Instruction au général Gobert [krch. Guçrre
144 GUERRE DESPAGNE
sur tous les points de la route où débouchaient les chemins de Linharès et de Baëza. Peut-on imaginer rien de plus extravagant? Sa vary se prend alors a rêver d'une diversion sur Grenade qu'exécuterait le maréchal Moncey après avoir mis Valence à la raison. Dupont en est instruit €t répond avec infiniment de sagesse : « Vous connaissez la force des troupes que j'ai. Je suis en véritable campagne 'depuis un mois, devant un ennemi très nombreux. Celte ■dirçrsion à 30 lieues de distance nous serait beaucoup moins utile qu^an ri' n fort dr troupes réuni au corps (tarnièe. Vennetni est di-ra/it A/idujar, c'est là qu'il faut (KjirK » « Une division, représente-t-il aussi à Belliard, nous servirait mieux ici que deux à Grenade. Je vous engage à peser cette observation essentielle^. »
Anxiétés, illusions, on passait alternativement des unes ^ux autres au quartier général de Madrid. Les bruits les plus pessimistes circulaient : on imprimait dans les couvents, chez la duchesse d'Ossunaet la marquise de Santa- Gruz, des centaines de feuilles alarmantes. « Nos troupes se seraient accoutumées à respecter ces misérables rassemblements d'insurgés, tandis que de toutes parts on apprend •que nos jeunes soldats mordent dessus avec une valeur digne de la grande armée. J'ai fait prévenir les citoyens ■de Madrid que toutes les fois qu'il y aurait de bonnes nouvelles des points insurgés, je le leur annoncerais par neuf coups de canon. Mais j'étais loin dem'attendre que Belliard est venu me dire de la part des ministres espagnols <[u'ils ne pouvaient se réjouir des succès remportés sur leurs compatriotes et qu'ils ne répondaient de rien si mon ordre s'exécutait. Si je n'avais pas connu \n. pusillaniinité des ministres et la timidité du (jéné rai Belliard, j'aurais pu revenir sur ce que j'avais ordonné. Il n'y a que deux