LIVRE V
mots, i] s'élance hors des retranchements, et se précipite du côté où les rangs ennemis lui paraissent le plus serrés. Varénus alors ne peut se tenir dans les retranchements, et pour ne point démériter aux yeux de l'armée, il le suit. Pullion, n'étant plus qu'à une petite distance de l'ennemi, lance son javelot et perce un Gaulois qui s'était détaché de la masse pour l'attaquer. Celui-là mort, les autres le couvrent de leur bouclier, lancent tous ensemble leurs traits contre Pullion, et l'empéchent de retourner sur ses pas. Son bouclier est traversé par une javeline qui s'enfonce dans le baudrier. Ce coup dérange le fourreau et arrête sa main au moment où il voulait tirer son épée; les ennemis, profitant de son embarras, l'entourent. Son rival Varénus court à lui et lui porte Secours. Les ennemis abandonnent Pullion, le croyant transpercé par la javeline , et se tournent contre Varénus. Celui-ci se met tout de suite en défense avec l'épée, lutte corps à corps, tue un des assaillants, et force les autres à reculer; mais , en les poursuivant avec vivacité, il arrive à un endroit où le terrain s’abaissait, et il tombe. Pullion, à son tour, le dégage au moment où il était enveloppé; et tous deux,
inquit, Varene? aut quem locum tux probandæ virtutis spectas
Hic, hic dies de nostris controversiis judicabit. » Hzc quum dixisset, procedit extra munitiones, quaque parte hostium confertissima est vis, ea irrumpit. Ne Varenus quidem tum vallo sese continet, sed omnium veritus existimationem , subsequitur mediocri spatio relicto. Pullio pilum in hostes immittit, atque unum ex multitudine procurrentem trajicit; quo percusso et exanimato, hunc secutis protegunt hostes, universi tela conjiciunt, neque dant regrediendi facultatem. Transigitur scutum Pullioni et verutum in balteo defigitur. Avertit hic casus vaginam, et gladium educere conanti dextram moratur manum; impeditumque hostes circumsistunt. Succurrit inimicus illi Varenus et laboranti subvenit. Ad hunc se confestim a Pullione omnis multitudo convertit ; illum veruto rentur occisum. Gladio cominus rem gerit Varenus, atque uno interfecto, reliquos paullum propellit ; dum cupidius instat, in locum dejectus inferiorem concidit. Huic rursus circumvento
aprés avoir tué plusieurs Gaulois, se retirent dans les re-
tranchements, sains et saufs et couverts de gloire. Ainsi, dans cette lutte et dans ce combat, la fortune fit tourner la chance de telle sorte que chacun des deux rivaux secourut et sauva l'autre, et qu'on ne put décider lequel des deux devait obtenir le prix du courage.
XLV. Le siége devenait chaque jour plus pressant et la situation plus difficile, car ungrand nombrede soldats ayant été blessés, nous nous trouvions réduits à un faible effectif, et par cela méme on envoyait plus souvent à César des lettres et des courriers; ceux qui étaient pris étaient livrés, sous les yeux de nos soldats, aux plus cruels supplices et mis à mort. Il y avait dans lecampun Nervien, nommé Verticon, né dans un rang honorable, qui dés le commencement du siége s'était réfugié auprés de Cicéron, et lui avait promis une entière fidélité. 11 décide un esclave, par l'espoir de la liberté etde grandes récompenses, à aller remettre une lettre à César. L'esclave emporte la lettre attachée à un javelot ; il passe, en sa qualité de Gaulois, au milieu des Gaulois sans éveillerles soupcons, et parvient jusqu'à César, qui apprend ainsi le péril oà se trouvaient Cicéron et les légions.
t fert subsidium Pullio, atque ambo incolumes, compluribus interfectis, summa cum laude sese intra munitiones recipiunt. Sic fortuna in contentione et certamine utrumque versavit, ut alter alteri inimicus auxilio salutique esset, neque dijudicari posset, uter utri virtute anteferendus videretur.
XLV. Quanto erat in dies gravior atque asperior oppugnatio, et maxime quod magna parte militum confecta vulneribus, res ad paucitatem defensorum pervenerat, tanto crebriores litteræ nuntiique ad Caesarem mittebantur : quorum pars deprehensa in conspectu nostrorum militum cum cruciatu necabantur. Erat unus intus Nervius, nomine Vertico, loco natus honesto, qui a prima obsidione ad Ciceronem perfugerat suamque ei fidem præstiterat. Hic servo spe libertatis magnisque persuadet praemiis, ut litteras ad Cesarem deferat. Has ille in jaculo illigatas effert, et Gallus inter Gallos sine ulla suspicione versatus, ad Cesarem pervenit. Ab eo de periculis Ciceronis legionisque cognoscitur,