‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 60 sur 280 · VIII. César, à cause du nombre immense des ennemis · texte numérisé non relu

VIII. César, à cause du nombre immense des ennemis

et de leur grande réputation de courage, résolut d'abord de surseoir à la bataille; cependant il livrait chaque jour, comme prélude et comme essai, des combats de cavalerie pour éprouver ce que pouvait la valeur des Belges, et ce qu'oseraient ses soldats. Quand il vit que les nótres ne leur cédaient en rien, il choisit en avant du camp, pour ranger son armée, un terrain favorablement disposé par la nature. La colline sur laquelle le camp était placé s'élevait en pente douce au-dessus de la plaine, et du côté qui faisait face aux Belges elle offrait assez d'espace pour

apud oppidum morati agrosque Remorum depopulati , omnibus

vicis ædificiisque, quos adire potuerant, incensis, ad castra Cæ-

saris omnibus copiis contenderunt et ab millibus passuum minus duobus castra posuerunt; qus castra, ut fumo atque ignibus significabatur, amplius millibus passuum octo in latitudinem patebant.

VIII. Cesar primo et propter multitudinem hostium et propter eximiam opinionem viftutis prœlio supersedere statuit ; quotidie tamen equestribus preliis, quid hostis virtute posset, et quid nostri auderent, periclitabatur. Ubi nostros non esse inferiores intellexit, loco pro castris ad aciem instruendam natura opportuno atque idoneo, quod is collis, ubi castra posita erant, paululum ex planitie editus, tantum adversus in latitudinem patebat, quantum loci acies instructa occupare poterat, atque ex utraque parte lateris dejectus hahebat, et in fronte leniter fastigatus, paulatim ad planitiem redibat ; ab utroque latere ejus collis transversam fos-

y former des lignes de bataille. D6primée sur ses flancs à droite et à gauche, elle se relevait vers le cenjre, et se réunissait à la plaine par de légéres ondulations. César fit creuser, aux deux flancs de cette colline, un fossé transversal d'environ quatre cents pas; et aux extrémités du fossé, il établit des forts dans lesquelsil placa des machines, de peur que, quand il aurait rangé ses troupes, l'ennemi, profitant de l'avantage que lui donnaient ses masses, ne püt envelopper son armée pendant le combat, en tournant ses deux ailes. Ces préparatifs terminés, il laissa dans le camp les deux légions qu'il avait levées depuis peu, afin qu'elles pussent lui venir en aide s'il en était besoin, et i! rangea les six autres en bataille en avant du camp. L'ennemi, aprés avoir fait sortir ses troupes, les avait également mises en ligne.

IX. Un petit marais séparait notre armée de celle des Belges. Ceux-ci attendaient que nous le traversions; los nótres, de leur cóté, se tenaient sous les armes, tout préts, si l'ennemi passait le premier, à l'attaquer au moment où il se trouverait embarrassé. Pendant ce temps, les cavaliers des deux armées en venaient aux mains. Aucun des

sam obduxit circiter passuum quadringentorum, et ad extremas fossas castella constituit, ibique tormenta collochvit, ne, quum aciem instruxisset, hostes, quod tantum multitudine poterant, a lateribus pugnantes suos circumvenire possent. Hoc facto, duabus legionibus, quas proxime conscripserat, in castris relictis, ut, si quo opus esset, subsidio duci possent, reliquas sex legiones pro castris in acie constituit. Hostes item suas copias ex castris eductas instruxerant.

IX. Palus erat non magna inter nostrum atque hostium exercitum. Hanc si nostri transirent, hostes exspectabant ; nostri autem, si ab illis initium transeundi fieret, ut impeditos aggrederentur, parati in armis erant. Interim proelio equestri inter duas acies contendebatur. Ubi neutri transeundi initium faciunt, secundiore equitum proelio nostris, Cesar suos in castra reduxit. Hostes protinus ex eo loco ad flumen Axonam contenderunt, quod esse post nostra castra demonstratum est. Ibi vadis repertis partem suarum

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