SCENE XVI
BOUCAU, CITRON (entrant en courant.) BOUCAU.
An! Te voilà.
CITRON
Je suis tout essoufflé ; j’ai toujours couru. BOUCAU:.
Prends un verre de restaurant. Je craignais que tu ne vînsses pas.
CITRON
Viîte, vîte. Le vieux libertin est en chemin, Serre tout cela.
BoucAU (se levant en chancelant, et allant mettre la carafe et les verres dans une armoire.)
Vient-il, le vieux pendard ? Je suis d’humeur ce soir.
CITRON
Vite ; ma robe, ma perruque et le reste.
BOUCAU:
Tout est là-dedans, (montrant une armoire.) CITRON, (prenant les habits et se déguisant.)
Le bon homme est parti avant moi de la maison, en m’enjoignant de ne pas sortir, Tu vois que je lui obéis. BOUCAU:
Mais comment se fait-il que te voilà avant lui ?
CITRON
Ecoute. Aussitôt que je lai vu dans sa voiture, je suis parti à toutes jambes. Je l’ai eu bientôt rejoint, et, toujours en courant, j'ai d’abord cassé les deux fanaux allumés qu’il y avait chaque côté de la voiture, et j'ai arrêté le cheval. Ensuite, lui mettant le bout de mon bâton sur la gorge, et contrefaisant ma voix : la bourse ou la vie, lui ai-je crié d’une voix tonnante.
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ture, je rejoint, leux favoiture, bout de Dix : la nnante.
Le bon homme, prenant sans doute mon bâton pour un pistolet, m'a répondu d’une voix tremblante : Ne me faites rien, je vais vous donner tout ce que j'ai. En même temps il m’a jeté cette bourse. (Montrant une bourse et la fesant sonner.) Ensuite j’ai donné, à l’aide de mon bâton, une épouvante terrible au cheval. Je ne sais où est le bon homme maintenant.
Ah! Voyons combien il y a dans la bourse ?
CITRON
Pas à présent. Aïide-moi à m’habiller. Tiens, ma perruque est-elle bien comme cela ?
BOUCAU.
Mais écoute donc, Citron ; tu as cassé les fanaux de sa voiture, dis-tu ?
Oui.
CITRON
BOUCAU.
Tu lui as volé une bourse ?
, CITRON
Oui.
BOUCAU.
Tu as donné l’épouvante à son cheval ?
‘ CITRON
Oui.
BOUCAU.,
Tu ne sais donc où il est maintenant ?
CITRON
Je viens de te dire tout cela.
BOUCAU.
Et tu crois qu’il va venir ?
CITRON
Oui,
Tu te trompes.
CITRON
Tu ne le connais pas. D'ailleurs je ne risqte rien à me déguiser, et il est prudent de le faire.
BOUCAU.
Comme tu voudras. Pour moi je pense que c’est peine perdue.
CITRON
Où est le rouge? :Ah! le voici. (1! se farde.) Mon peigne, où est-il ?
BOUCAU (lui donnant un peigne.) Tiens.
CITRON (s’élant ajusté le peigne sur la tête.) Me voilà fille. (On entend des sons de clochettes en dehors.) BOUCAU.
Tu as raison, Citron. Voici le bon homme. Je monte en haut, et j’ouvre la fenêtre, pour le recevoir. (11 sort.)