‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 93 sur 280 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

XXIV. Au point du jour, aprés avoir fait sortir les troupes, il les forma sur deux lignes, placa les auxiliaires au centre, et attendit pour voir quelle décision prendraient les ennemis. Ceux-ci, à cause de leur grand nombre et de leur vieille gloire militaire, croyaient pouvoir combattre sans danger notre petite armée; et cependant ils pensérent qu'il était plus sür encore de fermer les routes, de nous couper les vivres, et de nous vaincre sans que la victoire leur coütát une seule goutte de sang; ils espéraient d'ailleurs que si la disette forçait les Romains à se retirer, ils les attaqueraient pendant les embarras de la marche, chargés de leurs bagages, et avec la supériorité que donne la confiance. Ce projet fut approuvé par les chefs, et tandis que les troupes romaines étaient en ligne, ils restérent dans leur camp. Crassus devina leur plan ; et comme l'ennemi, par son hésitation, faisait croire à nos soldats qu'il avait peur, ceux-ci ne s'en montraient que plus impatients de combattre , et on les entendait tous crier qu'il ne fallait point retarder plus longtemps l'attaque. Crassus harangua donc l'armée et marcha, comme ils le voulaient tous, contre le camp des Gaulois.

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