‹ Guerre du Canada, 1756-1760Chapitre 16 sur 29 · DEDIT · texte numérisé non relu

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sions des barbares peuvent seules en donner une idée. Il vous est facile d’en prévoir la conséquence. Cette invasion pacifique sera plus funeste aux colons primitifs des États-Unis, que ne le sera pour les Canadiens la conquête violente de la Nouvelle-France. A la fin du xixe siècle, les descendants des Pilgrim Fathers, c’està-dire vos colons les plus intelligents et les plus actifs, auront à peu près disparu de la Nouvelle-Angletere. Ils auront été remplacés par d’autres races qui donneront au pays une toute autre physionomie, si bien que si les Elders du temps de Cotton Mather revenaient sur la terre, ils ne retrouveraient plus rien des mœurs, des usages, de la religion d’autrefois.

Il en sera tout autrement des Canadiens. Délaissés par la France dans un état de ruine inconcevable et livrés à un vainqueur qui emploiera sa toute-puissance à les anéantir comme race, ils survivront à tout. Sans immigration étrangère, par le seul développement de leurs familles, ils accroîtront si rapidement, qu’à la fin du siècle prochain ils formeront un peuple homogène de plus de deux millions, uni comme un seul homme et resté si français, qu’un de leurs poètes pourra dire en toute vérité :

Nous avons conservé le brillant héritage Légué par nos aïeux , pur de tout alliage ,

Sans jamais rien laisser aux ronces du chemin.

Ils jouiront alors des libres institutions de la Grande-Bretagne, qu’ils auront conquises par des luttes non moins héroïques que celles qu’ils viennent de soutenir. Et ils n’auront plus qu’à rester fidèles à eux- mêmes, pour réaliser les desseins que la Providence a eus en vue dans la fondation de la Nouvelle -France.

TABLE DES MATIERES

Introduction.

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