‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 26 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

traits d'une position dominante, rompirent facilement la phalange ennemie, et quand elle fut entamée, ils se précipitérent contre elle, l'épée à la main. Les Gaulois se irouvaient trés-génés pour soutenir la lutte, parce que plusieurs de leurs boucliers, traversés d'un seul coup par les mémes javelots, étaient attachés ensemble, et quand le fer s'était recourbé, ils ne pouvaient ni l'arracher, ni combattre à l'aise, leur bras gauche étant embarrassé, et il y en eut beaucoup qui, aprés avoir longtemps secoué leurs bras, jetérent leurs boucliers, et se battirent à découvert. Enfin, épuisés par leurs blessures, ils commencérent à reculer, et se retirérent vers une montagne qui se trouvait à la distance d'environ mille pas. Ils venaient d'y prendre position, suivis par les nótres, lorsque les Boies et les Tulinges, qui, au nombre de prés de quinze mille, se trouvaient à la queue des colonnes ennemies, et servaient de soutiens à l'arriére-garde, attaquérent nos troupes qui s'avancaient en ordre de marche, sans être protégées sur leurs flanes, et les enveloppérent. En voyant ce mouvement, les Helvétes, qui s'étaient retirés sur la montagne, reviennent à la charge et recommencent la lutte. Les Romains alors, suivant la manœuvre indiquée par les ensei-

cohortatus suos proelium commisit. Milites e loco superiore pilis missis facile hostium phalangem perfregerunt. Ea disjecta, gladiis districtis in eos impetum fecerunt. Gallis magno ad pugnam erat impedimento, quod pluribus eorum scutis uno ictu pilorum transfixis et colligatis, quum ferrum se inflexisset, neque evellere, neque, sinistra impedita, satis commode pugnare poterant, multi ut diu jactato brachio preoptarent scutum manu emittere et nudo corpore pugnare. Tandem vulneribus defessi et pedem referre et, quod mons suberat circiter mille passuum, eo se recipere cœperunt. Capto monte et succedentibus nostris, Boii et Tulingi, qui hominum millibus circiter xv agmen hostium claudebant et novissimis presidio erant, ex itinere nostros latere aperto aggressi, circumvenere ; et id conspicati Helvetii, qui in montem sese receperant, rursus instare et proelium redintegrare

coeperunt. Romani conversa signa bipartito intulerunt : prima et

gnes, font face des deux cótés; de telle sorte que la prcmiére et la seconde ligne soutiennent le choc de ceux qui ont été déjà vaincus et repoussés, tandis que la troisiémc recoit les nouveaux assaillants. |

XXVI. Ce combat douteux fut trés-vif et dura longtemps. Mais enfin, les ennemis ne pouvant plus soutenir l'effort impétueux de nos troupes se retirérent, lesuns sur la montagne, comme ils l'avaient déjà fait, les autres vers leurs bagages et leurs chariots. Pendant toute la durée de cette lutte, qui se prolongea depuis la septième heure 9 jusqu'au Soir, personne ne put voirun ennemi tourner le dos. On combattit méme autour des bagages pendant une partie de la nuit; car les Helvétes avaient placé devant eux leurs chariots pour s'en faire un retranchement, et du haut de ces chariots, ils lançaient des traits sur nos soldats qui se portaient à l'attaque, tandis que d'autres, entre les chariots et les roues , les blessaient à coups de piques * et de javelots. Il fallut combattre longtemps pour s'emparer des bagages et du camp. On y prit la fille d'Orgétorix et l'un de ses fils. Cent trente mille hommes environ survécurent à la bataille, et pendant toute cette méme nuit, ils marchérent

secunda acies, ut victis ac summotis resisteret; tertia, ut venientes sustineret.

XXVI. Ita ancipiti prolio diu atque acriter pugnatum est. Diutius quum nostrorum impetum sustinere non possent, alteri se, ut ceperant, in montem receperunt, alteri ad impedimenta et carros suos se contulerunt : nam hoc toto prelio, quum ab hora septima ad vesperum pugnatum sit, aversum hostem videre nemo potuit. Ad multam noctem etiam ad impedimenta pugnatum est, propterea quod pro vallo carros objecerant et e loco superiore in nostros venientes tela conjiciebant, et nonnulli inter carros rotasque mataras ac tragulas subjiciebant nostrosque vulnerabant. Diu quum esset pugnatum, impedimentis castrisque nostri potiti sunt. Ibi Orgetorigis filia atque unus e filiis captus est. Ex eo proelio circiter hominum millia cxxx superfuerunt, eaque tota nocte continenter ierunt : nullam partem noctis itinere intermisso, in fines Lingonum die quarto pervenerunt,

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