‹ Guerre des communeux de Paris, 18 mars - 28 mai 1871Chapitre 34 sur 34 · Rue Monge · texte numérisé non relu

Rue Monge

160, 161. — Rue Saint-Victor.

162, 163, 164. — Place d'Italie etc. etc.

Quant à ceux qui défendaient les barricades, et que nous venons heureusement d'écraser, nous leur avons enlevé des mains plus de 350,000 fusils, 2,000 bouches à feu, et des munitions considérables. Misérables bandits profanant le nom de patriotes, tout cœur honnête doit les maudire, attendu que, quel que soit le jugement ultérieur de l'histoire, ils ont tenté leur exécrable coup de main à l'heure où l'étranger était à nos portes, triomphant, arrogant, audacieux !..

Ces adversaires , nous l'avons dit, se peuvent répartir en trois groupes distincts : les agents de l'étranger; les républicains rouges avec leurs acolytes; et les adeptes de la jacquerie internationale.

Des étrangers, de nos ennemis nous n'avons plus rien à dire, sinon que les officiers prussiens qui assistaient à la démolition de la colonne Vendôme se sont fait conduire à l'Hôtel de ville, immédiatement après la cérémonie ; et que, là, ils ont été reçus par les membres de la Commune avec tous les honneurs dûs à leur rang. La voiture qui les a menés était de chezBrion. Le cocher

nous ne dirons rien du cocher.

Quant aux autres combattants, ils formaient ensemble, une force d'environ 110,000 hommes qui peut se décomposer comme il suit : Il y avait d'abord, à l'état de volontaires, obéissant à Y Internationale, ou prenant le mot d'ordre du Comité central , un contingent de 20,000 adhérents, pour la plupart, fanatisés. C'étaient des républicains ultra-rouges ou des socialistes.

A bien prendre , dit un observateur, c'était encore là la meilleure portion des forces communeuses.

En regard de ce chiffre, il faut compter les esprits faibles, les ignorants, les hésitants , les -poltrons, les élégiaques , ceux que la contagion gagne toujours facilement. Cet autre élément ne s'élevait pas à moins de 15,000 hommes, levés sans peine dans le cercle de$ vingt arrondissements de Paris.

Immédiatement après, venaient les déclassés, les fruits secs des diverses professions libérales : avocats sans cause, médecins sans clientèle , journalistes sans public, peintres sans nom, bacheliers es lettres ne possédant-que le diplôme, ingénieurs de tabagie, officiers réformés,

prêtres défroqués, notaires révoqués, huissiers chassés, comédiens siffles, musiciens râpés, commerçants ayant mis la clef sous la porte, faillis non réhabilités , riches ruinés, ivrognes incorrigibles, joueurs et grecs de tripots, toujours à l'affût d'un sourire de la Fortune. Cela fait encore 15,000 hommes.

Un chômage forcé a nécessairement jeté sur le pavé, dès Sedan, des ouvriers sans épargne, des contre-maîtres, des commis, des teneurs de livres, et une très-grande variété d'autres pauvres diables sans asile. Ceux-là ont nécessairement considéré comme une Providence le hasard de la révolution du 18 mars, qui leur continuait la solde de 1 franc 50 centimes, avec la haute paye pour les femmes, légitimes ou non, et le subside pour les enfants.

On porte ce contingent à 20,000, et l'on n'exagère certainement pas.

Cependant, la portion la plus importante et , de toute façon, la plus redoutable, s'est recrutée dans un monde terrible : parmi les repris de justice , les forçats libérés en rupture de ban, ou tolérés dans les existences excentriques ; chez les souteneurs de filles , les bateleurs, les mendiants , les voleurs de profession, les receleurs.

Suivant M. Frégier {Histoire des classes dangereuses de la société), il a dû sortir de cet ensemble 35,000 combattants, prêts à défendre le drapeau rouge.

Ce dernier chiffre n'a rien qui puisse surprendre, attendu que, pour ne citer qu'un seul exemple, le commissaire central du Loiret, ayant intimé aux 300 internés

du département Tordre de se présenter à la police pour y faire viser leurs livrets, quatorze seulement répondirent à l'appel 1 Le reste était aux remparts de Paris, défendant la liberté réaliste , contre les ruraux, les Vendéens, Jes Pontificaux, les Chouans, les Versaillais!

Il y avait enfin, à Paris, toute l'écume de l'Europe. La fumée de la guerre avec la Prusse, excitant le besoin d'aventures, avait amené, tout à coup, dans la malheureuse capitale, des échantillons de toutes les races européennes. On a vu défiler sûr les boulevards des Russes, des Italiens, des Grecs, des Valaques, des Belges, des Hollandais, des Irlandais, des Espagnols, mais surtout des Polonais, de ces Polonais que nous avons jadis accueillis avec tant de bonté, de générosité, de sottise; que nous avons si longtemps , si bêtement pensionnés !

Nous empruntons au Figaro cette liste curieuse des pirates internationaux conviés à la curée par les chefs de la Commune de Paris :

Anys-el-Bittar, directeur des manuscrits à la Bibliothèque nationale. (Égyptien.) Biondetti, chirurgien-major du 233 e bataillon. (Italien.) Babick, membre de la Commune. ( Polonais.) Becka, adjudant du 207 e bataillon. ( Polonais.) Cluseret, général, délégué à la guerre. (Américain.) Cernatesco, chirurgien-major des lascars. ( Polonais.) Crapulinski, colonel d'état-major. (Polonais.)

Capellaro , membre du bureau militaire. ( Italien.) Carneiro de Cunha , chirurgien-major du 38 e bataillon.

(Portugais.) Charalambo', chirurgien-major des éclaireurs fédérés.

(Polonais.) Dombrowski, général des forces de la Commune.

( Russe. ) Dombrowski (son frère), colonel d'état-major. (Russe.) Durnoff, commandant de légion* (Polonais.) Echenlaub, colonel du 88 e bÉaillon. (Allemand.) Ferrera Gola, directeur-général des ambulances. (Portugais.) Frankel, membre de la Commune. (Prussien.) Giorok , commandant du fort d'Issy. (Valaque.) Grejorok, commandant^ de l'artillerie de Montmartre.

( Valaque.) Kertzfeld, directeur en chef des ambulances. (Allemand.) Iziquerdo, chirurgien-major du 88 e bataillon, (Polonais.) Jalowski, chirurgien-major des zouaves de la République»

(Polonais.) Kobosko, cavalier estafette, mis à l'ordre du jour de l'armée de la Commune. (Polonais*) La Cecilia, général. (Italien.) *

Landowski, aide de camp du général Dombrowski. (Po*

lonais.) Mizara, commandant du 104 e bataillon. (Italien.)

Maratuch, aide-major du 72 e bataillon. (Hongrois.)

Moro, commandant du 22 e bataillon, ( Italien.)

Okolowicz et ses frères, général et officiers d'état-major.

