‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 174 sur 280 · LIVRE VI. ae · texte numérisé non relu

LIVRE VI. ae

cheval; les bois couvrirent sa fuite; et c'est ainsi que la fortune fut toute-puissante pour le mettre en péril et le tirer d'embarras. |

XXXI. Est-ce à dessein, et parce qu'il ne crut pas devoir combattre, qu'Ambiorix ne rassembla point ses troupes? en fut-il empéché par le manque de temps et l'arriyée soudaine de nos cavaliers, qu'il croyait suivis par le reste de l'armée? nous ne le saurions dire; mais ce qui est certain, c'est qu'il envoya des messagers dans les campagnes pour ordonner aux habitants de pourvoir chacun à sa sûreté. Les uns s'enfuirent dans la forêt des Ardennes, les autres dans les marais du voisinage ; ceux qui habitaient le littoral de l'Océan se retirérent dans les iles que forment les marées. Un grand nombre ayant quitté le pays s'établirent avec tout ce qu'ils possédaient dans des contrées très-éloignées. Cativolcus, qui régnait sur la moitié du pays des Éburons, et qui s'était associé aux projets d'Ambiorix, se voyant hors d'état, à cause de son grand âge, de supporter les fatigues de la guerre ou celles de la fuite, s'emporta en imprécations contre Ambiorix, qui avait provoqué cette entreprise, et s'empoisonna avec de l'if, qui est un arbre trés-commun dans la Gaule et la Germanie.

fugientem silva texerunt. Sic et ad subeundum periculum, et ad vitandum, multum fortuna valuit. | XXXI. Ambiorix copias suas judicione non conduxerit, quod prelio dimicandum non existimarit, an tempore exclusus et repentino equitum adventu prohibitus, quum reliquum exercitum subsequi crederet, dubium est : sed certe, dimissis per agros nuntiis, sibi quemque consulere jussit : quorum pars in Arduennam silvam , pars in continentes paludes profugit : qui proximi Oceanum fuerunt, hi insulis sese occultaverunt, quas æstus efficere consuerunt : multi, ex suis finibus egressi, se suaque omnia alienissimis crediderunt. Cativoleus, rex dimidiæ partis Eburonum, qui una cum Ambiorige consilium inierat, xtate jam confectus, quum laborem belli aut fugæ ferre non posset, omnibus precibus detestatus Ambiorigem, qui ejus consilii auctor fuisset, taxo, cujus magna in Gallia Germaniaque copia est, se exanimavit.

XXXII. Les Sègnes *! et les Condruses , qui sont comp tés au nombre des peuples germains auxquels ils se rattachent par leur origine, et qui habitent entre les Éburona et les Trévires, envoyèrent des députés à César pour le prier da ne point les considérer comme des ennemis, et de De pas croire que toutes les peuplades germaines qui ge trouvaient en deça du Rhin fussent entrées dans la même ligue : « Ils n'avaient pris aucune part à la guerre, ils n'avaient envoyé aucun secours à Ambiorix. » César prit des informations à ce sujet auprès des prisonniers, et ordonna.aux Ségnes et aux Condruses de lui amener les Éburons qui aprés leur fuite auraient pu se retirer chez eux. 11 promit que, s'ils obéissaient à cet ordre, il épargnerait leur pays. Il partagea ensuite ses troupes en trois corps, et fit conduire les bagages de toutes les légions à Aduatica * ; c'est le nom d'une forteresse située à peu prés au centre du pays des Éburons, où Titurius et Arunculeius s'étaient établis pour passer l'hiver. César, entre autres motifs, avait choisi cette forteresse parce que les retranchements élevés l'année précédente étaient encore intacts, ce qui allégeait le travail des soldats, 1] laissa pour garder les bagages la quatorzième légion, l'une des trois

XXXII. Segni Condrusique, ex gente et numero Germanorum, qui sunt inter Eburones Treverosque, legatos ad Cæsarem miserunt, oratum ne se in hostium numero duceret, neve omnium Germanorum qui essent citra Rhenum, unam esse causam judicaret : « nihil se de bello cogitavisse, nulla Ambiorigi auxilia misisse. » Casar, explorata re quæstione captivorum, si qui ad eos Eburones ex fuga convenissent, ad se ut reducerentur, imperavit : si ita fecissent, fines eorum se violaturum negavit. Tum copiis in tres partes distributis, impedimenta omnium legionum Aduatucam contulit. Id castelli nomen est. Hoc fere est in mediis Eburonum finibus, ubi Titurius atque Aurunculeius hiemandi causa consederant. Hunc quum reliquis rebus locum probarat, tum quod superioris anui munitiones integre manebant, ut militum laborem sublevaret. Presidio impedimentis legionem quartam decimam reliquit, unam ex iis tribus, quas proxime con-

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