LIVRE Il
troupes de l'ennemi, pour n'avoir point à combattre au méme moment de si grandes masses. Il est facile d'opérer une diversion, si les Éduens font avancer leurs troupes sur le territoire des Bellovaques, et commencent à le ravager. » Il le charge de cette mission, et le congédie. Prévenu bientót par les éclaireurs et informé par les Rémois que les Belges, aprés avoir concentré leur armée, s'avancent à sa rencontre avec toutes leurs forces, il se háte de faire passer à ses troupes la riviére de l'Aisne qui se trouve à la frontière des Rémois, et il établit son camp sur ses bords. Il donnait ainsi cette rivière pour défense à l'un des cótés de son camp; il assurait ses derriéres contre les attaques de l'ennemi, et garantissait contre tous les dangers les convois de vivres, qu'il tirait du pays des Rémois et des autres cités. L'Aisne était traversée par un pont. Il y établit un poste fortifié, laissa sur l'autre rive Quintus Titurius avec six cohortes, et défendit son camp par un parapet de douze pieds de haut, et un fossé de dix-huit pieds de profondeur.
VI. Une place forte des Rémois, nommée Bibracte!, était située à huit mille pas du camp. Les Belges, sans
sit. Id fieri posse, si suas copias Ædui in fines Bellovacorum introduxerint et eorum agros populari ceperint. » His mandatis eum ab se dimittit. Postquam omnes Belgarum copias in unum locum coactas ad se venire vidit, neque jam longe abesse ab his, quos miserat, exploratoribus et ab Remis cognovit , flumen Áxonam, quod est in extremis Remorum finibus, exercitum traducere maturavit, atque ibi castra posuit. Qux res et latus unum castrorum ripis fluminis muniebat, et, post eum quz essent, tuta ab hostibus reddebat, et commeatus ab Remis reliquisque civitatibus ut sine periculo ad eum portari possent, efficiebat. In eo flumine pons erat, Ihi presidium ponit, et in altera parte fluminis Quintum Titurium Sabinum legatum cum sex cohortibus relinquit : castra in altitudinem pedum x11 vallo fossaque duodeviginti pedum munire jubet.
VI. Ab his castris oppidum Remorum nomine Bihrax aberat millia passuum octo. ld ex itinere magno impetu Belga oppu-
prendre de repos ?', l'attaquérent impétueusement, et ce jour-là elle se défendit avec peine. La tactique des siéges est la méme chez les Belges que chez les Gaulois. Lorsqu'ils ont entouré l'enceinte entiére, ils lancent de tous cótés des pierres sur les remparts, et quand ceux qui les défendent les ont abandonnés , ils s'approchent des * portes, en formant la tortue, et sapent la muraille. C'est ce qu'ils firent sans peine à Bibracte, car ils avaient lancé une telle quantité de pierres et de traits qu'il était impossible de se tenir sur les remparts. Lorsque la nuit eut mis fin au combat, le Rémois Iccius, personnage d'une grande noblesse, trés-considéré chez les siens, qui commandait en ce moment dans la ville, et qui avait fait partie de l'ambassade envoyée vers César pour demander la paix, le fit prévenir que s'il ne venait point à son secours , une plus longue résistance était impossible.
VII. C'est pourquoi César, dés le milieu de la nuit, fit marcher au secours de la place, en leur donnant pour guides les mêmes hommes qu’Iccius avait envoyés en courriers, les Numides, les archers crétois et les frondeurs baléares. L'arrivée de ces troupes, en montrant aux assiégnare coeperunt. Ægre eo die sustentatum est. Gallorum eadem atque Belgarum oppugnatio est hæc. Ubi circumjecta multitudine hominum totis moenibus undique in murum lapides jaci coepti sunt, murusque defensoribus nudatus est, testudiue facta portas suceedunt, murumque subruunt. Quod tum facile fiebat. Nam quum tanta multitudo lapides ac tela conjicerent, in muro consistendi potestas erat nulli. Quum finem oppugnandi nox fecisset, lccius Remus, summa nobilitate et gratia inter suos, qui tum oppido præfuerat, unus ex his qui legati de pace ad Cæsarem venerant, nuntium ad eum mittit: « nisi subsidium sibi submittatur, sese diutius sustinere non posse. »
VII. Eo de media nocte Cæsar, iisdem ducibus usus, qui nuntii ab Iccio venerant, Numidas et Cretas sagittarios et funditores Baleares subsidio oppidanis mittit; quorum adventu et Remis cum spe defensionis studium propugnandi accessit, et hostibus eadein de causa spes potiundi oppidi discessit. Itaque paulisper