(Polonais.) Ostyn, membre de la Commune. (Belge.) Olinski, chef de la 17 e légion. (Polonais.) Pisani, aide-de-camp de Flourens. (Italien.) Potampenki, aide-de-camp du général Dombrowski. (Polonais.) Ploubinski, officier d'état-major. ( Polonais.) Pazdzierswski , commandant du fort de Vanves. (Polo-

nais.) Piazza, chef de légion. (Italien.) Pugno, directeur de la musique à l'Opéra. (Italien.) Romanelli, directeur du personnel de la guerre. (Italien.) Rozyski, chirurgien-major du 144 e bataillon. (Polonais.) Rubinowicz, officier d'état-major. (Polonais.) Rubinowicz (P.), chirurgien-major des marins fusiliers.

(Polonais.) Syneck, chirurgien-major du 151° bataillon. (Allemand.) Skalski, chirurgien-major du 240 e bataillon. (Polonais. ) Soteriade, chirurgien- major (Espagnol.) Thaller, sous-gouverneur du fort de Bicôtre. (Allemand.) Yan Ostal, commapdantdu 115 e bataillon. (Hollandais.) Vetzel, commandant des forts du sud. (Allemand.) Wrobleswski/général, commandant l'armée du sud. ( Polonais.) Witton, chirurgien-major du 72 e bataillon. (Américain.) Zengerler, chirurgien-major du 74 e bataillon. (Allemand.) Puisque nous avons, mainte fois , dans le cours de ce

récit, parlé de la société Y Internationale, il est peut-être bon d'en divulguer l'organisation, et nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici ce qu'en a publié le Journal officiel, en ses numéros des 29 mai et I er juin :

« Dans l'insurrection dont le triomphe momentané a fait peser sur Paris un joug si odieux et si humiliant, porté au comble les misères de la France, et mis la civilisation en péril, Y Internationale a joué un rôle qui a soudain révélé à tous la funeste puissance de cette redoutable association.

« Le 19 mars, au lendemain de l'explosion de sédition terrible dont les dernières horreurs épouvanteront l'histoire, on vit apparaître sur les murs une affiche qui apprenait à Paris les noms de ses nouveaux maîtres. C'était, hormis un seul, qui avait acquis une notoriété déplorable, des noms inconnus de la plupart de ceux qui les lisaient; ils avaient surgi tout à coup de l'obscurité et dn néant, et Ton se demandait avec étonnement, avec stupeur, quelle force ignorée avait pu leur donner une valeur et une signification qu'ils n'avaient point par eux-mêmes. Cette force, c'était Y Internationale; ces noms étaient ceux de quelques-uns de ses membres.

a On sait quelle part elle eut depuis dans les événements qui ont désolé la France et inquiété le monde. Il n'est donc point indifférent de rechercher ce qu'elle est, comment eHe se gouverne et à quoi elle tend. Il ne s'agit pas seulement d'un problème historique à résoudre :

l'Internationale a montré ce qu'elle pouvait; vaincue aujourd'hui, ce serait une illusion fatale de croire qu'elle a renoncé, à tout jamais, à l'espoir d'une revanche; elle est une menace, et il faut la désarmer.

« Un livre publié l'année dernière et qui, malheureusement, n'a point été assez lu, l'a étudiée avec un soin extrême dans son origine, dans ses principes, dans son organisation, dans ses ressources, et aussi dans ses , effrayants progrès. Les documents sont indiscutables; les témoignages, certains; c"wt elle-même (fui parle, et se révèle tout entière sans dissimulation, sans réticence, sans pudeur. Ce livre est Y Association internationale des Travailleurs, de M. Oscar Testut.

« L'idée de l'association internationale des travailleurs fut portée en Angleterre par des ouvriers français et, deux ans plus tard, le 28 septembre 1864, les bases en étaient jetées, à Londres, dans un meeting en faveur de la Pologne, tenu sous les voûtes de Martin's Hall.

« Un règlement provisoire fut alors adopté. L'article premierdéfinit, en ces termes, l'objet qu'avaient en vue les fondateurs : « Une association est établie pour procurer un point central de communication et de coopération entre les ouvriers des différents pays aspirant au même but, savoir : le concours mutuel, le progrès et le complet affranchissement de la classe ouvrière. »

<< Ce règlement est précédé de considérants. Un d'eux met en pleine lumière la pensée qui préside à l'œuvre entreprise. Il y est dit qu'au « grand but» de Témancipa-

tion économique des travailleurs « tout mouvement politique doit être subordonné comme moyen ».

Des sociétés locales, et spéciales pour chaque industrie, groupées en sections sous la direction de conseils fédéraux; au-dessus des conseils fédéraux, un conseil général; tels sont les éléments qui entrent dans l'organisation de Y Internationale.

a La section , — c'est un des journaux de l'association « qui parle, — est le type de la commune. A la tête de « la section est un comité administratif 'chargé d'exécuter « les mesures décrétées par la section. Au lieu de com- <( mander, comme les administrations actuelles, il obéit à « ses administrés. »

(( Intermédiaire entre les différentes sections, et entre les sections et le conseil général, le conseil fédéral, composé des délégués des sections, a pour mission de défendre les intérêts divers des corporations, d'étudier les questions économiques et sociales, de maintenir les ouvriers unis dans leur lutte contre « l'exploitation du capital ». C'est aussi à lui qu'est remis le soin de faire de la propagande, de statuer sur l'opportunité des grèves, sur les demandes d'emprunt, sur les affiliations. Il exécute les décisions du conseil général. Un conseil fédéral n'est créé que lorsque le nombre des sections rend indispensable un lien commun qui les réunisse entre elles.

« Le conseil général, formé d'ouvriers représentant les différentes nations faisant partie de l'association, a établit des relations avec les différentes associations ouvrières,

de telle sorte que les ouvriers de chaque pays soient constamment au courant des mouvements de leur classe dans les autres pays ». (Art. 5 des statuts adoptés au congrès de Genève, en 1864.)

« 11 rassemble tous les documents qu'il reçoit des sections centrales, ou qu'il se procure par une autre voie, et publie un bulletin contenant tout ce qui" peut intéresser l'association. Au congrès annuel, dont il est appelé à exécuter les résolutions, te conseil général fait un rapport public sur les travaux de l'année, sur la situation de l'association dans les différents pays, sur les principales grèves.

« C'est au congrès qu'il appartient de réviser les statuts et les règlements de Y Internationale, sur la demande de deux délégués présents; c'est dans le congrès que sont discutées les questions mises à l'ordre du jour par un programme que le conseil général a d'avance arrêté, et sur lesquelles l'assemblée est appelée à voter. « Le con- « grès annuel, dit M. Oscar Testut, représente le pouvoir « législatif; c'est le conseil général qui remplit le rôle du « pouvoir exécutif. »

aL'association tire ses ressources des cotisations payées par les membres. Ces cotisations varient de 10 centimes par an à 50 centimes par mois pour la cotisation fédérale. Tout membre paye en outre une somme annuelle de 10 centimes pour les frais du conseil général. Chaque société conserve la libre disposition des cotisations versées par ses membres. Néanmoins, lorsqu'une société ou une fé-

dération est frappée d'une suppression de travail ou d'une diminution de salaire, ou lorsqu'elle s'est mise en grève, le conseil fédéral peut faire connaître la situation au conseil général qui invite toutes les sociétés des divers pays à venir en aide à la société affiliée.

