Arch. liât., AF'V, 1606. rj» dos^^ier
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Andujar et à me porter sur Bai/len*. Le 18, à l'entrée de la nuit, cette marctie s'exécuta, et nous nous trouvâmes, à la pointe du jour, pi'ès de cette ville. Le combat commença aussitôt. L'ennemi occupait, en avant de Baylen, une position qui couvrait avec avantage la route de la Caroline et dont il fallait nous rendre maîtres. 11 était fort de 20 à 25.000 hommes. Les meilleures troupes de l'armée espagnole s'y trouvaient ; le reste de cette armée était en mouvement pour faire diversion sur nos lianes et nos derrières. On la porte de 40 à 45.000 hommes.
La 2" brigade de la division Barbou a donné la première, soutenue par la brigade des suisses-espagnols. Le feu a été très vif, surtout celui de l'artillerie ; celle de l'ennemi était très nombreuse et presque toute du calibre de 12. Pendant que le combat se soutenait ainsi au centre, les cuirassiers, appuyés par le 3'' régiment suisse, exécutent une belle charge sur la gauche de l'ennemi ; elle est renouvelée par les dragons et un bataillon de la i" légion avec le même succès: Deux drapeaux sont enlevés à l'ennemi. A la vue de ces drapeaux, l'ardeur des troupes augmente, et une charge générale est ordonnée sur la ligne ennemie. Les Français s'avancent avec audace à la baïonnette; mais ils sont accueillis par un feu si vif qu'ils sont forcés d'y répondre. La ligne étant reformée, nous cherchons à déborder le flanc droit de l'ennemi, nous lui enlevons plusieurs positions; mais sa grande supériorité en nombre lui fournit sans cesse les moyens de soutenir ses corps lorsqu'ils sont repoussés. Nous avions cependant gagné du terrain; mais il fallait forcer le passage. Nous tentons de nouveaux elforts. Les troupes, malgré leur fatigue et l'extrême chaleur, s'animent encore et sentent la nécessité de vaincre. Les i*^''et 2'-' régiments de chasseurs exécutent une brillante charge et enlèvent plusieurs pièces de canon ; l'infanterie les seconde, et particulièrement la 3« légion. Le bataillon des marins de la garde se place en ligne, et il exécute sa charge avec une audace admirable sous une grêle de mitraille. La garde de Paris avait devant elle les gardes walonnes, et a obtenu constamment du succès sur ce i-égiment, très estimé dans l'armée espagnole. La brigade de dragons Privé a bien secondé les attaques faites à la gauche. Celle du général Uouyer, composée des régiments suisses de Heding et de Preux, a montré beaucoup de fermeté'.
« J'espérais la victoire de ces efforts renouvelés tant de fois ; mais le découragement a malheureusement succédé à la bonne volonté des troupes, et j'ai senti que de nouvelles tentatives seraient plus infructueuses. Le soldat, qui avait marché toute la nuit, était accablé de fatigue. Un grand nombre que rien ne pouvait arrêter, courait
1. Tout cela est assez inexact; il y a beaucoup de réserves à faire.
2. Dupont ne dit mot delà défection de la brigade Uouyer; ou se demandera pourquoi.
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nu.T fontaines voisines pour calmer sa soif et laissait la ligne presque ride. Presque tous les ofÉîoiers supérieurs étaient tués ou blessés. Le combat durait depuis longtemps ; on s'est battu avec acharnement pendant dix heures, trois fois nous avons entamé la ligne ennemie, nous avons gagné sur lui du terrain, et il a été toujours repoussé dans sesattn(]ucs sur nos lianes ; mais ces avantages ne suffisaient pas : n'ayant pu nous emparer de Baylen ni de la route, notre position était extrêmement fâcheuse. Le corps que nous avions en front était secondé par un autre corps aussi nombreux qui marchait sur nos derrières, et nous nous trouvions, par la nature du terrain, comme dans une place assiégée.
Nous avons perdu, en tués et blessés, environ 1.200 hommes. La perte de l'ennemi doit être plus grande, attendu son plus grand nombre... Réduit à entrer en négociation avec l'ennemi pour conserver à Sa Majesté des troupes qui n étaient plus en état de recommencer te combat, et qui se trouvaient entourées de plus de 40.000 hommes, y ai chargé le général Marescot et le général Chahert de conclure avec le général Castanos l^i condition (conren^'on, qui a eu lieu. La division qui a combattu a soutenu la réputation de l'armée. L'honneur est sauvé. Des circonstances impérieuses ne peuvent l'altérer. J'espère que Sa Majesté daignera les juger favorablement, et je vous prie de l'assurer du dévouement de ce corps d'armée, dévouement que les événements actuels ne font qu'augmenter pour son service. »
L'auteur a cru devoir reproduire intégralement les pièces d'archives dont il a donné des extraits ou qu'il a insérées in extenso.