‹ GringoireChapitre 13 sur 55 · Scène VII · texte numérisé non relu

Scène VII

Le Roi, Gringoire, Simon Tourniez, Loyse, Olivier-le- Daim, Nicole Andry

Roi, à Olivier-le-Daim. Je vous avais interdit, monsieur, et par é^ard pour vous, d'afsister à un [43]

entretien dans lequel j'entends décider du sort

de Loyse.

Owj.yàpart. J'arrive à temps. {Haut.) Quand

il s'agit des intérêts de Votre Majesté, ne dois-je

pas, s'il le faut, enfreindre ses ordres ? 5

Roi. Je connais ces prétextes hypocrites. Vous

devez obéir, et rien de plus.

Oliv. Même lorsque les plus chers projets de mon

roi sont menacés?

Roi. Quels projets? Parlez, monsieur. 10

Oliv., montrant les personnages présents. Devant

eux?

Roi. Devant tous ! Parle, te dis-je, et malheur à

toi si tu m'alarmes en vain !

Oliv. Plût à Dieu, Sire, que Votre Majesté eût 15

seulement à punir la désobéissance de son fidèle

serviteur. Mais elle aura à châtier d'autres crimes

plus dangereux que celui-là.

Roi. Que veux-tu dire?

Oliv. Cet échange de la Guyenne contre la 20

Champagne...

Roi, tressaillant, et d'un geste éloignant Loyse. Eh

bien, cet échange?

Oliv. Cet échange n'aura pas Heu.

Roi. Vous dites? 25

Oliv. Monseigneur votre frère le refuse. Roi, hors de lui. Il le refuse !

Oliv. Vous vouliez que le duc de Bourgogne

ignorât vos intentions?

Gringoire 6«- Scène vii

Roi. Oui.

Oliv. Il les connaît.

Roi. Quel est le traître ?

Oliv. Le traître, Sire, est celui qui par ses lettres avertissait de vos projets le duc Charles ! J'ai 5 pu enfin saisir un de ses courriers. Lisez, Sire ! (^11 lui présente une lettre dépliée.) et Votre Majesté dira si j'ai fait mon devoir.

Roi, après avoir jeté un coup d^ œil sur la lettre. La Balue ! Lui, ma créature ! {Lisant.) " Croyez 10 en toute vérité Monseigneur, un serviteur discret qui est bien moins l'homme du Roi que le vôtre ! " Ah ! La Balue ! mon ami, pour regretter de l'avoir écrite, cette lettre, tu auras à toi une nuit si longue, si noire et si profonde, que tu auras 15 besoin d'un effort de mémoire pour te rappeler l'éclat du soleil et la clarté du jour !

LOYSE, qui ne peut entendre, mais que la colère du Roi épouvante. A Simon Fourniez. Qu'a donc le Roi ? Je ne l'ai jamais vu ainsi. 20

Roi, se levant. Mais que dis-je? Il s'est enfui sans doute !

Oliv. Pas si loin que je n'aie pu l'atteindre.

Roi, respirant. L'imbécile ! Nous le tenons ! Merci, Olivier, tu es un bon serviteur, un fidèle 25 ami. Je ne l'oublierai pas. {Avec une fureur toujours croissante.) Ah ! mon courroux dormait, et on le réveille ! Donc, ce n'est pas fini, messieurs les mécontents, et il vo«s faut des [45J

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