C. APPOLLÎNl BELENO AVG. IN HONOREM C. PETTI
APOLLINI BELENO C. AQUILEIENS FELIX.
Suivant Selden, Bil ou Belen serait le Baal ou Bélus des
Orientaux.
Kamoul était le Dieu de la guerre. Ce radical Kam se retrouve dans un très grand nombre de noms Gaulois, notamment dans Kamulogène. A. Maury voit de Tanalogie et une ' filiation réelle entre ce radical exprimant une idée de combat et notre verbe Chantai lUr,
font vœu de consacrer à Mars les dépouilles de
L'inscription suivante a été trouvée à Rindcrn près de Clcves :
MARTI KAMULO SACkVM PRO SALVTE TIBERII
CIVES REMI QVI (T) EMPLVM CONSTITV EKVNT
(I'. Gruler — Inscrip. aniiq.).
Taran — suivanl Lucain — était « Tun des plus i^rands Dieux de la Gaule ». On sacrifiait à Taran, comme à Ésus et 41 Teutalès, des victimes humaines.
Après la conquête, Taran fut assimilé à Jupiter, témoin rinscription Gallo-Romaine dédiée à Jovi^Taranuco (Orellî — n» 2956)).
Tar-an, signifie Dieu-Tonnerre. En irlandais Torin^ en Gacl d'Ecosse Torum signifient tonnerre. C'est probablement le Thor Scandinave.
Teut-taty père des hommes.
Tels sr»nt les Dieux Gaulois mentionnés et latinisés par César. Mais les Gaulois en avaient bien d'autres. Leurs divinités indigètes étaient innombrables et chaque nation adorait la sienne.
Les Voconces avaient Rudian (V. Divinités indigètes du Voconlium, par M. Patru, professeur des Lettres à la Faculté de Grenoble — Bull. Ac, Delphin. 1877). ^ ^^'^^ Rudian est assimilé à Mars par M. Patru.
Les Arvernes avaient leur Dieu ethnique qu'ils appelaient le génie des Arvernes : GLNIO ARVERNORV.M...
Les Édues avaient la Déesse llibracte : DE*E BlBRACTl.
Les Arékomikes, avaient le Dieu Némausus,
Les Helvètes, la déesse Aventia,
Entin, les forêts et les montagnes étaient adorées et déifiées. Les Alpes étaient le Dieu Pxhin \ les Vosges, le Dieu Vosige ;
rennemi. Après la victoire, tout ce qui respire est immolé ; le reste du butin va s^entasser dans des dépôts publics. Chez beaucoup de peuples Gaulois on peut voir de ces sortes de trophées places dans des lieux consacres. Il est extrêmement rare qu'un Gaulois commette Timpiété, soit de détourner furtivement le butin fait par lui, soit de voler quelque objet appartenant à ces trophées nationaux. Un tel crime est puni par le plus affreux supplice et par la torture.
XVIII. Les Gaulois se vantent de descendre tous de Pluton. C'est une tradition conservée — dit-on — par les Druides. De là vient que, dans la Gaule, on compte le temps, non par jours, comme nous faisons, mais par nuits. De même, dans le calcul des dates de naissance, dans celui des mois et des années, on part de la nuit, et non du jour. Pour les autres coutumes, je ne vois rien de particulier à signaler, si ce n'est que chez eux le fils ne saurait accompagner son père en public avant d'avoir atteint l'adolescence et d'être en état de porter les armes. Un Gaulois aurait
le Puy-de-Dôme, le Dieu Dumias, la forêt des ÂrdenDes, la déesse ArJuinne,
Terminons en disant que César ne parle pas d'Og^mius, de cette espèce d'Hercule Gaulois, qui fut peut-être, après Ésus, le Dieu le plus populaire de la Gaule.
286 C.-J. CéSAR.
honte de paraître en public avec un enfant en bas âge.
XIX. Quand un Gaulois se marie, il prend sur ses biens, suivant une estimation qui en est faite légalement, une valeur égale à celle que lui apporte sa femme à titre de dot. Ces deux valeurs réunies constituent entre l'homme et la femme un bien en communauté'. On dresse un état du total, on met de côté les bénéfices, et le dernier survivant hérite du défunt non seulement les deux parts, mais encore tous les bénéfices réalisés en commun depuis le mariage. Le mari a droit de vie et de mort sur sa femme et sur ses enfants. Quand un chef de famille de rang élevé vient à mourir, la famille s'assemble, et, pour peu qu'il s'élève le moindre soupçon sur les causes de la mort, on donne la torture à ses femmes, comme si elles étaient de simples esclaves. Si elles sont reconnues coupables, on les fait périr par le feu et dans les plus cruels supplices. Les funérailles chez les Gaulois sont, eu égard à leur état de civilisation, magnifiques et somptueuses. Tout ce qui passe pour avoir été cher au mort durant sa vie est jeté au bûcher, tout jusqu'aux animaux. Il n'y a pas encore bien longtemps qu'une cérémonie eût été regardée comme incomplète, si
ceux des esclaves et des clients, pour qui le
maitre avait montre durant sa vie une atî'ection particulière, n'avaient pas été brûlés avec lui.
