‹ Grossesse et CardiopathiesChapitre 2 sur 63 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

On a souvent étudié l’évolution de la grossesse chez les cardiaques depuis les descriptions de Peter et le mémoire de Duroziez à l’Académie (r). Certains de nos maîtres, Tarnier, Jaccoud, Vinay, Démelin ont réagi

‘contre la trop rigoureuse formule : « Fille pas de mariage,

femme pas de grossesse, mère pas d'allaitement », et par leurs observations ont montré son évidente exagération.

Cependant qui n'a pas rencontré dans les services de maternité de ces femmes en douleurs ou près du terme affolées des inquiétudes manifestées à leur égard.

Elles entrent à l'hôpital pleines d’anxiété, néanmoins tout se passe souvent à merveille.

Nous avons pu observer notamment une femme de vingt-sept ans reçue dans ces conditions en août de l’année dernière dans le service d'accouchement de

l’hôpital de là Charité.

g Duroziez, mémoire à l'Académie (1873) publié en 1875 dans les Archives de Posologie.

Quel crédit accorder au juste aux conclusions de Peter? Faut-il s’alarmer au moindre souffle perçu en auscultant le cœur? Les accidents gravido-cardiaques sont-ils rares ou fréquents”? L'accord n'est pas fait, aussi avons-nous pensé qu'à l'occasion de quelques malades suivies dans le service de notre excellent maître le D: Tissier, nous pourrions reprendre l’étude du pro nostic de la grossesse chez les cardiaques et de la patho-

génie des accidents gravido-cardiaques.

Actuellement du reste apparaît une tendance manifeste à revenir sur la gravité du pronostic attribuée indis-

tinctement à toutes les cardiopathies.

Il n’est pas sans intérêt de mettre en parallèle les observations de cardiaques menant à bonne fin leurs grossesses et la série des observations de M. Hirtz (1) concernant des vieillards qui supportèrent pendant de longues années avec une aisance extraordinaire leurs lésions d'insuffisance mitrale par athérome. Nous verrons que pour nos femmes comme pour ces malades et les cardiaques en général le pronostic de la cardiopathie peut se juger d'après la présence ou l'absence d'autres lésions en amont ou en aval sans accorder trop d'impor-

lance aux signes physiques de la lésion valvulaire,

Nous n'avons donc nullement l'intention d'envisager

dans son ensemble l'influence réciproque des maladies :

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