« Des souscriptions volontaires peuvent être ouvertes pour des besoins politiques.

u L'association, dont nous venons d'indiquer brièvement l'organisation, compte aujourd'hui HUIT MILLIONS d'adhérents. Elle ne date, comme on l'a vu, que de l'année 1864.

« Quatre fédérations se partagent la France : la parisienne, la rouennaise, la lyonnaise, la marseillaise.

« A Paris, presque toutes les sociétés ouvrières se sont fédérées et adhèrent à l'Internationale. Une section allemande a été constituée dans le courant de l'année dernière. La fédération lyonnaise réunit plus de trente corps de métiers; elle a fondé des sections à Saint-Etienne, à Neuville-sur-Saône, à Vienne, à Saint-Symphoriend'Ozon. Dans la fédération rouennaise sont groupés les calicotiers de l'arrondissement de Rouen, les tisseurs et tisseuses, les tanneurs, les corroyeurs, les charpentiers, les lithographes, les tisseurs de bretelles, les fileurs de coton de l'arrondissement de Saint-Sever et du canton de Grand-Couronne, d'autres sociétés ouvrières encore. Vingt-sept sociétés affiliées composent la fédération marseillaise.

« En dehors des quatre fédérations, il faut citer encore

les sections d'Aix, de Là Ciotat, de Brest, de Mulhouse, de Besançon , dTSlbeuf, de Limoges , de Roubaix, de Cambrai, du Mans, de Reims, de Cossé, de Tourcoing, du Greuzot, de Fourchambault , de Bordeaux, de Villefranche dans le Rhône, de Truveau, de Tournon, de Crest, de Caen, de Condé-sur-Noireau.

« En Belgique, l'Internationale a pris un développement énorme. Elle ne comprend pas moins de neuf fédérations, et le seul bassin de Charleroi en forme quatre. « Il ne se passe pas de semaine, dit M. Testut, sans que « plusieurs sections ne soient fondées. »

a La Suisse est aujourd'hui l'un des centres les plus importants de l'association. Les sections y sont au nombre de cinquante-trois ; les plus considérables sont celles de Genève, de Bâle, de Neuchatel, du Locle, de la Chauxde-Fonds, de Zurich.

« Les adhérents à Y Internationale se multiplient en Italie : à Milan, à Gênes , à Florence ; la section de Naples ne compte pas moins de trois mille membres.

« En Autriche , où une loi défend toute relation avec les associations étrangères , les ouvriers s'associent et suifOBt les principes de l'Internationale, isolément. Dès le — t»4c ■■m UTI^ MjMftiwnii 1 1, à Tienne, «nient adhéré à «es statuts; 1,300, àflbeidrcnau; €00, àLintz, 6,800 dans le Tyrol et les contrées avoi$inantes ; 6,000 en Bohême et en Silésie ; 8,500 à Pesth et à Temeswar.

« En Allemagne, presque Joutes les sociétés'ouvrières sont affiliées. Le congrès de Nuremberg, en 1868, repré-

sentait plus de 200 sociétés du Nord et du Sud. En 4869, la société générale allemande des ouvriers , à Berlin, déclarait qu'elle adoptait le programme de Ylnternationale. Le comité central est à Leipsig; le nombre des affiliés dépasse un million.

« L'Angleterre a été le berceau de l'association, et c'est Londres qui en est encore le centre le plus important. A très-peu d'exceptions près, les sociétés ouvrières anglaises sont affiliées. L'association des charpentiers comprend, à elle seule, deux cent trente sections, et son fonds social ne s'élève pas à moins de deux millions de francs. La Trade- Union (Association d'ouvriers) des mécaniciens n'a pas moins de trois cent huit branches; celle des charpentiers en a cent quatre-vingt-dix.

« En Hollande, des sections se sont formées à Amsterdam, à Arnhem, à Oosterbeck et à Rotterdam.

<( Une section a été constituée en Russie.

« Madrid a un conseil fédéral qui réunit vingt sections ; un autre centre, à Cadix, comprend quatorze sections. A Barcelone , trente-huit associations ouvrières sont affiliées. Toutes celles des Baléares sont fédérées.

«En août 1869, un congrès organisé àPhiladelphie, par le National Labour Union, fédération des Trades Unions, plus de huit cent mille ouvriers étaient représentés. Le National Labour Union est aujourd'hui affilié à Y Internationale. L'assemblée générale des ouvriers, allemands des États-Unis a voté son affiliation à la fin de l'année

« L'Internationale devait avoir sa pressé spéciale. Ses journaux sont déjà nombreux. Deux paraissent en France, six en Belgique, neuf en Suisse, trois en Allemagne, un en Italie, six en Espagne, un en Autriche, un en Amérique , trois en Hollande.

<( Ainsi, en moins de sept ans, V Internationale a conquis une portion énorme de la population ouvrière en Europe et en Amérique ; elle espère bien la conquérir tout entière. Trente-deux journaux aident à la propagande, et il n'y a pas de région si lointaine où elle ne se promette de pénétrer.

« Une association s'est formée en Chine et dans l'Inde, qui a pris le nom de Société fraternelle du Ciel et de la Terre. Elle a publié un manifeste où elle déclare hautement « qu'elle se croit appelée par l'Être suprême à « faire disparaître le déplorable contraste qui existe entre « la richesse et la pauvreté ». Et plus loin : <c Quand la u grande majorité des villes et des campagnes aura prêté « serment à l'Union fraternelle, l'ancienne société tombera « en poussière, et l'on bâtira l'ordre nouveau sur les ruines « de l'ancien. » Aussitôt que ce document était signalé en Belgique, un des journaux de l'Internationale invitait ceux des amis de l'association qui auraient des relations avec la Chine et avec l'Inde à ne rien négliger a pour amener un heureux rapprochement » entre l'/ntemationale et la Société fraternelle du Ciel et de la Terre.

« Un homme d'un grand sens, frappé du développement

— âw —

si prodigieusement rapide de Y Internationale, en quelques années, écrivait ces lignes : « Ce n'est pas une doctrine, « ce n'est pas l'action de l'intelligence qui expliquent une « telle puissance d'expansion. » C'est là une observation très-juste. Les idées n'ont pas sur les hommes une prise assez forte pour expliquer un pareil miracle. La satisfaction promise à des passions et à des appétits est seule capable de l'opérer. Il suffisait, pour l'affirmer d'avance, de la connaissance du cœur humain et de celle de l'histoire. Que l'on parcoure les publications de YInterna* tionale, qu'on lise les discours prononcés par ses membres dans les congrès qu'elle a tenus, et l'on verra bien vite cette induction pleinement justifiée.

« Aux doutes, qui pourraient s'élever sur ce point, quelques citations répondront d'une façon péremptoire.

« Le grand but de X Internationale est « l'émancipation « économique des travailleurs, » disaient modestement, dans les considérants de leur règlement provisoire , les fondateurs de la société. C'était là l'apparence; la réalité, la voici :

Ceux qui inspirent cette effrayante armée de Y Internationale, et la commandent, veulent la révolution sociale, et ils le disent ouvertement, cyniquement :

« Nous ne sommes pas des socialistes à système, « nous sommes purement et simplement des révolution- (( naires; nous faisons appela la masse, et nous sommes

« convaincus qu'elle seule a le secret de ses destinées , « et qu'elle seule peut donner le mot d'ordre. de l'avenir. « Les droits des travailleurs, voilà notre principe; Forci ganisation des travailleurs, voilà' notre moyen d'acte tion; la révolution sociale, voilà notre but. » (Internationale, n° du 27 mars 1870. )

« Les radicaux , les partis politiques , même les plus a avancés , veulent simplement replâtrer l'édifice social « en lui conservant ses bases actuelles. Nous voulons , « nous, faire table rase, et tout reconstituer à neuf; voilà « dans quel sens nous sommes révolutionnaires. » (Progrès « de tOise, n° du 29 janvier 1870.)

