SCENE X
(Chez Normand. ) CITRON (déguisé en file,) BOUCAU.
BOUCAU.
Te voilà déguisé on ne peux mieux. Marche donc un peu. | CITRON (marchant en s’agitant les bras.) Fais-je bien mon rôle ?
BOUCAU:
Oh! oh! Arrêtez un peu, Mademoiselle Citron.
Serrez-vous un peu les bras contre les hanches. Bon! Comme cela. Ce n’est pastout. Il faut que tu contrefasses ta voix. Voyons. Je suis le bon homme Griphon. J’entre, je te fais un grand salut, Serais-je assez heureux pour avoir devant mes yeux l’aimable Demoiselle Dupuis ?
CITRON (contrefaisant la voix et les manières d’une fille.)
Oh! Monsieur Griphon ! Jai donc enfin le plaisir de vous adresser, Qu'il a de charmes pour moi ce moment !
BOUCAU,
A merveille.
CITRON
As-tu préparé ce vin dont tu me parlais ?
BOUCAU.
Tout est prêt.
CITRON. LES Comment as-tu arrangé cela ? (Gri BOUCAU. It J'avais dans une petite boîte cinq ou six doses de do rhubarbe et quelques pilules. J’ai mis le tout dans Fe une carafe et je l’ai détrempé avec de l’eau tiède. Il y avait dans la cuisine un gros morceau de bœuf encore A: tout sanglant. En le pressant entre mes mains, j’en ai mala fait égoutter le sang dans la carafe. Ça donne à la com- porte position une couleur qui ressemble assez à celle du vin de Porte. Nous allons en régaler le bon homme. | C? ; Mar O est toujours cette liqueur, m’as-tu dit, qu’il offre à ER ses amis, quand ils lui font des visites. lai plait CITRON. sied Oui, oui. (On entend frapper à la porte.) C’est lui, je parie. Monsieur Boucau, vous êtes mon valet, N (Boucau va à la porte.) tem] GRIPHON (en dehors.) N N'est-ce pas ici que demeure une Demoiselle à j Dupuis ? pds BOUCAU. ee Oui, Monsieur, GRIPHON (de méme.) Est-elle visible ?
BOUCAU. 1 Oui, Monsieur. Comment vous annoncerais-je ? + GRIPHON (de même.) Cu Monsieur Griphon. jen BOuCAU (à Cilron.) dan Un Monsieur Griphon désirerait vous voir Made- tête moiselle Emilie. que CITRON (contrefaisant' sa voix, elc.) qui Ah! Monsieur Griphon. (Il va à la porte.) Entrez bat Monsieur Grir son ; vous êtes le bien venu. per