XX. Chez les nations qui ont la réputation d'être le mieux administrées, la loi fait un devoir sacré à tout individu ayant appris soit chez les peuples voisins, soit par oul-dîre, une nouvelle de nature à intéresser 1 État, d'en informer le magistrat, et ne la communiquer à personne autre qu'à lui. Plus d'une fois — on le sait trop bien — une fausse nouvelle a eu pour résultat d'effarer des gens irréfléchis et dénués de jugement, de les pousser à des violences, de leur inspirer des résolutions insensées. Les Magistrats gardent pour eux ce qu'ils croient dangereux de publier, et ne confient au public que ce qu'ils jugent opportun de lui confier. Une fois hors de l'assemblée, on n'a plus le droit de parler des affaires publiques.
XXI. L'organisation des Germains est très différente de celle des Gaulois. Chez les Germains, point de Druides à la tête de la religion ; point de sacrifices. Les Germains ne reconnaissent d'autres Dieux que ceux qu'ils voient de leurs yeux et dont les bienfaits ou l'énergie se
manifestent à eux d'une manière sensible : tels
sont le Soleil, le Feu, la Lune. Quant aux autres Dieux, ils n'en ont même pas entendu parler. • Toute leur existence se partage entre la chasse et les exercices militaires. Dès Tenfance, on les habitue au travail, on les endurcit à la fatigue. Arriver tardivement à la puberté est un grand mérite parmi eux ; cela passe pour faire grandir davantage, pour donner au corps plus de vigueur, aux muscles plus de puissance. En revanche, la pire honte, est de connaître les femmes avant l'âge de vingt ans. C'est, du reste, une chose dont ils ne peuvent faire mystère, car ils se baignent pélemêle dans les rivières, les hommes et les femmes. En outre, ils portent pour tout vêtement une peau de bête, on un manteau de renne extrêmement court et laissent à nu une grande partie du corps.
XXII. Les Germains ne s'appliquent pas à Fagriculture. Ils se nourrissent principalement de lait, de fromage et de viande. Personne chez eux ne possède ni champ ni propriété à lui. Chaque année, les magistrats et les chefs assignent à telle tribu, à telle famille la portion de territoire que celle-ci occupera pendant un an. L'année suivante, ils lui en assignent une autre et
robligent à se transporter ailleurs. Ils allèguent
plusieurs raisons de cet usage. L'habitude les entraînerait peu à peu à négliger la guerre pour les champs ; Tambition d'accroitre les biens individuels aurait pour conséquence la spoliation du faible par le puissant ; on s'empresserait de bâtir des maisons pour[se garantir du froid ou du chaud. Ils évitent par là d'introduire parmi eux Tamour des richesses, et avec lui les rivalités et les discordes, dont il est la source. Enfin, c'est pour eux une manière de contenir le peuple par le senti* ment de l'égalité, chacun voyant que le premier de la nation n'est pas plus riche que les autres.
XXIII. Ces nations mettent leur plus grande gloire à s'entourer d'immenses solitudes, de grands territoires dévastés. A leur sens., la vraie marque de la puissance militaire d'une nation consiste à pouvoir ainsi étaler les preuves que tous ses voisins ont clé chassés par clic, qu'aucun peuple n'a été assez hardi pour oser s'établir auprès d'elle. En même temps, ils croient par là assurer leur sécurité en se mettant à Tabri des incursions soudaines. Chaque fois que la nation entreprend une guerre, soit offensive, soit défensive, on nomme des magistrats chargés de diriger les opérations militaires. Ces magistrats ont droit
de vie et de mort. En temps de paix, la nation n'a h sa tête aucun chef qui la commande et la gouverne ; mais dans chaque clan, dans chaque tribu, les chefs particuliers rendent la justice et apaisent les ditférends. Les Germains n'attachent au brigandage aucune idée de déshonneur, pourvu que ce brigandage soit commis en dehors du territoire national. Ils le considèrent même comme un exercice utile à la jeunesse, comme une ressource qui lui est offerte pour combattre Toisiveté. Dans une assemblée, un chef annonce-t-il qu'il se propose de faire une expédition, et demande-til qui veut le suivre, aussitôt ceux qui se déclarent et pour l'expédition et pour le chef se lèvent, promettent leur concours, et la multitude applaudit. Mais celui qui, après un tel engagement refuserait de faire partie de l'expédition, serait regardé comme déserteur, comme traître, et se déshonorerait aux yeux de tous. C'est un crime chez les Germains de violer l'hospitalité. Quelle que soit la cause qui amène un honyne chez eux, ils défendent cet homme contre toute insulte. L'hôte devient pour eux un être sacré. Toutes les maisons lui sont ouvertes ; chacun se fait un devoir di le nourrir.