« Ce mot de révolution sociale a-t-il, dans la bouche ou sous la plume de ceux qui le prononcent ou qui récrivent, un sens vague et non déterminé ? Lisons le programme de la section de l'Alliance de la démocratie socialiste :

« L'Alliance veut l'abolition des cultes,... l'abolition « du mariage en tant qu'institution politique, religieuse , «juridique et civile... Elle demande, avanitout, l'abolition « du droit d'héritage, afin qu'à l'avenir la jouissance soit a égale à la production de chacun... »

« Mais, dira-t-on, c'est une seule section de Y Internationale qui parle ainsi. Qu'on lise les déclarations du congrès de Bruxelles, en 1868 :

« Le congrès reconnaît que le droit d'héritage doit être « complètement et radicalement aboli , et que cette abo-

« lition est une des conditions les plus indispensables de « l'affranchissement du travail. »

« Dépouiller l'homme'.du droit de manifester extérieurement sa croyance, du droit de donner à l'union qu'il contracte la sanction d'un contrat légal ou religieux, du droit de transmettre ses biens à ses enfants, ce n'est pas assez, il faut supprimer la propriété elle-même :

a Tout propriétaire qui veut louer un immeuble prouve « par cela même qu'il n'en a pas besoin : qu'on l'expro- « prie! *> (Tartaret.)

a Je demande la liquidation sociale, et par liquidation u sociale j'en tendsl'expropriation de tous les propriétaires « actuels. » (Bakounine).

« Le défi est relevé, la guerre est désormais déclarée, « et elle ne cessera que le jour où le prolétariat sera vaince queur, où les mineurs pourront dire : A nous les mines ! a les cultivateurs : A nous les terres ! les ouvriers de tous « les métiers : A nous l'atelier ! » (Adresse des ouvriers de Lyon, 16 avril 1870.)

« Toutes les institutions sur lesquelles ont, de tout « temps, reposé les sociétés civilisées sont ainsi condam- « nées ; ce n'est pas assez encore :

a Ce qui nous sépare, radicalement et irrémédiable-

« ment, nous autres socialistes, des hommes politiques « les plus radicaux, c'est que, pour ces derniers, la lift berté est tout, absolument tout. Ils disent : La liberté « d'abord; la solidarité, après. Devise profondément illo- « gique !.... Nous disons, nous, et nous ne nous lasserons « pas de le répéter : La solidarité, d'abord ; la liberté, « après. » (Progrès du Loiret, n° du 29 avril 1870.) V Internationale va plus loin :

« Raspail et Rochefort voudraient être socialistes , « mais ils ne le peuvent pas, parce que, à l'instar de tous « ces démocrates bourgeois, ils partent d'un point de « vue absolument faux, qui est celui de la liberté indivi- « duelle. » ( Internationale, n° du 23 janvier 1870.)

« Voilà donc la liberté condamnée à son tour; c'eût été un affront pour elle d'être épargnée parles hommes coupables de tant de défis jetés à la justice, à la raison, à la conscience publique ; il faut leur savoir gré de l'avoir honorée en la proscrivant.

Il restait la patrie; la patrie aussi est supprimée par ces insensés.

«... De même que le capital n'a pas de patrie, ses « victimes n'en doivent pas avoir ; nous, les ouvriers, nous « ne devons pas en avoir. » (Manifeste de la section de <c Barcelone.)

« Et qu'ils se détrompent, ceux qui se persuaderaient que ces rêves monstrueux ne sont pour ceux qui les font que de pures théories :

« ... Ce que le peuple voudra, il l'exécutera. Ce qu'on « ne voudra pas lui accorder, il se l'accordera à lui-môme. <( Si le petit nombre qui, aujourd'hui, nous régente veut « tenter une prise d'armes, il subira la responsabilité de « son écrasement. Mais tout se fera régulièrement, parce « que tout se fera par la grande majorité. Point de dicta- <( ture de quelques-uns, puisque c'est le peuple entier qui « agira. Le peuple suivra -sa route, envoyant dédaigneua sèment rouler dans le ruisseau ceux qui voudront « s'opposer à sa marche. »

u Et quel sera le régime politique de ce monde nouveau sorti de la victoire définitive du prolétariat? Le monarchique? non, sans doute. Le républicain? pas davantage :

« Considérant que... tout gouvernement, ou État po- « litique, n'est rien autre chose que l'organisation de l'ex- « jdoitaiion bourgeoise, exploitation dont la formule s'ap- « pelle le diott juridique; que toute participation de la « classe ouvrière ll^jtfitifHe bourgeoise gouvernemen- « taie ne peut avoir d'autres réseltets çoe la consolidation « de l'ordre de choses^existant, De Jjufpantlywnàt Faction «révolutionnaire socialiste du prolétariat, le £8flgi%s w- <( mand recommande à toutes les sections de l'Association « internationale des travailleurs de renoncer à toute ac- <( tion ayant pour but d'opérer la transformation au moyen a des réformes politiques nationales... » {La Solidarité, « n° du il avril 1870.)

<( V Internationale a dû commencer par déblayer le

« terrain, et, comme toute politique, au point de vue de « l'émancipation du travail, se trouvait alors entachée d'é- « léments réactionnaires, elle a dû d'abord rejeter de son « sein tous les systèmes politiques connus, afin de pouvoir « fonder sur les ruines du monde bourgeois la vraie police tique des travailleurs, la politique de l'Association in- « ternationale. » (L'Égalité de Genève.)

« Ne peut-on entrevoir au moins ce que sera le gouvernement de X Internationale triomphante?

« Le groupement des sociétés de résistance , a dit le « congrès de Bruxelles, en 1868, formera la commune de « l'avenir, et le gouvernement sera remplacé par les con- « seils des corps et métiers. » •

«Cela est obscur, cela est incompréhensible. N'importe; la sagesse de l'Internationale & rendu son oracle : que le peuple s'incline avec humilité et se prépare à faire docilement, aveuglément, son œuvre ; à remplir la tâche qui lui a été assignée par ses maîtres.

« Deux mois durant, ils ont tenu Paris entre leurs mains, ces apôtres et ces législateurs de l'Internationale, et ils ont appliqué leur programme : plus de liberté , plus de propriété, plus de patrie 1 Ils y ont ajouté leur propre tyrannie, préface inattendue du gouvernement du peuple par ses conseils de corps et métiers ; la guerre civile, les visites domiciliaires, l'emprisonnement des bons citoyens, le massacre des prisonniers, et l'incendie prémédité et ordonné de sang-froid : l'incendie des monuments qui

étaient l'admiration du monde, et l'incendie des maisons privées, qui dévore la demeure du pauvre comme celle du riche. Ces choses-là ne se formulent pas en statuts, et ne s'annoncent pas .dans les congrès ; mais, pour les clairvoyants , elles pouvaient sortir un jour des doctrines et des discours des organisateurs et des orateurs de l'/«ternationale.

a Nous sommes tous avertis maintenant.

