceci c'est de la trahison, et il faut que je me venge.
NICOLE, s'agenouillant devant le Roi et élevant son \eiT-;
Je bois à la santé 'lu Roi ! à ses longs jours!
LE ROI, g'aiT<!-tant.
Contre une femme d'esprit, le diable perd ses peines.
NICOLE
A son triomphe sur tous ses ennemis!
LE ROI
Pardieul les plus cruels de tous, ce sont ces yeux qui me brûlent comme le feu d'enfer! Mais, que tenter contre un ennemi qui me met dans l'impossibilité de le battre et de le poursuivre? Dira-t-on que le roi Louis a eu peur?
NICOLE
Si quelqu'un disait cela, les Anglais de Dieppe et les Suisses de Bàle répondraient qu'il en a menti.
SIMON TOURNIEZ
Bien dit, ma sœur. Et si le Roi est le plus vaillant capitaine de son royaume, il en est aussi le seigneur le plus juste, et le moins fier, peut-être! C'est pourquoi j'ose le remercier de la grâce qu'il nous a accordée en daignant s'asseoir à table chez un de ses bourgeois.
LE ROI
Dis chez un de ses amis, Simon Fourniez. Tu n'es pas pour moi un simple bourgeois et le premier venu ! Je n'ai pas oublié les bonnes heures que nous avons passées dans ton jardin, celui-là même qui entoure cette maison amie, quand je n'étais encore que dauphin de France. Au moment si cruel oii je faisais à mes dépens le dur apprentissage de la vie, toi, humble et fidèle serviteur, tu m'as aidé de ta bourse; bien plus, tu as risqué ta vie pour moi. Je sais comment! Ce sont des souvenirs que rien ne peut effacer, mon brave et digne ami Simon. Sans compter que ta fille Loyse est ma ûlleulol
SIMON TOURNIEZ
Ah! Sire, pardonnez. Je pleure de joie. Je n'ai pas attendu, moi, pour me donner à vous, que vous fussiez le roi et le maître tout-puissant, car il ne nous avait fallu qu'un moment pour nous entendre 1 Bourgeois né dans le peuple, pensant el sentant ccyinme lui, je devinais avec quelle ardeur vous aimiez notre pauvre pays déchiré. Or, il nous fallait un chef, un cliol