‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 19 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

eamp avec trois légions, et atteint ceux qui n'avaient point encore passé de l'autre bord. Il les surprend au milieu du plus grand désordre, et en tue un grand nombre; ceux qui échappent au carnage, prennent la fuite, et se cachent . dans les forêts voisines. Le canton?* auquel ils apparte-

naient se nommait Tigurin?*, car la cité des Helvétes est partagée dans son ensemble en quatre cantons, et c'était cette méme peuplade qui, seule dans une incursion qu'elle avait faite autrefois, avait tué le consul Lucius Crassus et fait passer son armée sous le joug. Ainsi, soit par l'effet du hasard, soit que les dieux immortels l'aient décidé, la partie de la cité des Helvétes, qui avait fait subir aux Romains un désastre mémorable, fut aussi punie la premiére. Dans cette rencontre, César vengea non-seulement son pays, mais sa propre famille, car les Tigurins avaient tué l'aieul de son beau-père, le lieutenant Lucius Pison , dans le méme combat oü périt Cassius.

XIII.. Aprés avoir livré cette bataille, César, afin de poursuivre les autres troupes des Helvétes, s'oceupe de faire construire un pont sur l'Arar, et passe ce fleuve avec son armée. Frappés de cetie arrivée soudaine, et surpris qu'il eüt, dans un seul jour, fait pour passer le fleuve ce

pinantes aggressus, magnam partem eorum concidit ; reliqui sese fuge mandarunt atque in proximas silvas abdiderunt. Is pagus appellabatur Tigurinus; nam omnis civitas Helvetia in quatuor pagos divisa est. Hic pagus unus, quum domo exisset, patrum nostrorum memoria L. Cassium consulem interfecerat et ejus exercitum sub jugum miserat. Ita, sive casu, sive consilio deorum immortalium, qua pars civitatis Helvetie insignem calamitatem bopulo Romano intulerat, ea princeps ponas persolvit. Qua in re Gæsar non solum publicas, sed etiam privatas injurias ultus est, quod ejus soceri L. Pisonis avum, L. Pisonem legatum, Tigurini eodem prolio, quo Cassium, interfecerant.

XIII. Hoc proelio facto, reliquas copias Helvetiorum ut consequi posset, pontem in Arare faciendum curat, atque ita exercitum traducit. Helvetii repentino ejus adventu commoti, quum id, quod ipsi diebus viginti :wgerrime confecerant, ut flumen trans-

qu'eux-mémes avaient eu grand'peine à faire en vingt jours, les Helvétes lui envoient des députés, à la téte desquels se trouvait Divicon, qui les avait commandés dans la guerre contre Cassius. Voici les propositions qu'il fit à César : « Si le peuple romain conclut la paix avec les Helvétes, ceux-ci se rendront et s'établiront dans les lieux où César voudra qu'ils se rendent et qu'ils s'établissent ; si, au contraire, il s'obstine à poursuivre la guerre, il n'a qu'à se rappeler le désastre que l'armée romaine a subi autrefois et l'antique valeur des Helvétes. Parce qu'il avait attaqué à l’improviste les hommes d'un seul canton, quand ceux qui avaient passé le fleuve ne pouvaient leur porter secours, il ne devait point pour cela attribuer le succès à son courage ou les mépriser; quant à eux, ils avaient appris de leurs péres et de leurs ancétres à se faire une arme de leur valeur plutót que de combattre par la ruse et le guet-apens. César devait donc prendre garde que le sol qu'ils foulaient sous leurs pas ne füt illustré par les désastres du peuple romain, le massacre de son armée, et n'en portát le souvenir à la postérité. » |

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