« Parmi les ouvriers affiliés à la formidable Association, beaucoup n'ont jamais cru s'unir pour le renversement de la société. A plus forte raison, ignoraient- ils, hier, jusqu'où n'hésiteraient pas à les conduire ceux qui les mènent... ils le savent aujourd'hui! »

Telle est l'étude instructive publiée par le Journal officiel, et que nous croyons devoir faire suivre de cet extrait

de la circulaire du ministre des affaires étrangères aux agents diplomatiques delà France, en date du 6 juin 1871 :

« L'Association internationale des travailleurs est certainement l'une des plus dangereuses dont les gouvernements aient à se préoccuper. La date de sa formation est déjà éloignée. On la fait remonter à l'exposition de 1862. Je la crois plus ancienne. Il est naturel et légitime que les ouvriers cherchent à se rapprocher par l'association. Il y a plus de quarante ans qu'ils y «ongent, et si leurs efforts ont été contrariés par la législation , ils n'en ont pas moins persévéré avec constance. Seulement, dans les dix

dernières années , la sphère de leur action s'est singulièrement étendue, et leurs idées ont pris un caractère dont il est permis de s'inquiéter. Gomme l'indique le titre de leur association , les fondateurs de l'Internationale ont voulu effacer et confondre les nationalités dans un intérêt commun supérieur.

« On pouvait croire tout d'abord cette conception uniquement inspirée par un sentiment de solidarité et de paix.

« Les documents officiels démentent complètement cette supposition. V Internationale est une société de guerre et de haine. Elle a pour base l'athéisme et le communisme; pour but, la destruction du capital et l'anéantissement de ceux qui le possèdent; pour moyen, la force brutale du grand nombre qui écrasera tout ce qui essayera de résister.

« Tel est le programme qu'avec une cynique audace les chefs ont proposé à leurs adeptes : ils l'ont publiquement enseigné dans leurs congrès, inséré dans leurs journaux; car, en leur qualité de puissance, ils ont leurs réunions et leurs organes. Leurs comités fonctionnent en Allemagne, en Belgique, en Angleterre et en Suisse. Ils ont des adhérents nombreux en Russie, en Autriche, en Italie et en Espagne. Gomme une vaste franc-maçonnerie, leur société enveloppe l'Europe entière .

« Quant à leurs règles de conduite , ils les ont trop de fois énoncées pour qià'il soit nécessaire de démontrer longuement qu'elles sont la négation de tous les principes sur lesquels repose la civilisation,

« Nous demandons, disent-ils dans leur feuille office ciel le du 25 mars 1869, la législation directe du peuple « par le peuple, l'abolition du droit d'hérédité individuelle « pour les capitaux et les instruments de travail, l'entrée « du sol à la propriété collective. »

« L'alliance se déclare athée, dit le conseil général « de Londres qui se constitue en juillet 1869 ; elle veut l'ace bolition des cultes, la substitution de la science à la <( foi, et de la justice humaine à la justice divine; l'aboie lition du mariage.

« ... Elle demande, avant tout, l'abolition du droit « d'héritage, afin qu'à l'avenir la jouissance soit égale à la « production de chacun, et que, conformément à la déci-

« sion prise par le dernier congrès de Bruxelles, la terre, « les instruments de travail, comme tout autre capital, de- « venant la propriété collective de toute la société , ne « puissent être utilisés que par les travailleurs : c'est-à- « dire par les associations agricoles et industrielles. »

« Tel est le résumé de la doctrine de Y Internationale; et c'est pour anéantir toute action comme toute propriété individuelle; c'est pour écraser les nations sous le joug d'une sorte de monarchisme sanguinaire ; c'est pour en faire une vaste tribu appauvrie et hébétée par le communisme que dès hommes égarés et pervers agitent le monde, séduisent les ignorants et entraînent après eux les trop nombreux sectateurs qui croient

trouver dans la résurrection de ces inepties économiques des jouissances sans travail, et la satisfaction de leurs plus coupables désirs.

« Ce sont là, en effet, les perspectives qu'ils étalentaux yeux des gens simples quSh veulent tromper : « Ouvriers a de Puni vers, dit une publication du 29 janvier 1870, or- <( ganisez-vous, si vous voulez c esse r de souffrir de l'excès « de fatigue ou de privations de toutes sortes. »

« Par l'association internationale des travailleurs, u l'ordre, la science, la justice remplaceront le dfeordre, *« l'imprévoyance et l'arbitraire. »

« Pour nous, est-il dit ailleurs, le drapeau rouge est le « symbole de l'amour humain universel : que nos ennemis « songent donc à ne pas le transformer contre eux-mêmes « en drapeau de la terreur ! »

((En présence de ces citations, tout commentaire est inutile. L'Europe est en face d'une œuvre de destruction systématique dirigée contre chacune des nations qui la composent, et contre les principes mômes sur lesquels reposent toutes les civilisations.

« Après avoir vu les coryphée del' Internationale au pouvoir, elle n'aura plus à se demander ce que valent leurs déclarations pacifiques. Le dernier mot de leur système ne peut être que l'effroyable despotisme d'un petit nombre de chefs s'imposant à une multitude courbée sous le

joug du communisme , subissant toutes lés servitudes, jusqu'à la plus odieuse, celle delà conscience; n'ayant plus ni foyer, ni champ, ni épargne, ni prière; réduite à un immense atelier, conduite par la terreur, et contrainte administrativement à chasser de son cœur Dieu et la famille.

« C'est là une situation grave. Elle ne permet pas aux gouvernements l'indifférence et l'inertie. Ils seraient coupables, après les enseignements qui viennent de se produire, d'assister impassibles à la ruine de toutes les règles qui maintiennent la moralité et la prospérité dçs peuples. »

Tel est cet extrait de la circulaire de M. Jules Favre.

Pour mettre enfin en pleine lumière la nature prise sur le vif, nous reproduirons in extenso certain article du Journal officiel de l'Insurrection, numéro du 21 mars. Parmi les filandres stercoraires d'une déclamation naïve, on y verra l'embryon des appétits du peuple s'agiter singulièrement, en tous sens, sous les ardeurs du plus violent prurit. Voici cet important factum :

« Les journaux réactionnaires continuent à tromper l'opinion publique en dénaturant avec préméditation et mauvaise foi les événements politiques dont la capitale est le théâtre depuis trois jours. Les calomnies les plus grossières, les inculpations les plus fausses et les plus outrageantes sont publiées contre les hommes courageux et désintéressés qui, au milieu des plus grands périls, ont assumé la lourde responsabilité du salut de la République.

« L'histoire impartiale leur rendra certainement la justice qu'ils méritent, et constatera que la Révolution du 18 mars est une nouvelle étape importante dans la marche du progrès.

