Lyon médical, 23 mai 1909, p
SEAT JARSE
L’attention est attirée du côté du cœur qui présente tous les signes les plus typiques d’un rétrécissement mitral.
Pointe dans le cinquième espace sur la ligne mamelonnaire. Le cœur n’est pas hypertrophié. Frémissement cataire intense dans la région de la pointe, couvrant une surface étendue. impulsion forte du cœur qui soulève le sein en masse. Souffle présystolique et roulement diastolique, dédoublement du second bruit. |
Rien aux autres orifices. Rythme cardiaque rapide même au repos. Pouls à 100, régulier, de tension normale. Au cou, léger goitre charnu sans battements, pas de signes de basedowisme.
Les symptômes fonctionnels sont atténués. La malade se livre sans fatigue à toutes ses occupations, elle n’a jamais eu d’hémoptysie, pas d’albumine, rien aux poumons, pas d'æœdème malléolaire. La malade revient à la consultation tous les mois. Aucun signe nouveau n’est constaté. Dans les quinze derniers jours seulement apparaissent au repos pendant la nuitdes accès de palpitation qui forcent de temps en temps la malade à rester dans la position assise.
Cette dernière continue à travailler jusqu’à la veille de son accouchement, elle n’a suivi aucun traitement pendant sa grossesse.
Elle accouche le 23 février à terme, d’un enfant bien portant pesant 2.950 grammes. Durée de la dilatation, cinq heures; de l’expulsion, trois heures avec contractions énergiques. La dyspnée a été à peine marquée, le pouls est resté à 116-120, par deux fois il y a eu légère tendance syncopale, avec nausées, sueurs froides, pâleur. Suites de couches excel-
lentes.
Dès le lendemain, le pouls est -retombé à 96. La malade
allaite son enfant, quitte le service le treizième jour et a été
revue deux mois après, continuant de nourrir avec plein
succes.