« D'obscurs prolétaires, hier encore inconnus, et dont les noms retentiront bientôt dans le monde entier, inspirés par un amour profond de la justice et du droit, par un dévouement sans borne à la France et à la Répu-^ publique, s'inspirant de ces généreux sentiments et de leur courage à toute épreuve , ont résolu de sauver à la fois la patrie envahie et la liberté menacée. Ce sera là leur mérite devant leurs contemporains et devant la postérité.

« Les prolétaires de la capitale, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont compris que l'heure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en mains la direction des affaires publiques.

« Ils ont usé du pouvoir que le peuple a remis entre leurs mains avec une modération et une sagesse qu'on ne saurait trop louer.

a Ils sont restés calmes devant les provocations des ennemis de la République, et prudents en présence de l'étranger.

« Ils ont fait preuve du plus grand désintéressement et de l'abnégation la plus absolue. A peine arrivés au pouvoir, ils ont eu hâte de convoquer dans ses comices le peuple de Paris, afin qu'il nomme immédiatement une

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municipalité communale dans les mains (Je laquelle ils abdiqueront leur autorité d'un jour.

« Il n'est pas d'exemple dans l'histoire d'un gouvernement provisoire qui se soit plus empressé de déposer son mandat dans les mains des élus du suffrage universel. « En présenee de cette conduite si désintéressée , si honnête et si démocratique, on se demande avec étonnement comment il peut se trouver une presse assez injuste, malhonnête et éhontée, pour déverser la calomnie, Finjure et l'outrage sur des citoyens respectables, dont les actes ne méritent jusqu'à ce jour qu'éloge et admiration.

« Les amis de l'humanité, les défenseurs du droit, victorieux ou vaincus , seront donc toujours les victimes du mensonge et de la calomnie ?

<c Les travailleurs , ceux qui produisent tout et qui ne jouissent de rien , ceux qui souffrent de la misère au milieu des produits accumulés, fruit de leur labeur et de leurs sueurs, devront-ils donc sans cesse être en butte à l'outrage?

« Ne leur sera-t-il jamais permis de travailler à leur émancipation, sans soulever contre eux un concert de malédictions?

« La bourgeoisie, leur aînée, qui a accompli son émancipation il y a plus de trois quarts de siècle , qui les a précédés dans la voie de la révolution , ne comprend-elle pas aujourd'hui que le tour de l'émancipation du prolétariat est arrivé?

« Les désastres et les calamités publiques dans lesquels son incapacité politique et sa décrépitude morale et intellectuelle ont plongé la France devraient pourtant lui prouver qu'elle a fini son temps , qu'elle a accompli la tâche qui lui avait été imposée en 89, et qu'elle doit sinon céder la place aux travailleurs, au moins les laisser arriver à leur tour à l'émancipation sociale.

« En présence des catastrophes actuelles , il n'est pas trop du concours de tous pour nous sauver.

« Pourquoi donc persiste-trelle avec un aveuglement fatal et une persistance inouïe à refuser au prolétariat sa part légitime d'émancipation?

« Pourquoi lui conteste-t-elle sans cesse le droit commun; pourquoi s'oppose-t-elle de toutes ses forces et par tous les moyens au libre développement des travailleurs?

a Pourquoi met-elle sans cesse en péril toutes les conquêtes de l'esprit humain, accomplies par la grande révolution française?

« Si, depuis le 4 septembre dernier, la classe gouvernante avait laissé un libre cours aux aspirations et aux besoins du peuple; si elle avait accordé franchement [aux travailleurs le droit commun, l'exercice de toutes les libertés; si elle leur avait permis de développer toutes leurs facultés, d'exercer tous leurs droits et de satisfaire leurs besoins ; si elle n'avait pas préféré la ruine de la patrie au triomphe certain de la République en Europe, nous n'en serions pas où nous en sommes, et nos désastres eussent été évités.

<( Le prolétariat, en face de la menace permanente de ses droits, de la négation absolue de toutes ses légitimes aspirations, de la ruine de la patrie et de toutes ses espérances, a compris qu'il était de son devoir impérieux et de son droit absolu de prendre en main ses destinées et d'en assurer le triomphe en s'emparant du pouvoir.

« C'est pourquoi il a répondu par la révolution aux provocations insensées et criminelles d'un gouvernement aveugle et coupable, qui n'a pas craint de déchaîner la guerre civile en présence de l'invasion et de l'occupation étrangères.

« L'armée, que le pouvoir espérait faire marcher contre le peuple , a refusé de tourner ses armes contre lui ; elle lui a tendu une main fraternelle et s'est jointe à ses frères*

« Que les quelques gouttes de sang versé, toujours regrettables, retombent sur la tête des provocateurs de la guerre civile et des ennemis du peuple qui, depuis près d'un demi-siècle, ont été les auteurs de toutes nos luttes intestines et de toutes nos ruines nationales.

« Le cours du progrès, un instant interrompu, reprendra sa marche, et le prolétariat accomplira, malgré tout, son émancipation !

« Le délégué au Journal officiel, »

Ces divers documents s'imposent à nos méditations, les plus sérieuses. Si nous n'anéantissons pas, au plus tôt, Y Internationale y l'ordre social européen doit, avant vingt

ans, s'écrouler tout entier sous les coups de ses sectaires cupides, audacieux, et féroces. Leurreligion consiste en là négation de toute croyance, et pousse à l'abolition dé toute espèce de culte. Leur programme politique et social est également fort simple. La noblesse , disent-ils, a fait son temps ; la bourgeoisie, aussi. Aujourd'hui, c'est le peuple, c'est la classe ouvrière qui doit être au pouvoir et jouir de toutes choses. En conséquence, il convient de dépouiller ceux qui possèdent et de faire passer entré les mains des travailleurs les terres, l'argent, les instruments de travail et de production.

Tels sont les dogmes de Y Internationale. Voici ses statuts :

Le centre de l'association est à Londres. C'est ce qu'on appelle le Comité central. Le bureau se compose d'un secrétaire général et de quinze membres. Y! Internationale n'admet pas de président ; chaque pays compose une branche de l'association. Chaque branche est divisée en sections. Chaque centre important est lui-môme divisé en plusieurs sections, avec un bureau central. Toutes les semaines, chaque bureau central envoie au bureau central de Londres :

« 1° Un rapport détaillé sur les faits politiques et commerciaux de la localité;

« 2° Un état numérique des affiliés;

« 3° Un état des ressources monétaires ;

a 4° Un état nominatif des principaux commerçants ;

u 5° Un état nominatif des principaux propriétaires et rentiers;

« Un compte-rendu des séances. »

On voit que peu de polices sont aussi bien faites que celle de l'association internationale des travailleurs. A Paris, comme à Lyon et à Marseille, toutes les principales listes de proscription et d'inôendie ont été envoyées toutes faites de Londres.

Quant aux ressources de la société, elles sont assez bornées, pécuniairement parlant, grâce à la modicité des cotisations : Dix centimes par semaine, payés irrégulièrement! Pourtant, c'est l'association qui a fourni les premiers fonds de l'émeute, mais elle n'aurait pu, financièrement parlant, soutenir la lutte pendant trois jours.

Les chefs de cette société de bandits résident à Londres; ils ont noms: Karl Marx, Jacoby, Diebneck et Touatchin. Voilà les grands-prêtres de la religion nouvelle I... les potentats qui font mouvoir à leur gré nos fantoches républicains, tels que Gaillard père et Victor Hugo , Budaille et M. Gambetta!... Voilà les organisateurs du mouvement du 18 mars! les maîtres du fameux Comité central, lequel n'était qu'une agence de la grande conspiration internationale des travailleurs.

Aujourd'hui qu'elle est abattue et terrassée, que va-t-elle devenir, cette Internationale ? Que va-trelle faire? Gomment portera-t-elie le poids de sa défaite, se demande M. Ana-

tôle Dunoyer, — «delà défaite de l'insurrection qui avait réussi à faire de Paris la citadelle du prolétariat révolutionnaire des deux mondes? « Les classes privilégiées sont « à l'agonie, disait l'année dernière la Legalidad, organe a de l'Association en Catalogne; elles mourront quand « les ouvriers le voudront; quand les classes productrice ces se lèveront pour accomplir la révolution sociale. » — « Encore quelques années de développement pacifique, ce disait, il y a deux ans, Y Égalité de Genève, et Y Associace tion internationale deviendra une puissance contre lace quelle il sera ridicule de vouloir lutter. » — « Bientôt, « écrivait une année plus tard, le rédacteur du journal de <( l'Association à Bruxelles, bientôt nos ennemis comprencc dront que la croisade qu'ils ont entreprise contre l'/n- « ternationale est une lutte insensée, qui n'aura fait qu'ac- « célérer leur ruine. »

«(Quel sentiment va succéder à cette prodigieuse assurance, après l'horrible effort, fécond seulement en crimes et en ruines, que l'un des groupes fédératifs les plus puissants de l'Association vient de tenter vainement, aidé de milliers d'adhérents accourus de toutes parts, d'Amérique et d'Europe ?

« Ceux-là connaîtraient bien mal le cœur humain qui croiraient que tant d'audace trompée , tant d'espérances inassouvies, tant de rancunes envieillies, et maintenant déçues, vont faire place à la soumission. La haine, bien loin de s'amortir, croîtra par l'effet de la répression im-

placable et du châtiment exemplaire que la justice commande impérieusement. Seulement, elle va s'envelopper de patience. Les sages, les prudents, les têtes froides de l'Association auront beau jeu pour gourmauder la témérité, la folie du parti des impatients, qui a si gravement compromis la cause commune. — « Mais quoi ! diront « ceux-ci ; l'occasion semblait si propice I le succès parais- « sait si facile ! la tentation était si forte! Faudra- t-il donc « attendre toujours? » — Quoi qu'il en soit, il y a toute apparence que l'ascendant, dans l'Association , va revenir aux temporiseurs qui , dès le principe, n'ont voulu la révolution qu'à longue échéance. Ils montreront aisément que les temps n'étaient pas mûrs , et que la solidarisation du prolétariat universel est loin d'être une œuvre achevée. Ils laisseront ceux que la grandeur même du crime console en partie de la ruine, de leurs prochaines espérances se faire secrètement un hochet de cette horrible gloire et, hardiment, mais subtilement, ils se remettront à la tâche.

« Or, il faut songer aux progrès vraiment extraordinaires d'une propagrande que le parti conservateur, en Europe, a trop longtemps méprisée ou ignorée. Et ce qui rend ces progrès plus redoutables , c'est le fanatisme des adhérents, leur foi imperturbable en la légitimité de leurs prétendus griefs; c'est aussi l'affreuse envie qu'inspirent au prolétariat non-seulement les jouissances que les meilleurs d'entre nous méprisent ou dédaignent, mais encore les plaisirs nobles que les esprits cultivés peu-

vent seuls goûter, et jusqu'à l'aisance modeste, conquise à force de labeur et de privations.

« 1/ambition effrénée de quelques obscurs aventuriers d'épée et de plume; la dépravation, les vices, la brutalité d'une tourbe qui n'appartient à aucune classe , mais qui se recrute dans toutes, peuvent bien sans doute expliquer quelque chose dans les saturnales dont nous venons d'avoir le spectacle, et dans les crimes sans nom qui en ont couronné et, pour jamais, illustré l'infamie; toutefois , rien de tout cela n'explique ni l'égarement des multitudes qui grossissent sans relâche les rangs de nos ennemis , ni la confiance sans bornes que leur inspire la puissance de l'Association au sein de laquelle ils s'unissent pour consommer notre ruine. Nous ne nous bercerons plus d'illusion : nous tous qui vivons du produit de l'épargne des générations antérieures et de la nôtre, nous sommes haïs d'une haine à laquelle rien ne se peut comparer. Nos ennemis se sont institués eux-mêmes nos créanciers : nous ne supposons pas, sans doute, que pour les avoir vaincus et châtiés , nous aurons obtenu .quittance.

« Le seul fruit certain de notre victoire consiste en ceci : nous avons conquis une prorogation de délai. Profitonsen pour nous appliquer à connaître ceux qui ont juré notre perte. Si, en scrutant leurs doctrines, nous venons à découvrir l'indice de quelque réparation qui leur soit due, n'hésitons pas un instant à être justes, bien que nous ne puissions plus jamais espérer d'être payés de

retour. Par là, nous accroîtrons légitimement la somme de mépris qu'ils méritent, en môme temps que nous leur enlèverons une force. Si, en étudiant le plan d'organisation qu'ils ont adopté pour nous combattre , il nous arrive de reconnaître à des signes certains l'ébauche encore imparfaite et grossière d'une transformation de notre état économique, douée de la force lente mais invincible des choses, ne négligeons pas les indications empiriques que peut suggérer l'ignorance môme.

a Surtout, restons unis : unis dans la délivance, comme nous l'aurons été dans l'anxiété et dans la douleur. Ne donnons pas à nos ennemis , que nous ne pouvons pas tous atteindre, la consolation d'assister à nos dissensions, à nos discordes, à nos déchirements. Puissionsnous ne jamais surprendre sur leurs lèvres le rire amer et poignant par lequel se trahit la vengeance satisfaite ! »

Nous partageons l'opinion de M. Anatole Dunoyer, de tous points, sauf un seul.

Nous ne croyons pas à la patience des adeptes de Y Internationale et, déjà, nous les voyons s'agiter. Le Tagwacht, journal de Zurich, applaudit avec enthousiasme aux faits et gestes des communeux de Paris ; le Volkstaat, de Leipzig, ne craint pas de publier ceci : — « Nous sommes et nous nous déclarons solidaires avec la « Commune, et nous sommes prêts à soutenir, à tout « instant, et contre chacun, les actes de la Commune. » Enfin, le Comité central de Londres vient d'adresser ce manifeste à tous les comités européens : — « Nous ac-

« ceptons les événements de Paris et les actes de la Cornet mime , sans exception d'aucun genre. Là est notre « programme non tout entier, mais en germe.

(t Les riches ont entraîné la Commune de Paris à la u lutte ; la Commune a brûlé , fusillé et assassiné. Si une «situation semblable se reproduit, nous réduirons ces « trois procédés à un seul : NOUS FERONS SAUTER « LES VILLES avec tout ce qu'il y aura dedans ; nous « nous ensevelirons sous leurs ruines avec nos ennemis.

<t Les riches peuvent crier : La Commune est morte !

« A ce cri des millions de travailleurs vont répondre « de tous les coins de l'Europe :

« La Commune est morte! Vive la Commune!! »

Et nune, gentes, mtelligitet Erudimini 9 qui judicatis terrain I

Le corps social européen est en proie à une maladie aûgâe qui n'en est pas encore à sa période de décroissance; il convient d'en chercher le remède, et la médication doit être aussi prompte qu'énergique. C'est une épidémie jusqu'alors inconnue qui gagne toutes les populations de l'occident : que les populations de l'occident s'unissent et se lèvent! Que les puissances européennes résolvent en un congrès spécial ce problème de police internationale : « Étant donnée la situation actuelle, détruire u jusqu'en son germe cette épidémagogie féroce/ »

Pour nous , Français , nous avons de larges blessures qu'il nous faut, au plus tôt, fermer. Et d'abord, quoi qu'en puissent penser les âmes tendres, nous devons,

dès à présent , frapper de terreur ces hordes de bandits qui nous ont terrorisés. Tous ceux qui ont été pris les armes à la main ont été fusillés ! Bien. Tous les incendiaires y pétroleurs , allumeurs, mineurs embrigadés, ont également été passés par les armes! Fort bien. C'est la loi de la guerre, et Ton ne saurait s'apitoyer sur le sort des communeux maudits. Maudits soient à leur tour ceux de nous qui se sentiraient au cœur quelque commisération pour ces indignes ! Ce n'étaient pas seulement à des sauvages armés de faulx et de carquois (ils en avaient!!..), mais à des voleurs que nons avions affaire. Les nommés Yarlin et Mathieu, tous deux membres de la Commune et , en cette qualité, fusillés, ont été trouvés nantis l'un, de quatre cents; l'autre, de quinze cents billets de mille francs !... Tous ces hommes noirs de poudre, hâves, déguenillés; toutes ces femelles sordides, qui s'en allaient cheveux au vent, avaient fait main basse sur des valeurs souvent considérables !• . .

Mais il ne suffit pas d'avoir frappé les êtres dangereux qui grouillaient dans Paris; il faut atteindre le crime partout où il s'enfouit dans l'ombre. Or on sait, à n'en pas douter, que l'esprit de la province est aujourd'hui mauvais; que Y Internationale a jeté de profondes racines non seulement dans les villes, mais encore dans tous les bourgs, les villages, les hameaux. L'insurrection du 18 mars devait s'étendre à Lyon, à Saint-Étienne, Bordeaux, Marseille. Oui les communeux Provençaux voulaient aussi brûler Marseille, au moyen du pétrole, et commettre tous les actes

de vandalisme de leurs dignes patrons de Paris. Heureusement la police reconstituée 1 veillait , et elle a pu empêcher que le premier port de France devînt la proie des flammes. De nombreuses arrestations ont pu être opérées, dans la nuit du 24 au 25 mai. Le citoyen Nar quet qui était, paraît-il, l'âme du complot, a été arrêté et écFOué au fort Saint-Nicolas. À la nouvelle de cette arrestation , la femme Naquet, armée de poignards et de revolvers, comme une vraie américaine, s'est rendue à la préfecture : on a pu s'emparer d'elle, au moment où elle allait pénétrer dans le cabinet du général Espivent qu'elle voulait assassiner.

Pour ces raisons, il convient d'en revenir à l'organisation d'un ministère de la police qui surveille activement les coins les plus cachés, les réduits les plus obscurs de la France , car une direction de l'Intérieur ne peut suffire aux travaux d'investigations rigoureuses qui doivent s'étendre en tous sens. Le haut fonctionnaire chargé de veiller au salut de la France ne devra pas seulement s'attacher à détruire les bandes affiliées à l * Internationale , considérée comme société secrète; il lui faudra poursuivre et traquer ce parti politique qui s'intitule républicain rouge démocratique et social. Ce sont, en effet, les gens de ce parti qui préparent le terrain sur lequel Y Internationale avide sème, coupe et récolte si bien de si belles et plantureuses moissons.

Bannissons de notre France les intrigants, les ignorants, les vaniteux, les orateurs avancés , disciples de M. Gam-

betta. Abolissons cette littérature malsaine qui corn* mence aux Misérables de monsieur Hugo et aux demoiselles de la Quintinie de madame Sand, pour aboutir à la Lanterne de Rochefort, au Père Duehesne de Vermesch, au Salut Public de Maroteau, aux lâchetés épistolaires de M. Louis Blanc.

Faisons partout chez nous la police de la rue. Fermons au plus tôt ces théâtres où l'art tombe dans la boue; et le sens moral, en pourriture; fermons ces innombrables cafés, débits de vins, ou cabarets borgnes, qui nous ont fait passer pour un peuple d'ivrognes et d'imbéciles. Empêchons le vice de marcher tête levée; punissons toute licence, toutes menées provocatrices. Plus d'exhibitions éhontées ! Que Paris ne soit plus l'égoût collecteur des sanies de la débauche ! Que la courtisane disparaisse à toujours de la voie publique, et que son élégance, surtout, ne soit plus un passe-port qui lui permette de faire rougir les cuirassiers, qui passent! Que son industrie, enfin, ne soit plus tolérée qu'au lupanar!

Faisons aussi notre examen de conscience, et sachons reconnaître combien nous sommes coupables.

Nous avons tenu le métier dés armes en souverain mépris. Nous avons conspué la vie des camps. Repoussant loin de nous toute idée d'abnégation, de sacrifice et d'efforts énergiques, nous avons ri de ces devoirs, de ces austérités militaires qui élèvent si bien l'âme et d'où procèdent toutes les vertus civiles. Méconnaissant cette loi naturelle qui veut que les représentants de la race

adamique soient, partout et toujours, prêts au combat, nous avions conçu l'étrange projet de ne plus jamais ceindre l'épée.

Passionnés pour le luxe et les plaisirs , nous ne nous sommes plus assez attachés au bien. Dominés par je ne sais quel besoin de jouissances à outrance, nous n'avons plus songé qu'au soin de nos intérêts égoïstes et, sur ce champ de bataille ignoble , nous avons laissé nos sentiments d'honneur. Les joies de la famille, l'amour de la patrie, nos devoirs envers Dieu, tout a été négligé, abandonné , raillé !... Or, quand il fait ainsi litière de toutes ses religions, un peuple, si grand qu'il soit, est bien près de périr.

Profondément émue des malheurs de la France, l'Assemblée nationale a bien fait d'adopter la motion de M. Cazenove de Pradines. Le 28 mai, le jour où succombait l'insurrection, elle assistait, nous l'avons vu, aux prières publiques qu'elle avait , non sans quelques difficultés, votées. C'est là un acte de foi officiel, un acte solennel « opposé, dit l'évêque d'Orléans, aux saturnales « de l'athéisme triomphant; une répudiation formelle, a éclatante, de ces doctrines d'impiété qui sont en ac- « cord si profond et si menaçant avec les doctrines sub- « versives de tout ordre social. »

Si des épreuves qu'elle a subies la France peut sortir éclairée, honnête, comprenant mieux sa mission dans le monde; si grandes qu'aient été ses souffrances, elle lui auront été bonnes. — « C'est précisément, ajoute

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